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CONSTELLATION DU BELIER

Il y a 8600 ans que le solstice d! hiver correspondait à l’« actuel des poissons. Dans les temps primitifs, les Egyptiens, ainsi que tous les autres peuples, com-

mençaient leur année solaire à partir du solstice d’hiver (1). Les astronomes égyptiens, qui figurèrent dans le zodiaque les symboles dont l’astronomie se sert encore, peignirent dans la première division un belier parce qu’il était le premier de tous

les signes et par conséquent le chef du troupeau zodiacal. Plus tard, quoique, par la précession des équinoxes, le solstice d’hiver ne correspondît plus au belier les

astrologues qui avaient plus égard à leurs planisphères représentant le premier état du ciel qu’à l’état de leur ciel même, considérèrent toujours le belier

comme le premier des signes (2); la cabale ayant transmis à l’astronomie la coutume de considérer le belier comme la première des constellations, de là vient

que de nos jours encore on commence par le relier lorsqu’il s’agit de donner la nomenclature des signes du zodiaque.

Pour exprimer hiéroglyphiquement un équinoxe, les Egyptiens peignaient deux

(1) Ce ne fut qu’après le règne de Sésostris que l’année solaire commença (^) Hygin ( lib. 3 , cap. 19 ) appelle le belier , pr inceps signorum. '

au solstice d’été.

bâtons , l’un blanc , symbole du jour, et l’autre noir, symbole de la nuit ,

de longueur égale (1), parce qu’à cette époque la longueur des jours est égale à celle des nuits. Pour exprimer, d’après le même principe, le solstice d’hiver , ils peignaient deux bâtons, l’un noir et l’autre blanc, mais le noir ayant une longueur double de celle du blanc,

; ' Al

parce qu’à ce solstice, la longueur des nuits est double de celle des jours. Dans un zodiaque de la cabale (2), où le belier est remplacé par un amoün ( homme à cornes de belier), cet amoün tient dans ses mains les deux bâtons de longueur inégale pour indiquer le solstice d’hiver;

car tous les zodiaques cabalistiques représentent le premier état du ciel après la création que l’astrologie fait remonter à 8600 ans, c’est-à-dire à l’époque de l’invention du zodiaque; et comme à cette époque le solstice d’hiver correspondait au zéro du belier, les cabalistes ont eu soin, dans le planisphère dont il s’agit, de répéter la figure d’AMOUN

(1) Voyez Gémeaux.

(2) Le planisphère que nous a conservé Kircher, et que Dupuis a copié ( Origine de tous les cultes , atlas, planche 5), se trouve dans les planches correspondantes au mot Zodiaque.

qu’ils ont placé agenouillé précisément sur la ligne qui sépare le signe du belier d’avec celui des poissons.

Dans le Zodiaque circulaire de Dendérah le belier est représenté couché,

parce que, au solstice d’hiver , le soleil est le plus bas possible; c’est par la même raison que les cabalistes, dans le planisphère dont nous avons parlé, représentent agenouillé I’amoun placé sur la ligne qui sépare le belier des poissons. Le belier du Zodiaque de Dendérah est représenté, une pâte en avant, comme prêt à se lever, parce que, au solstice d’hiver, le soleil reprend sa force pour remonter vers le nord. Ce belier est placé en sens inverse des autres signes, le cancer excepté (1), parce que, dans le premier état du ciel, le soleil retournait sur ses pas pour remonter vers le pôle boréal lorsqu’il était arrivé au zéro du belier.

Au lieu d’un belier tout entier, les cabalistes se bornaient généralement à peindre des cornes de belier dans la première division du zodiaque ;

de là vient l’abréviation dont nos astronomes se servent encore pour indiquer îe signe du belier.

Les étoiles qui déterminent la position du belier dans le zodiaque égyptien sont l’« des poissons et les Péiades. Hygin (2) nous apprend que les anciens astrologues plaçaient les Péiades sur la division du taureau et du belier; et c’est précisément à leur position, comme division du zodiaque primitif, que cet amas de petites étoiles doit la haute considération et le rôle important qu’il joue dans la

(1) Voyez Cancer.

