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Picot, t. III, p

8. BuUetin de slatislique du ministère des finances, décembre I8ô7, mars et mai 1888.

ciélaires au bout du nombre d'années déterminé les bénéllces réalisés au prorata de leurs mises.

On compte aujounl'luii plus de 1,300 de ces Sociétés qui sous les noms les plus divers ont été constituées pour réunir et faire fructilier l'épargne mensuelle de leurs membres. Les capitaux épargnes atteignent près de 15 millions de francs représentés par 4 l,'J87 obligations à lots et répartis en 1 lu, 255 parts apparleuanl à 8l,:JC.8 ijarticipants. La plupart de ces sociétés mettant en pratique, sauf quelques variantes quant à la durée et au montant dos versemonts, les règles adoptées par la Fourmi de l'aris, nous nous bornerons a analyser les conditions statutaires do cette dernière Société, la seule du reste dont le fonctionnement a démontré et prouvé l'excellence des combinaisons.

La Société est divisée en séries de 10 ans. Chaque série a ses souscripteurs, et chaque déposant peut faire partiede toutes lessériesnouvellesou anciennes.

Pour les nouvelles participations, il suffît de s'y faire inscrire au fur et à mesure de leur création. (Jnant aux anciennes, l'accès est plus onéreux, car il faut payer, tout d'abord les mensualités arriérées et la plus-value au jour de l'inscription. En échange, on acquiert tous droits sur le portefeuille de la ou des séries dans lesiiuellos ou entre.

La cotisation est de 3 fr. par mois, ou 3G fr. l'an. C'est ce qu'on appelle une part. Les souscripteurs peuvent prendre place dans la Fourmi pour la quantité de parts qu'ils désirent.

Enhn, chaque mois, les intéressés reçoivent la liste des valeurs acquises, avec les numéros, dates et prix d'achat, etc. ; en un mot toutes les indications susceptibles de leur permettre de vérifier euxmêmes les tirages, et tenir leur comptabilité àdomicile ; c'est à la fois curieux et amusant.

Maintenant ajoutons qu'on n'est pas tenu de payer, tous les mois, ses cotisations. On peut, pour s'éviter des dérangements, régler par trimestres, semestres, années, etc.. Dans certains cas prévus, il est même fait une bonification d'intérêts sur les sommes ainsi payées en avance.

Enfin les fonctions des administrateurs, censeurs et correspondants, sont absolument gratuites.

Un droit d'entrée de 3 fr. par part est exigé des adhérents. Le produit sert à payer les frais généraux de la Société.

Créée en 1879, comme nous l'avons dit, par quelques camarades autour desquels sont venus se grouper petit à petit d'abord, puis par masses de nouveaux adhérents, la Fourmi de Taris sous l'habile direction de son principal fondateur, M. Bolle, son directeur aujourd'hui, a encaissé depuis sa fondation près de 10 millions de francs.

Divisée en 10 séries, elle vient récemment de liquider la première qui à la fin de 1SS9 arrivait à l'expiration de sa période décennale. La liquidation a donné lieu par part de 3 fr. versés mensuellement pendant 10 années, c'est-à-dire par chaque somme de 3G0 fr. versés, à une répartition de 447 fr. 45 cent., soit un bénéfice en capital de 87 fr. 45 c, ce qui représente un taux moyen de capitalisation de 4.14 p. 100.

Les résultats auraient été meilleurs si le cours des valeurs mobilières qu'elle avait en caisse n'avait subi une dépréciation assez sensible peu de temps avant la liquidation de cette série.

Le contraire aurait pu se produire, il est vrai, et dans ce cas les bénéfices eussent été plus élevés, mais et c'est là l'inconvénient de la Fourmi de Paris,

FOYERS ET CHEMINEES

il fallait liquider à la date déterminée et subir les cours. Dans une Société restreinte, une entente aurait pu se faire entre les sociétaires pour retarder ou hâter la liquidation et choisir le moment favorable à la réalisation des valeurs de portefeuille, mais comment se concerter et prendre des mesures unanimes avec une Société de 25,000 membres?

Kous pensons qu'il y a lieu d'encourager le développement de ces Sociétés d'épargne, mais nous croyons qu'il vaut mieux en multiplier le nombre que de chercher à trop étendre la clientèle de chacune. Pour obtenir une réduction des frais généraux ou cherche à accroître le nombre des adhérents, mais on risque de se trouver alors en présence d'un capital considérable dont la liquidation deviendra de plus en plus difficile. Un capital de 100, 000 ou 200,000 fr. en valeurs mobilières à réaliser à une date déterminée peut ne pas jeter de trouble sur le marché des fonds publics, mais si la somme s'élève à plusieurs millions, il peut en résulter une panique qui dépréciera les titres à vendre en proportion de leur masse.

La Fourmi de Paris ferait bien, selon nous, de subdiviser ses séries, et de répartir les époques de ses remboursements entre tous les mois de l'année par exemple. Ou obtiendrait ainsi une division du portefeuille qui en rendrait la liquidation plus facile à opérer.

Au point de vue économique on a reproché à la Fourmi d'employer exclusivement ses fonds à l'achat des valeurs à lots, et on s'est élevé contre la retenue de 20 p. 100 qu'elle effectue lorsque des remboursements lui sont demandés en dehors des cas prévus par les statuts.

Au moment de la création de la Fourmi de Paris, on n'eut d'abord en vue que de partager entre camarades les chances que pouvait donner l'achat en commun de valeurs à lots ; un lot gagné réparti entre quelques personnes était une aubaine pour chacuu d'eux, mais aujourd'hui que les lots gagnés doivent être partagés entre des milliers de personnes, on a vu par les résultats qu'il devenait onéreux de borner les achats de valeurs aux obligations à lots, et récemment les obligations des chemins de fer et autres valeurs garanties par le Trésor ont été admises à participer aux achats.

La Fourmi en retirera un revenu plus considérable, et si elle n'a plus à partager un lot de f)0,000fr. entre des milliers d'adhérents, elle leur donnera des intérêts plus élevés, celui des valeurs à lots étant toujours inférieur aux autres.

Quant à la retenue de 20 p. 100, eu cas de remboursement, elle est, quoique très élevée, absolument nécessaire. Si cette retenue n'existait pas, la Fourmi donnerait prise à la spéculation. Lorsque les valeurs de son portefeuille seraient en hausse, tout le monde viendrait demander le remboursement. D'ailleurs la retenue de 20 p. 100 est un frein utile qui force l'épargne et à ce litre elle mérite d'être maintenue. L. F.

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