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Exposition interDationale de

Dés Je mois de novembre 18S4, la date d'ouverture de l'Exposition universelle avait été fixée au j mai 1889. Une commission chargée des études préparatoires évalua à 43 millions les dépenses probables. On résolut d'adijpter la combinaison linancière qui avait si bien réussi en 1867. to,.t en conservant à l'État la haute direction de l'Exposition. En elfet, par un acte intervenu entre le ministre du commerce, la ville de Paris et le gouverneur du Crédit foncier de France, agissant pour le compte d'une association de garantie à constituer, il fut convenu que l'État s'engageait à contribuer aux dépenses pour une somme de 17 millions de francs, et la ville de Paris fournissait, de sou côté, une subvention de 8 millions, tandis que l'Association se portait garante, jusqu'à concurrence de 18 millions de francs, de la partie des dépenses qui ne serait pas couverte par les recettes, en d'autres termes à assurer à l'Exposition une recette de 18 millions. Dans le cas où le produit serait supérieur à cette somme, l'excédent serait partagé entre les trois parties contractantes au prorata de leurs apports respectifs. 11 était de plus stipulé que si, par suite de circonstances extraordinaires, les dé|)enses de tonte nature dépas.saient 43 millions, l'excédent serait à la charge de l'État, qui bénéficierait dans ce cas, à titre de compensation, (le toutes les recettes qui dépasseraient 18 millions, et ce jusqu'à concurrence du surcroît de dé|)enses mis à sa charge. Par contre, dans le cas où pendant le cours de l'Exposition, il serait accordé gratuitement des entrées autres que celles distribuées aux exposants et au per.sonnel, ces entrées seraient con.sidérées comme payantes et le Gouvernement tenu à en verser le montant au compte des recettes.

Cette convention fut approuvée par la loi du 6 juillet 1886, qui décida en même temps que les opérations de recette et de dépense seraient effec-

tuées par les agents du Tré.sor et soumises au C(Hitrole de la Cour des com[)tes. Les recettes de toute nature devaient être versées au Trésor à titre de fonds de concours pour dépenses publiques en conformité de l'article 13 de la loi du 6 juin 1843. Les dispositions réglementaires sont à peu prés les mêmes que celles api)liquées eu ls7S: droit d'enregistrement des marchés abaissé à trois francs, retenue de 1 p. tOO sur le montant des travaux et fournitures pour assurer le fonctionneuu'ut du service des secours. L'emplacement, ainsi que la force motrice, était domu' gratuitement aux exposants qui n'avaient à sui)porter que les frais d'installation et de décoration.

Pour encourager les pays étrangers à envoyer leurs produits, les marchandises admises à l'Exposition universelle, iiui n'auraient pas été réexportées, ne devaient |)ayi'r, quelle qu'eu soit l'origine, que les droits ap[)lirables aux produits similaires de la nation la [ilus favorisée. De plus, le droit de statistique était supprimé en leur faveur (;t les plombs de la douane apposes gratuiteniiut. Des certillcats, tenant lieu pendant un an de brevet d'invention, peuvent être délivrés dans les conditions édictées par la loi du 23 mai 1868. Comme en 1878, la correspondance relative à l'Exposition fut appelée à jouir du bénéfice de la franchise postale.