(2) Hygin. lib. 2, cap. 22, et lib. 5, cap. 20. Les Péiades que nos astronomes placent sur le cou du taureau étaient placées à la queue par les anciens astrologues (Théon, page 155), et en général par tous les cabalistes.

mythologie grecque et romaine (1). Les deux premières étoiles de la tête du bélier, appelées dans les catalogues arabes al-sheratein ou al-sheratan (2), forment avec la précédente de la base du triangle actuel (3) le triangle céleste des anciens astrologues. Ce triangle, surnommé igné dans les livres cabalistiques, n’est autre que la lettre sacrée exprimant l’idée de Dieu grand , fort , et immortel (4), qui fut ainsi figurée au-dessus des premiers degrés du belier, parce que, selon les dogmes de la haute astrologie, le règne de Dieu doit recommencer lorsque le solstice d'été correspondra au zéro de ce signe. Ce triangle est une constellation qui remonte à la plus haute antiquité, comme nous l’atteste Hipparque (5) en s’appuyant sur le témoignage d’Eudoxe.

Le belier, symbole affecté à la première division du zodiaque, à partir du solstice d'hiver, devint par suite le symbole de ce même solstice et fut employé quelquefois pour en déterminer la position dans certains planisphères qui nous offrent différents états du ciel, tel que le Zodiaque circulaire de Dendérah, par exemple, où sont indiqués les quatre âges du monde; aussi trouve-t-on dans ce zodiaque le belier comme second génie du verseau

et comme second génie du capricorne,

le solstice d'hiver correspondant au 15e degré du verseau pour le 3e état du ciel et au 17e degré du capricorne pour le 4e. Mais toutes les fois que le belier était

(1) German. cap. 22.

(2) Alfrag. cap. 22 , pag. 109.

(3) Ulugbeigh, page 58, l’appelle ras almotli’allah.

(4) Voyez Apis, note de la page 35 et suiv.

(5) Hippar. lib. 1 , cap. 2.

employé comme symbole du solstice d’hiver, on plaçait sur sa tête le disque so~ laire entre les cornes de taureau,

symbole composé du ciel (1), afin qu’on ne confondît pas le belier céleste, symbole du solstice d’ hiver, avec le belier, symbole du chef, du maître, et du guide. En outre, on avait soin de représenter le belier, symbole du solstice d’hiver, de plus en plus petit, à mesure que le solstice , dont il déterminait la position, s’éloignait du solstice d’hiver primitif correspondant au zéro du belier zodiacal . Le plus petit belier dans ces zodiaques prenait le nom d’agneau, quoique ce ne fût pas un agneau qui, symbole de la douceur, de Y innocence , et de la jeunesse , n’a jamais été placé par aucun peuple comme symbole hiéroglyphique dans le zodiaque; aussi Hyde (2) observe-t-il que les différents noms du belier, tels que al-hamel chez les Arabes, teleh ou thala (3) chez les Hébreux, emro chez les Syriens, et kusi chez les Turcs, désignent toujours un agneau déjà fort et ayant des cornes.

Un cheval blanc consacré au soleil (4)

étant le symbole de la lumière, une jambe

étant le symbole du mouvement ; une jambe de cheval blanc est le symbole du mouvement de la lumière. Dans le Zodiaque circulaire de Dendérah on trouve la jambe de cheval blanc qui détermine toute la partie du zodiaque où, pour le pre-

(1) Voyez Apis, page 32.

(2) Vide Hyd. pag. 50 , et Riccioli , pag. 426.

(5) En hébreu rhv ( tIilh ) , thele , et N^n ( tla ) , tela.

