Romains
Les historiens latins sont pleins du récit des troubles et des révolutions incessantes que l'abus du prêt a inti.rèt suscita dans Rome et des misères qu'il provoqua dans les provinces ^ Le simple citoyen, ruiné par les guerres, fut toujours à la merci des patriciens et des chevaliers entre les mains desquels l'usure fut un terrible moyen d'oppression. La loi fut complice de ces excès en donnant au créancier im droit absolu sur la liberté et la vie de son débiteur. Elle devint, au contraire, impuissante quand on chercha, par des mesures de toutes sortes, à conjurer ce tléau. Ce fut eu vain que les décemvirs limitèrent le taux d'intérêt qui pouvait être stipulé dans les prêts {Lois des XIl Tables ') ; que la loi Genucia(412 V. c.) édicta môme une prohibition complète du prêt à intérêt ; et que la procédure sommaire du ncxuia fut supprimée en 425 l. c. par la loi Papiria pœtelia. Ces dispositions restèrent sans elfet ou plutôt n'aboutirent qu'à une aggravation de l'usure, ainsi que le prouvent les mesures qui furent prises dans la suite, et
1. Platon, \'-nv.. liv. XI; .^ristote, n'//.iTt.<uv, liv. I, chap. 3.