Exposition des beaux-arts
Les frais des expositions des beaux-arts, dout la première remonte, comme nous l'avons dit, à 167 3, ont été, jusqu'à ces dernières années, à la charge de l'État.
Les dépenses figuraient au budget ordinaire du ministère auquel la direction était rattachée, et les recettes étaient classées aux produits divers du budget.
A partir de 188f , les artistes, réunis en société, ont demandé à être affranchis de la tutelle de l'Etat, et, depuis lors, les expositions des beauxarts se font aux frais de la Société dans le Palais de l'Industrie, loué par l'État pour la somme de 1 fr. '.
m. STATISTIQUE ET CONCLDSIONS.
Malgré les frais énormes que comportent les expositions universelles, il est à remarquer que la perte qui en résulte pour l'État n'est qu'apparente, que, pour mieux dire, l'État ne fait qu'une avance de fonds qui lui est remboursée sous niUle formes par les millions d'individus que ces fêtes mettent en mouvement. En comparant, en effet, les recettes faites par le Trésor, en 1867, sur le seul impôt de la grande vitesse, on trouve, pour cutte année, une augmentation de 9,500,000 fr. L'Impôt sur les télégraphes donna une plus-value de 2,000,000 de francs et la garantie d'intérêts que l'État sert aux compagnies de chemins de fer fut inférieure de 6,000,000 de francs à la somme demandée pour l'année précédente.
Les contributions indirectes donnent aussi des plus-values considérables, et par son octroi, la ville de Paris recouvre largement les subventions qu'elle alloue aux budgets des Expositions. En 1878, le produit des transports à grande vitesse sur le réseau français fut supérieur de 47,575,000 fr. à la recette de l'année précédente, l'augmentation d'impôt qui en fut le résultat s'éleva à plus de 10 millions. « Que le même fait se reproduise en 1889, a dit M. Teisserenc (le Bort dans son rapport sur l'Exposition ^, et l'État, en même temps qu'il recouvrera 10 millions par les décimes, sera allégé d'une vingtaine de millions du chef de la diminution des garanties d'intérêt. »
Ces chiffres ont leur éloquence; ils prouvent que les Expositions ne profitent pas seulement à l'industrie, qui y trouve des débouchés nouveaux, mais qu'elles sont un bénéfice réel pour le pays qui les organise tant par le mouvement de valeurs qu'elles provoquent que par les émulations qu'elles éveillent.