États sous Henri III
En 1576 furent réunis, au commencement du règne d'Henri Ul, les premiers États de Blo:s. L'esprit public s'était mûri. Les cahiers de plus en plus développés attestent les progrès des députés; les incidents de la session montrent leur caractère. Le roi et la cour voulaient deux choses : la reprise de la guerre contre les huguenots et de l'argent. Les députés émirent un vœu en faveur de l'unité religieuse, mais ils déjouaient la politique royale en ajoutant qu'il fallait rétablir cette unité sans guerre. l'rivé du principal prétexte pour réclamer de l'argent, Henri 111 s'applique à montrer la détresse du Trésor; les états communiqués aux députés portaient le produit de l'impôt à 14 millions et demi et les charges annuelles à 21 millions.
Voici le tableau des recettes :
Tailles, taillon et accessoires 7,289,000 fr.
Uomaine non aliène 1,500,000
Subvention du clergé votée en 15«1. . . 1,650,000
Aides 2,000,000
Gabelles 1,000,000
Traites et douanes 552,000
Ventes de bois 300,000
l'arties casuelles sans les ventes d'ollice. 300,000
11,591,000 fr.
Dépenses :
Rentes de diverses créations 5,385,000 fr.
Apanages, dots, douaires 795,01)0
Gages des olliciers de justice et de finances '. 1,. 500,000
Perception de tailles 511,000
Laisse au.K recettes générales i)our la
guerre l, 000,000
Pensions aux princes étrangers .... 541, ooo
Pensions aux seigneurs de France . . . 230,000
A.ssignations diverses i,i60,8io
11,125,810 fr.
Le, roi n'avait que trois millions de disponibles;
186 ETATS GENERAUX
il en demandait près de dix pour les besoins suivants; les députés voulaient réduire ce chiffre à six millions :
Maison du roi 2,090,500'' i,i40,000f
Entretien des palais 300,000 Jtj0,ooo
Yovages et ambassades. . . . 550,000 220,000
Armée et marine 6,425,000 4,475,000
Dépenses diverses 3^2, 9i2 362,912
9,728,412f 6,357,'Jl2f
Ce budget, examiné chapitre par chapitre, offre pour J'histoire financière les indications les plus précieuses. Plus le roi multipliait ses aveux et ses prières et plus les députés, conduits par Jean Bodin, résistaient courageusement. Au cours de longues négociations, neuf refus d'accorder des subsides et la nécessité de la paix religieuse proclamée, voilà les résultats d'une session que la valeur des cahiers des trois ordres, bientôt suivie de la grande ordonnance de 1579, met au premier rang.
En 1588, les seconds États de Blois se ressentent du déplorable règne qui touche à son terme. La France a subi vingt-cinq ans de guerre religieuse, de mauvais gouvernement, de corruption.
La Ligue fit nommer une majorité dévouée à ses passions, décidée à faire la guerre et à la pousser vivement; mais pour lever des troupes, il fallait voter des subsides et, comme en lo7G, les députés reculaient devant l'énormité des sacrifices : tout l'intérêt de la session se concentre sur l'etfort des députés cherchant à mettre un frein au désordre financier et aux prodigalités royales; en vain Henri 111 réclame, exige, puis s'abaisse et supplie : le terme s'éloignait à mesure que le prince s'avançait pour l'atteindre; voyant partout des obstacles, impuissant à obtenir de l'argent, menacé par l'ambition immodérée des Guises, Henri de Valois fait tuer les princes lorrains, et, aussitôt après cette tragédie, congédie les députés temfiés.