VI. ENTREPÔTS. {V. Ce mot
Nous rappellerons que les entrepôts sont des magasins dans lesquels les marchandises importées sont déposées en attendant leur réexpcu'tation ou leur mise en consommation et qu'elles n'acquittent les droits de douane qu'à leur sortie et seulement si elles sont destinées au marché intérieur.
Voici, par périodes, le mouvement moyen des entrepots de 183-2 à 1886 complété par les résultats des années 1887 et 1888 :
Moy-nne des périodes.
l!'57-lHi;rt.
fn fnlrppôl
au !■ 'janvier.
Poids de» marchandises en tonnes.
Sorties.
Valeur des march,^ndises en milliers de francs.
Solde
fn enlrppM
Solde
au
au
Entrées.
Sorties.
au
1 dfcembrf.
l"janvicr.
31 dfcpnili
513,8li8
IMPOT
vu. TRANSIT.
Les marcliandisos qui no l'ont que transit(M' en Fraucc n'inlUient sur la situation économique du pays que par l'aliment qu'elles fournissent aux intluslries de transport rt de manutention. Elles entrent pour une [lart importante dans le tralic tles oliemins de fer et do la batellerie et à ce titre elles augmentent la fortune du pays, ruais c'est leur seul
rôle.
Résume des opérations de transit.
-, Par navires „„,
Moyennes ^ ^ Par .j^^^, Valeurs.
d.s périodes. ,„„ç,i, ,,^„j,^ terre.
1,000 lilogr. 1,000 fr.
ISr.l-lSGG . . 14,025 17,606 276,037 307,728 752,192
1Si;T-1S76 . . 14,S;li> 16,746 205,971 237,716 57G,;i93
1SS7 » » » 332,398 519, 4oO
vni. MÉTAnx PRÉcrenx.
.Nous mentionnerons entln les importations et les exportations de numéraire, surtout pour prévenir le lecteur de n'accorder qu'une médiocre confiance aux relevés statistiques concernant ces opérations.
Tout d'abord une quantité considérable de numéraire échappe aux investigations de la douane, c'est celle que les voyageurs emportent sur eux lorsqu'ils entrent en France ou qu'ils en sortent, puis dans le transport des métaux précieux il y a une fraude considérable, de nombreux colis sont expédiés comme marchandises ordinaires sans déclaration pour éviter les frais élevés qui grèvent les expéditions d'or et d'argent ; à cela vient s'ajouter la pratique des groups masqués : ce sont des sacs d'or que l'on déclare être des sacs d'argent; les chances de vol et de perte ne sont guère plus fortes pour l'or que pour l'argent et l'expéditeur réalise une économie importante sur le fret et l'assurance.
^■ousdonnons, d'après les slatistiquesdes douanes, le tableau des importations et des exportations de métaux précieux (commerce spécial).
Hoyeune des périodes. Importations. ExportaUons.
IZ. EFFETS ÉCOHOMIQUES DES IMPOBTATIONS ET DES EXPOR- TATIONS.
On est fort disposé à considérer une grande importation comme un fléau et une grande exportation comme la source de toute prospérité. C'est l'économie politi(iue du vieux Caton : « Le père de famille doit toujours être vendeur et non acheteur. »
Rien n'est plus faux que cette manière d'envisager les choses; en temps normal il y a bénéfice à importer, bénéfice à exporter.
En se reportant au tableau du g G on voit que les gros chiffres de nos importations portent sur les matières nécessaires à l'industrie qui sont entrées chez nous en 1888 pour 1,.507 millions et en sont sorties partiellement sous forme d'objets manufacturés pour 1,707 millions, laissant des bénéfices à tous ceux qui les ont transformées et permettant d'acquitter une multitude de salaires qui, sans l'importation, n'auraient pas été gagnés. Les objets de
consommation naturels sont venus remplacer ceux que nous ne produisons pas ou (|ue nous ne produisons qu'en quantité insuflisante ; depuis l'invasion du phylloxéra (pii a délruit une si grande part de nos vignobles, sans l'imporfation une grande partie de la population française aurait dû renoncer a l'usage du vin dont malgré cet appoint le prix a considérablement haussé.
Ou pourrait craindre, si la balance commerciale nous est défavorable, devoirnolre numéraire ])renilre le chemin de l'étranger: l'expérience, du moins pour la France, ne vient en aucune façon justifier cette donnée tliéorique : depuis la période 1S57- 18GG nous avons en moyenne importé plus ([ue nous n'avons exporté; en 1SS7 et isss l'écart a atteint 800 et 900 millions et cependant l'encaisse de la Han(|ue a toujours été remarquablement élevé cl a dépassé les chiffres de la période précédente. (V. Banques.) iNous ne sommes pas exposés à manquer de numéraire, car on peut évaluer de sOO millions à 1 milliard les sommes (|ue nous paie tous les ans l'étranger pour les titres qu'il a placés chez nous. Ces placements indiqu(;nt tout aulre chose qu'une diminution de la richesse privée. Les achats en titres étrangers n'ont pas lieu aux dépens des titres français qui atteignent des cours de plus en plus élevés et gardent facilement la plus-value qui se manifeste d'une année à l'autre ; les caisses (l'épargne ont vu en 1888 leur solde s'élever à la somme fabuleuse de 2,493 millions: ce n'est pas un peuple qui s'appauvrit ({ui l'ait de pareilles économies. Il est à remarquer que le début de ce grand mouvement a coïncidé avec l'ouverture du marché français au commerce étranger, il est donc légitime de croire à un lien étroit entre les facilités accordées à l'échange des produits et l'accroissement de richesse qui l'a suivi ; l'étranger a profité du champ d'activité que nous l'avons appelé à partager avec nous, mais il nous a ouvert ses frontières et tous ont gagné aux relations plus suivies, plus intimes qui se sont établies de part et d'autre. Sans doute les idées de liberté commerciale ont perdu du terrain, mais il faut espérer que l'expérience si heureuse qui en a été faite pendant trente années ne sera pas perdue pour tous les esprits et que des idées étroites et à priori ne prévaudront pas contre la réalité des faits.
Pierre des Essars,
Bibliographie.
Bulletin de statistique et de législation comparée, publié par le Ministère des finances.
Annuaire de la statistique de ta France. Tableau général du commerce de la France. Tableau décennal du commerce de la France.
IMPOT
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