États d'Orléans
Le XVI* siècle s'avançait ; les esprits commençaient à s'éveiller. Le règne d'Henri II brusquement interrompu, un jeune roi sans expérience, l'agitation des passions religieuses, les embarras financiers, c'en était assez pour expliquer le vœu manifesté de toutes parts d'une convocation d'États. Dans l'assemblée préparatoire de Fontainebleau (20 août l.'ifiO) où Coligny fit entendre les plaintes des mécontents, le roi reçut le conseil de réunir les États L.enéraux.
Les élections furent très agitées. L'arrestation de Condé, sa condamnation, la mort rapide de François II, la minorité imprévue de Charles IX qui mettait le pouvoir entre les mains de Catherine de Médicis, ne contribuèrent pas à calmer les esprits. Le chancelier de l'Hôpital se trouv'ait en présence de députés intelligents, fort excités, d'une grande hardiesse d'esprit, apportant des doléances remarquables , ayant une grande expérience des questions municipales ou judiciaires, mais peu préparés aux affaires d'État : ils firent ce que le bon sens leur inspirait, en réclamant avec énergie la communication de la situation vraie des finances; après un mois d'elVorts, ils obtinrent l'aveu que les dettes
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s'élevaient à 43 millions. Cette révélation les glaça d'épouvante : ils réclamèrent leur renvoi et refusèrent de voter un imi)ôt, déclarant qu'ils n'avaient pas de pouvoirs sullisants.
Les députes reçurent communicalion des étals do recettes. Imi lôiiO, les revenus ordinaires dépassaient 12 millions : G miliious provenaient des lailles ; 3 millions et demi du domaine ; 2 millions et demi des aides et gabelles. Les revenus extraordinaires, composés des décimes, des créations d'ollices et des emprunts forcés, se montaient à 3 millions, ce qui portait le budget des recettes à l.j millions de livres.
Après la remise solennelle des cahiers, uiu; nouvelle convocation fut indiquée au nu)is de mai. L'Hôpital employa ce délai à rédigea- la belle ordonnance d'Orléans qui transformait en loi de l'Ktat la plupart des vœux contenus dans les cahiers de doléances.
Avec les Klals de l'ontoiso tenus en août lôGl s'ouvrirent les débats sur le Conseil de régence et sur la situation financière. l'Ins hardis encore que ceux d'Orléans, les cahiers de Pontoise contiennent des plans de réforme d'une haute portée. Les ell'orls du Tiers pour réduire les dépenses publiques et sa volonté de faire peser les charges sur le i)remier ordre, aboutirent aux concessions du clergé ([ui consentit à payer en 10 années pour le rachat des dettes une somme de 17 millions, et au vote par les ordres laïques de six années d'une taxe nouvelle sur les vins qui devait rapporter 1,200,000 livres par an.