(4) C’est par homonymie que le cheval fut consacré au soleil et devint par extension symbole de la lumière. Voyez note de la Préface, page 1.

mier état du ciel, le jour triomphe dans sa marche de la nuit, c’est-à-dire depuis le solstice d’hiver correspondant au zéro du belier, signe dans lequel les astrologues plaçaient Y exaltation du soleil, jusqu’au solstice d'été, correspondant au zéro de la balance, signe dans lequel ces mêmes astrologues plaçaient la dégradation de la lumière (1); et pour bien déterminer que l’extrémité de la cuisse du cheval correspond au zéro du belier, les astrologues de Tentyris ont eu soin de représenter en petit le belier zodiacal qui touche la cuisse du cheval de sa partie postérieure,

laquelle correspond au zéro du signe.

La création ayant été terminée avec les six temps du règne de Dieu, c’est-àdire lorsque le solstice d'été correspondit au zéro de la balance (2), on s’explique pourquoi tous les astrologues s’accordent à dire que lors de la création, ou plus exactement à l’instant où la création fut terminée, le belier céleste occupait le milieu du ciel , ce qui lui valut le nom de Mesomphalos que lui donne Nonnus (3).

La fin du monde, le jugement dernier, et le règne de Dieu, qui doivent arriver, selon les dogmes astrologiques des Egyptiens, lorsque le solstice d’été, parvenu au zéro du belier, aura fait le tour du zodiaque et accompli ainsi la grande période de 24-000 ans, étaient des vérités qu’on ne présentait jamais que sous le voile de l’allégorie. Aussi les initiés disaient-ils en langage mystique que la fin de toute chose terrestre et la résurrection de toute chose céleste devaient avoir lieu lorsque /Toan ( soleil du solstice d'été dont nous avons fait S. Jean-Baptiste ) aurait rejoint

(1) Sol exaltalur in ariete, dejicitur in libra. (Firm. L. 2, c. S).

(2) Les astrologues cabalistes distinguaient plusieurs créations : la plus fameuse, la primitive, celle pour laquelle on avait la haute autorité d ’Esculape et qu’on appelait l’égyptienne, était précisément celle qui remontait à la balance. ( Vide Scalig. Not. ad Manil. lib. i , vers. 125 ; Scholiast. Tetrabibl. Ptolern. ).

(3) Mejo/xyoàoî , adj . qui signifie ce qui est situé au milieu. Nonn. Diony, lib. 1 , vers, 181.

/'Iesou primitif ( le solstice d’hiver correspondant au zéro du belier ). Pour figurer la fin du monde, les astrologues représentaient Ioan avec le belier;

le christianisme représente aussi S. Jean-Baptiste avec un agneau (petit belier) (1).

La vierge, constellation que le solstice d'été entama immédiatement après la création (2), en vertu du mouvement rétrograde du ciel des fixes, devint aussi le symbole du solstice d'été (3). On se servait généralement de cette vierge pour indiquer sur un zodiaque le solstice d’été correspondant aux différents états du ciel qu’ils représentaient. Ainsi, sur le Zodiaque circulaire de Dendérah où sont déterminés les quatre âges du inonde, l 'âge d’or ayant duré pendant tout le temps que le solstice d’été se trouva dans la constellation de la vierge, c’est-à-dire 2160 ans, cette vierge est représentée tenant l'épi d’or à la main.

liage d’argent ayant commencé lorsque le solstice d’été entama la constellation

(O Anubis ou mieux Anibis (a), homme à tête de chacal (voyez Chacal ) , était aussi le symbole du solstice d'été. Les Grecs ayant fait A' Anubis leur Hernies , et les Latins leur Mercure , la même croyance astrologique sur la fin du monde , qui fit consacrer le belier à Y Ioan, le fit aussi consacrer à Anubis , à Hermes, et à Mercure. On s’explique alors pourquoi Mercure se trouve, dans les pierres gravées qui servaient d’amulettes , tantôt monté sur le relier, tantôt à côté du belier, et quelquefois même portant une tête de belier dans sa main. Ces pierres gravées étaient des tessères qu’on donnait aux initiés d’Eleusis , comme dans les premiers temps du christianisme on donnait aux nouveaux baptisés un agnus Dei en cire. Fuit consuetudo dandi baptizatis in cerâ consecratâ imagines agnis cælestis (Guilell. Durantus in ration, divin, offic. ).

