I. LA GARDE NATIONALE DE 1789 À
« La garde nationale, écrivait M. Jules Favre au maire de Paris le 23 octobre 1870, est lille de la liberté : 1789 est son acte de naissance; le premier Empire la désarma, la Restauration la licencia. Rétablie en 1830, victorieuse en 1848, elle tomba frappée par la réaction impériale. «
C'est en aïïtl en 1789, au lendemain de la prlsedc la bastille, qu'on voit apparaître la garde nationale (lu'il ne faut pas conlondre avec les milices comnmnales du moyen âge, formant Vuruiêc des communes, ni niénie avec les milices citoyennes ([ue la monarcliie avait laissées subsister dans certaines villes jusqu'à l;i Révolution.
De Taris rin.stitution se propagea rapidement dans toutes les comiiujiics de France. File lut réglée [)ar la loi du 22 .seplenibre 1791. Souvent employée à un service actif pendant la Révolution ', la garde nationale fut reconstituée sous le Directoire par les
1. Notniiimenl en Vendée jKjur la défense des villes, où lopuMoii ré|)nblicaine était doiiiinanle.
GARDE NATIONALE
lois des 25 thermidor et 13 fructidor an V. L'Empire la maintint en principe, mais il eut soin d'en écarter tous les éléments suspects et chercha surtout à s'en servir comme d'une force supplémentaire destinée à seconder au besoin l'armée régulière. C'est ainsi qu'en 1809, les gardes nationales du Nord contribuèrent à repousser une attaque des Anglais contre l'Ile de Walcheren ; en 1812 (0. 13 mars), la garde nationale fut formée en trois bans : le premier comprenait tous les hommes de vingt à vingt-six ans qui avaient échappé à la conscription ; le second ban, les hommes de vingt-six à quarante ans; rarrière-ban, les hommes de quarante à soixante ans. Le premier ban surtout fut employé activement ; il eut une page glorieuse dans la campagne de 1814, à Fére-Champenoise. Trois mille gardes nationaux, sans uniforme et à peine armés, que commandait le général Pacthod, entourés par les troupes de Blilcher et de Schwartzenberg, se formèrent en carrés et refusèrent héroïquement de se rendre. « Ils furent sabrés presque jusqu'au dernier '. »
La Restauration réorganisa la garde nationale, dont le comte d'Artois fut nommé colonel général par ordonnance du 13 mai 1814. Mais ce corps était en majorité animé d'idées libérales, et à la suite d'une revue passée par Charles X, dans laquelle plusieurs bataillons parisiens avaient crié : « A bas Yilléle ! », la garde nationale fut dissoute (20 avril 1827).
L'un des premiers soins du Gouvernement de
1830 fut de la rétablir oiïiciellement, caria plupart des gardes nationaux avaient déjà repris leurs uniformes aux journées de Juillet; la loi du 22 mars
1831 réorganisa l'institution. On eut soin de n'y comprendre que les citoyens pour lesquels « le service ne serait onéreux, ni dans leur personne, ni dans leur travail, ni dans leur industrie - ».
La garde nationale rendit de grands services à la cause de l'ordre, lors des nombreuses émeutes qui marquèrent les premières années de la monarchie de 1830, mais, malgré la faveur que lui témoignait le Gouvernement, elle laissa faire la révolution de
Dès le 24 février, un décret du nouveau pouvoir ouvrit les rangs de la garde nationale à tous les citoyens ; un second décret du 10 mars mit à la charge des municipalités l'habillement de ceux qui ne pourraient faire face à cette dépense.
La garde nationale reprenait ainsi le caractère démocratique qu'elle avait perdu depuis l'an VIII. Elle se signala, aux côtés de la garde mobile, dans la répression de l'insurrection de Juin et la constitution nouvellelui reconnut le droit de partager avec l'armée « le titre, les honneurs et les obligations (le la force publique » (art. 101). Elle reçut une nouvelle organisation par la loi du 13 juin 1851, (]ui reproduisait la plupart des dispositions de la loi du 22 mars 1831.
La garde nationale était organisée, dans toute la République, par commune, et, à Paris, par arrondissement. Elle pouvait former des bataillons cantonaux et des légions (art. 2).
Les olliciers, sous-olliciers et caporaux étaient nommés à l'élection (ari. 35).
La garde nationale était placée sous l'autorité