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Les premières prohibitions de l'Église contre l'intérêt

A mesure que rem[)ire romain marcha vers sa décadence, les habitudes usuraircs des temps passés prirent un caractère de plus en plus oppressif: vainement les empereurs cherchèrent à remédier au mal en renouvelant de temps à autre la fixation d'un taux légal, en même temps que grandit la misère publiciue monte le taux d'intérêt exigé des débiteurs obérés ; la dureté du créancier s'aggrave au point que le tléau de l'usure prend, dans l'empire, les proportions d'une calamité publique. C'est là qu'il faut voir une des principales causes de la longue interdiction (|ui devait peser, pendant des siècles, sur le prêt à intérêt.

Il faut signaler ici les longs et généreux efforts que tirent les Pères de l'Église pour extirper de la société de ce temps le mal profond qui la rongeait.

Mais leurs chaleureuses objurgations se lieurtaieut à trop d'intérêts engagés pour vaincre la résistance des poiiulations et substituer à des habitudes invétérées d'usure la pratique du prêt gratuit. A vrai dire, on peut douter que le mutuum évaugélique ait jamais été pratiqué autrement que par exception et, sans doute, très imparfaitement.

L'Églisu put bien moins encore faire pénétrer dans les lois civiles la réforme qu'elle prêciiait.

Malgré la désapprobation hautement manifestée des chefs de l'Église, le prêt à intérêt resta autorisé par les lois impériales jusqu'au moment où le pouvoir pontifical prit, à Rome, la place du pouvoir civil. La législation ecclésiastique avait depuis longtemps interdit aux clercs l'usage du prêt à intérêt ', ce u'est qu'au v" siècle (|u'elle tievail en étendre la prohibition aux laïques. Une lettre décrétale du pape saint Léon, en 44ô, ordonna de l'éprimeravec sévérité les usures laïques. Cette défense devait avoir une portée lointaine, mais elle ne parait pas avoir produit des effets immédiats bien apparents ; si elle a pu exercer une certaine influence en Italie et en Espagne, l'Orient refusa de s'y soumettre et elle fut comme ignorée en Gaule où le prêt à intérêt continua d'être universellement pratiqué sous les yeux et de l'aveu même des évêques chrétiens.

ni. LE PRÊT À INTÉRÊT EN FRANCE DE 789 A 1789.

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