(2) Le solstice d’été correspondait au zéro de la balance lorsque Dieu céda à l’/iomwiel’empiredelaterre.

(3) Voyez Ibis.

(a) An -enfant, uns- d'ibis, nom de la vierge céleste.

du lion, et n’ayant duré que 1080 ans, c’est par une vierge tenant Orus blanc ou

d’argent

que se trouve indiqué le commencement de cette époque.

L’âge d’airain, dont la durée fut de 2304 ans, ayant commencé lorsque le solstice d’été correspondit au 15e degré du lion, c’est encore par une vierge tenant les cymbales égyptiennes d’airain (1)

que le commencement de cet âge se trouve déterminé.

Enfin, Y âge de fer, qui doit durer 7416 ans, ayant commencé lorsque le solstice d’été fut arrivé au 17e degré du cancer, c’est par la vierge guerrière (2) tenant l’arc et prête à décocher la flèche

que se trouve indiqué le point du ciel où correspondait le solstice d’été lorsque cet âge terrible commença.

(1) Raban Maure ( Comment, in Judith.) compare ces cymbales à de petites bouteilles ( phiolæ parvissimæ) , et Pline (lib. 23, cap. ult.) à des cuisses ( coxendicibus).

(2) Dans les textes hiéroglyphiques cette vierge est toujours représentée avec la coiffure militaire.

Cette vierge militaire est placée sous le lion dans le Zodiaque de Dendérah , parce que le cancer se trouve précisément , dans ce zodiaque , sur la tête du lion ( voyez Cancer ).

Si nous voulions aujourd’hui indiquer l’état de notre ciel en suivant la méthode égyptienne, nous placerions la vierge guerrière entre les gémeaux et le taureau, car le solstice d’été vient d’abandonner la première de ces constellations. Les Egyptiens, pour préciser l’époque à laquelle le monde doit finir, disaient dans leur langage mystique : Lorsque la vierge (symbole du solstice d’été ) aura enfanté le belier ( dont les chrétiens ont fait leur agneau ), le règne de Dieu cojnmencera; car la fin du monde doit arriver, comme nous l’avons déjà dit, lorsque le solstice d’été correspondra au zéro du belier. Le solstice d’été étant symboliquement représenté par la vierge, qui se trouve placée entre le belier et les pojssons, dans les zodiaques représentant l’état futur du ciel lors de la fin du monde et le * belier zodiacal couché , tel qu’on le voit dans le Zodiaque circulaire de Dendérah, se trouvant alors aux pieds de la vierge, ce belier semble être le produit dont la vierge vient d’accoucher.

Les Egyptiens disaient encore dans ce même langage mystique : Lorsque l’union de la vierge et du belier sera consommée, la fin du monde arrivera ; pour dire la fin du monde arrivera lorsque le solstice d’été, représenté par la vierge, correspondra au zéro du belier, c’est-à-dire aura dépassé cette constellation. Il s’agirait plutôt ici d’un divorce que des noces de la vierge et de /'agneau dont nous parle l’Apocalypse.

On exprimait aussi en écriture symbolique qu’une constellation avait été dépassée par un solstice ou par un équinoxe, en représentant le symbole de cette constellation égorgé. Aussi les Egyptiens disaient-ils : Lorsque le sang du belier sera répandu, le règne de Dieu commencera ; pour dire : Lorsque le solstice d’été aura dépassé la constellation du belier, le règne de l’homme sera fini.

Ainsi donc la jonction d'IoAN et de /’Xesou primitif, l’ enfantement du belier par la vierge, la fin de l’union de la vierge et du belier, et la mort du belier, ne sont que l’expression mystique du phénomène céleste qui, dans 4320 ans, doit déterminer la fn du monde selon les croyances astrologiques des Egyptiens. Le mithraïsme et le christianisme, fondés sur les dogmes religieux de l’Egypte,

ont avancé cetle fin prétendue du monde ; j’expliquerai au mot Boeuf les erreurs astrologiques qui ont donné naissance aux fables de Mithra et de Jésus.