La souscription au capital de garantie fut déclarée close le 1" mai 1888 : 23,1J4 actions de 1,000 fr. avaient été souscrites, et le premier versement, fixé à 50 fr. par titre, fut employé par le Crédit foncier à l'achat de bons du Trésor à court terme. Cependant, on était arrivé au mois de mars 1889, et déjà les dépenses dépassaient les prévisions lorsque surgit une combinaison qui, dégageant la so(;iété de garantie, assurait à l'État une recette de beaucoup supérieure à celle que les évaluations les plus optimistes avaient prévue et lui permettait d'augmenter les ressources attribuées à l'Exposition. Par une convention signée le 20 mars entre le ministre du commerce et le gouverneur du Crédit foncier de France agissant au nom d'un groupe de banquiers, il fut décidé que l'État autoriserait l'émission de 1,200,000 titres de 25 fr. munis de 25 billets d'entrée à 1 fr. Ces titres, exempts de tout impôt, à l'exception de la taxe de 3 p. 100 établie sur les lots par la loi du 21 juin 1875, seraient remboursés en 75 ans, soit par des lots d'une importance variée, soit au ])air. En retour, la société s'engageait à verser au Trésor une somme de 21,500,000 fr. et 5,500,000 fr. au Crédit foncier, chargé d'assurer, sous sa responsabilité, le paiement des lots et le remboursement des bons. Quant aux 3,000,000 de surplus, ils devaient être appliqués aux frais d'émission et de courtage. Cette convention fut approuvée le 4 avril et les 1,200,000 titres otVcrts par le Crédit foncier furent souscrits en queUfues heures. Dés lors, quelle ([u'en fut l'issue, le succès financier de l'Exposition était assuré. Le budget des dépenses était porté à 46,500,000 fr. L'Etat, resté seul avec la ville de Paris, pouvait disposer d'entrées gratuites ; les constructions restaient sa propriété et soit qu'il les conservât, soit qu'il les vendit, il n'avait plus à verser à la ville de Paris que les 8/25 des bénéfices.

Le prix d'entrée, fixé à 1 fr. pendant la journée et à 2 fr. avant 10 heures du matin et à partir de 6 heures du soir, s'est élevé à certains jours de fête à 10 fr. L'affluence des visiteurs a été telle que le nombre des entrées payantes a atteint 25,515,985

EXPOSITIONS

EXPOSITIONS

représentant 28,268,726 tickets, sur les 30 millions émis par le Crédit foncier. Cet empressement tient à ce fait que les entrées détacliées du corps du titre, valant nominalement 1 fr., se sont vendues sur la voie publique de 30 à 40 centimes.

Une tombola de 15 millions de billets à 1 fr. a été organisée dans le même but que la loterie de 1878, mais l'émission a été arrêtée au deuxième million.

Aux 46,500,000 fr., chiffre auquel est fixé le montant des dépenses de l'Exposition, et qui se trouve balancé en i-ecette par les subventions de l'Etat et de la ville de Paris, et le versement de 21,500,000 fr. provenant de l'émission des bons, il connent d'ajouter les crédits qui ont été accordés aux différents départements ministériels pour leur participation propre , et qui s'élèvent à 6,817,000 fr. De plus, des indemnités exceptionnelles à titre de frais de représentation, montant à 1,850,000 fr., ont été allouées aux membres du Gouvernement. En outre, les agents de l'État en résidence à Paris , dont le traitement ne dépasse pas 2,500 fr., ont reçu, comme cela s'est fait en 1867 et 1878, une indemnité calculée sur le pied de 10 p. 100 de leurs émoluments, pendant la durée de l'Exposition, et les officiers subalternes des armées de terre et de mer, logés dans le rayon d'octroi de Paris, ont touché, pendant la même période, une allocation de 30 fr. par mois.

Quant aux recettes, elles comprennent, outre les cartes d'abonnement, dont le prix flxé à 100 fr. a été réduit pour certaines catégories de personnes à 26 fr. 50 c, les redevances des diverses concessions telles que théâtres, restaurants, cafés, kiosques, etc.; on peut les évaluer à 2 millions.

Ces redevances sont ou fixes ou proportionnelles, et dans ces dernières il faut distinguer celles qui ne sont proportionnelles qu'au chiffre des receltes brutes et celles qui sont proportiounelles à la fois à la surface occupée et au nombre des visiteurs de l'Exposition. La publication du catalogue ofiiciel a fait l'objet d'une concession qui assure de ce chef une recette de 208,500 fr.

La revente des matériaux, qui n'a été évaluée qu'à 2,600,000 fr., donnera très certainement une plus-value considérable, même dans le cas où l'État conserverait, comme il en est question, la galerie des machines. Nous devons également rappeler que la tour Eiffel, qui a reçu de l'jitat une subvention de 1 ,500,000 fr., doit lui faire retour dans vingt ans.

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