États de
Les États généraux de Paris en 1G14 ont une grande importance. Au règne réparateur d'Henri IV avait succédé une régence faible que menaçaient les intrigues longtemps contenues des princes et des grands. Les guerres religieuses sont finies ; la monarchie administrative et centralisée est établie. Nous voyons, au seuil de l'ère moderne, s'agiter les passions qui devaient, 175 ans plus tard, être le prélude de la Révolution. Entre le tiers et la noblesse s'éveillent les ardeurs et les jalousies. Le premier ordre voudrait joui'r un rôle prépomlérant; le tiers repousse la domination du clergé. Le Parlement prend parti. Les provocaliotis mutuelles révèlent
ETATS GENERAUX
l'état des âmes et la royauté ne cherche qu'à profiter de la fatale division des ordres pour paralyser les États. L'étendue des cahiers, la longueur des délibérations ne permettent pas de résumer les travaux des députés. Les états de finance réclamés avec insistance ne furent jamais fournis; mais des documents communiqués, il résulte que les trésoriers évaluaient le montant total de l'impôt en 1614 à 30,926,538 livres, et les pensions annuelles à 5,650,000 livres. Malgré des cahiers admirables attestant le développement des esprits, la stérilité de la session semblait complète.
Les deux assemblées de notables de 1617 et de 1626 avec, moins d'indépendance renouvelèrent les vœux des États et préparèrent la grande ordonnance de 1629 qui devait traduire les doléances en loi.