On rencontre encore dans la Haute Egypte, à l’entrée des temples, les statues colossales du belier zodiacal ayant devant lui la vierge, symbole du solstice d’été.

Le temple étant sur la terre la représentation matérielle du ciel où Dieu règne éternellement, et le règne de Dieu devant arriver pour la terre lorsque le solstice d’été correspondra au zéro du belier, on s’explique pourquoi les Egyptiens plaçaient le belier avec la vierge devant la porte du sanctuaire.

On trouve dans Montfaucon (1) la gravure d’un monument égyptien qui paraît remonter seulement aux derniers temps de la domination des Perses, et qui nous représente un tableau de la fin du monde. On voit dans une grotte mithra'ique le soleil de justice éternelle prêt à brûler le belier zodiacal , trois fois répété , sur trois bûchers composés chacun de dix bûches. Les trois bûchers font allusion aux trois décans, et le nombre de bûches aux dix degrés dans lesquels se subdivise chaque décan, le tout est supporté par sept vases qui font allusion aux sept planètes. A droite sont les élus qui tendent avec confiance leurs mains vers le soleil de justice; sur leur tête se trouvent les symboles de la vie, tels que Y ibis (2) et le scarabée (3). A gauche sont les réprouvés, hommes sans tête (4), qui tournent le dos

(1) Jntiq. expliq. Supplem. tome 2, page 50, pl. SI.

(2) Voyez Ibis.

(5) Voyez Apis , page 28. Le scarabée , symbole de la vie , comme la croix et le phallus , était porté au cou par les Egyptiens comme amulette, de préférence aux autres symboles. De nos jours, dans la Haute Egypte , le scarabée ( scarabœus thebdicus ) , qui est le premier animal qu’on trouve vivant lorsque le Nil abandonne les terres qu’il a inondées, est encore regardé comme un emblème de résurrection.

(4) Les réprouvés , ceux-là qui doivent être condamnés à Y anéantissement lors de la résurrection générale , étaient représentés décapités. Les peuplades sauvages de l’Amérique employaient la même

au soleil du jugement, et qui semblent fuir sa lumière comme la chouette, symbole des ténèbres, qui se trouve au-dessus d’eux.

Cette idée de la fin du monde qui doit arriver, selon les principes de la haute astrologie, lorsque le belier zodiacal sera consumé par le solstice d’été, est rendue par le belier mort qu’on retrouve sur les monuments, et surtout par les têtes décharnées de belier

qu’on plaçait aux angles de l’autel où l’on conservait le feu sacré de P ht ha (1).

Sur le bandeau de toutes les portes d’entrée des tombeaux sacrés de Eibanel-Molouk on trouve un disque jaune, symbole du soleil, dans lequel est figuré un amoun ( homme à tête de belier ) qui, dans cette circonstance, remplace le belier zodiacal comme dans les planisphères de la cabale. C’est ia représentation du soleil de justice suprême qui doit se lever lorsque le solstice d’été correspondra au zéro du belier.

La résurrection générale des morts devant avoir lieu précisément à la même époque, on retrouve toujours sur ces mêmes bandeaux le Saint auquel la tombe était consacrée, adorant le soleil de justice qui doit le rappeler à la vie et le faire jouir de la béatitude céleste pendant les six temps du nouveau règne de Dieu.

expression symbolique pour représenter les vaincus tués à la guerre. (Voyez Mémoires des Sauvages américains comparés aux mœurs des premiers temps , par le P. Lalitau ).

(1) Le même principe astrologique fit que les Grecs placèrent des têtes décharnées de belier sur la frise des temples. La victime étant consumée , il ne reste que les ossements décharnés et blanchis : aussi les architectes avaient-ils soin de sculpter toujours en marbre blanc, ou du moins en pierre blanche, ces têtes décharnées de belier.

Quelquefois aussi ce soleil de justice est représenté par un disque jaune dans lequel est un grand scarabée ailé , symbole de la vie universelle et de Y intelligence suprême (1).

