X. OatGINE DE L'INSTITUTION
En 1818, en cette année où commença en France le premier mouvement de propagation des caisses d'épargne, .M. Francœur, professeur à l'École polyteclinique, présentait à la Société pour le progrès de rinslructiou élémentaire, un mémoire où il considérait la caisse d'épargne comme un des instruments de l'éducation populaire et, en lsl9,Je géomètre IN'avier traitait la même question dans un mémoire soumis à l'Académie des sciences. Mais le plus ancien essai métiiodique de caisse d'épargne scolaire que l'on connaisse est celui qui fut fait, le 4 mai 1834, dans l'école municipale du Mans, par M. Dulac.
Quelques tentatives analogues à celles du Mans eurent lieu de 1836 à 1840 à Amiens, Grenoble, Lyon, rérigueux, l'aris, etc.; à Vérone (Italie) en 1844, en Saxe-Weimar, en Wurtemberg, en 1846, en Prusse, en Suisse en 1851, en Hongrie en 1860; mais toutes restèrent isolées ou durèrent peu.
Ce fut seulement en 1866 que M. Laurent, professeur de droit civil à l'Université de Gand, prit à cœur de doter les écoles de cette ville de cette nouvelle branche d'éducation. L'œuvre réussit et se propagea bientôt dans les écoles de Bruxelles, Liège, Namur, lîruges, etc. Mais elle atteignit peu les campagnes et resta surtout concentrée dans quelques villes importantes où de puissantes initiatives l'imposaient et la maintenaient.
En 1873, il n'existait de caisses scolaires en France que dans sept écoles, situées dans les départements de rVonne, de i'Ardéche, du A'ord, de Seine-et Oise, du Pas-de-Calais et du Calvados. Mais, à partir des années suivantes, grâce aux eil'orts multipliés de M. de Malarce, l'institution grandit ra])idement et se propagea dans tous les départements, à tel point qu'au 31 décembre 1877 il existait 8,033 caisses scolaires comptant 177,040 élèves épargnants. Depuis, ce nombre s'est considérablement accru; il s'est élevé à 14,372 caisses scolaires avec 302,841 élèves épargnants au 31 décembre 1881 et à 23,222 caisses scolaires avec 488,624 élèves épargnants au 1" janvier 1886.