Enfin on trouve la même idée astrologique exprimée par un scarabée à tête de belier, surmonté du disque solaire placé entre deux basilics, symboles de la lumière, avec les tau ansés (2), symboles de la vie éternelle,

mais seulement sur les monuments qui ne sont pas antérieurs à la domination romaine.

Le règne de Y homme devant finir et celui de Dieu recommencer lorsque le solstice d’été correspondra au zéro du belier, les initiés célébraient ce mystère astrologique, qu’ils appelaieut la transition (3), en égorgeant et en brûlant sur l’autel de Phtha un belier lorsque le soleil entrait dans la constellation qui porte ce nom. Le pain, principale nourriture de l’homme, étant le symbole de la vie, le sel gemme étant celui des misères de la terre (4), le pain salé devenait alors le symbole de la vie terrestre qui est remplie d’amertume. Le pain sans sel, au contraire, était le symbole de la vie céleste qui doit être exempte de tribulations. Le

(1) Voyez Apis, page 28.

(2) Voyez Ane, page 10.

(3) riD2 (fse) fase , c’est-à-dire passage , transition, mutation , d’où les phases de la lune. Phase, id est transitus Domini (Exode xu. 11.).

(4) Voyez note 2 de la page 4. Le sel étant le symbole des misères de la terre , le sel répandu était en Egypte d’un fort mauvais présage. Cette superstition s’est conservée jusqu’à présent, et j’ai connu un esprit fort qui pâlissait lorsqu’on renversait une salière devant lui. Socrate avait foi dans les présages de l’éternument ; tous les sages ici-bas ont un grain de folie.

levain , germe et symbole de corruption , n’entrait pas non plus dans la composition de ce pain mystique dont les initiés faisaient leur unique nourriture pendant tout le temps que le soleil se trouvait dans la constellation du belier.

Les initiés portaient sur leur poitrine, suspendu par une belier e, le belier mystique

devenu symbole de résurrection, c’était l’insigne de la haute initiation-, les initiés vulgaires ne portaient à leur cou que le scarabée , la croix, ou le phallus. Aussi reconnaît-on la momie d’un grand prêtre lorsqu’on trouve le belier ou la tête de belier comme pectoral sur son gabar.

Pluche veut que le belier ait été placé dans la première division du zodiaque par les Chaldéens, parce que, X équinoxe du printemps correspondant à cette constellation, les premiers astronomes voulaient indiquer par là l’époque de l’année où les brebis mettent bas ; mais alors il me semble qu’il eût été plus rationnel de figurer dans cette constellation une brebis ou un agneau.

Dupuis, qui fait du belier le signe de X équinoxe d’automne, nous dit que « le « Nil rentrant dans son lit peu de temps après cet équinoxe, le sol nouvellement « découvert ne présente qu’un limon gras qui n’a point encore de consistance « pour qu’on y imprime le soc de la charrue : aussi laissait-on la terre s’affermir « après la retraite des eaux, suivant Diodore; et, pendant ce temps, l’Egyptien « voyait croître l’herbe verte, et les troupeaux pouvaient déjà y trouver une « abondante pâture. On lâchait donc les troupeaux, et leur entrée aux pâturages « fut marquée dans les deux par l’image d’un belier ou du chef du troupeau ». À cela je répondrai que les Egyptiens ne furent jamais des peuples pasteurs, mais bien des peuples agriculteurs , et que, à l’exception des porcs, il est impossible de lâcher d’autres animaux sur les terres limoneuses de l’Egypte immédiatement après leur inondation.

RÉCAPITULATION

Le BELIER ,

une tête de belier,

ou des cornes de belier,

se traduisent par chef, maître, guide, ou même quelquefois par roi, lorsque le sceptre se trouve à côté,

et par juge suprême lorsqu’on voit au-dessous le bras plié figurant la coudée.

Le belier courant,

debout,

ou accroupi,

reg ardant derrière lui, se traduit par constellation du belier. Une tête de belier à l’extrémité d’une barre

est sur les monuments égyptiens l’abréviation du belier zodiacal , et les cornes de

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