BOEUF
Le boeuf qui, chez les Egyptiens, labourait les terres, battait le blé, voiturait les récoltes, faisait tourner les roues hydrauliques qui transportaient les eaux du Nil dans les canaux destinés à l’irrigation des terres, le boeuf, travailleur par excellence, devint le symbole du travail en Egypte.
Il 11e faut pas confondre le boeuf avec le taureau, comme la plupart des savants (1). Le taureau, animal indomptable (2), était pour les Egyptiens, selon sa couleur (3), le symbole de l’élément auquel rien ne résiste, c’est-à-dire de Y eau de l’abym ou de Veau de la mer.
(1) J ai trouvé souvent cette phrase : Le bœuf Apis était un vigoureux taureau; c’est absolument comme si l’on disait : Ce cheval hongre est un vigoureux étalon.
(2) On peut dompter le cheval entier, mais pour le taureau, dès qu’il est pubère, il devient intraitable ; ni force ni douceur ne peuvent rien sur lui.
(5) Un taureau roux consacré à Typhon , et qu’on immolait à cette divinité malfaisante (roù? nvppoùç fio'jç a\)yyjj>p-ri{)ri'ju.i ÔÔEtv , oi« ro So-xeîv toioôtov tw y pùp.a.Ti ysyot/évou. Diod. Sicul. lib. t , Sect. 2 ) , était le Symbole de la mer qui , avec le désert, composait l’empire du mauvais principe. Un taureau noir était le symbole de l’eau de l’abym, c’est-à-dire du débordement , qui féconde la terre d’Egypte (a). Une vache rousse était le symbole de Nephihis ( le désert ) , épouse stérile de Typhon , qui ne pouvait être fécondée que par son adultère avec Osiris ( le débordement ) dont l’épouse légitime ( l’Egypte ) était symboliquement représentée par une vache noire. Lorsque le Pharaon (Genèse, chap. xu, vers. 2 et suiv. ) songea qu’étant auprès d’un fleuve, il voyait sept jeunes vaches, belles et grasses, qui en sortaient et qui furent bientôt dévorées par sept autres vaches, maigres et laides, qui en sortirent aussi; la vache étant le symbole de la terre d’Egypte , Joseph dut comprendre qu’il s’agissait , dans ce songe , de la terre d’Egypte qui sortirait pendant sept fois de dessous les eaux du débordement, belle et grasse de limon , tandis que sept autres fois elle en sortirait maigre et stérile , ce qui , en définitive , annonçait sept années d’abondance suivies de sept années de disette. En outre, les vaches maigres dévorant les vaches grasses signifient clairement que le superflu des années d’abondance serait absorbé par les années d« disette.
(a) II est à remarquer que le taureau noir est précisément le symbole de l’eau rouge , car telle est la couleur des eaux du Nil lorsque ce fleuve déborde; tandis que le taureau roux est au contraire lc symbole de l’eau noire, selon l’épithete qu'IIomère donne toujours à la mer.
Le nom du boeuf en égyptien est soür (1).
Les Egyptiens bistournaient le taureau pour en faire un boeuf; de là vient qu’il est très-difficile de les distinguer l’un de l’autre dans les textes hiéroglyphiques. Sur les monuments dus au ciseau grec on peut observer cependant que le taureau
est plus grand et moins gras que le boeuf,
iSR
mais il vaut mieux s’en rapporter au sens de la phrase symbolique, lorsqu’on traduit, qu’à cette observation qui pourrait souvent induire en erreur. Comme les symboles affectés au taureau , tel que le disque solaire entre les cornes, par exemple, peuvent aussi être affectés au boeuf, ces symboles ne servent nullement à les différencier; néanmoins le tau anse suspendu au cou du taureau
ou placé devant lui.
le distingue d’une manière positive d’avec le boeuf, auquel on n’affecte jamais ce symbole .
Le boeuf, symbole du travail dans les hiéroglyphes purs de la Haute Egypte, finit par devenir celui du labourage dans les derniers temps, c’est-à-dire vers la fin du règne des Ptolémées, mais seulement dans la Basse Egypte (2), et le
(1) (sIiur), sour.
(2) Horus-Apollon (a), qui donne ordinairement aux hiéroglyphes la valeur arbitraire qu’ils avaient dans la Basse Egypte, considère cependant le boeuf et les abréviations symboliques du boeuf comme symboles du travail.
(a) Liv. ii, hiéroglyphe 17.
travail fut alors symboliquement représenté par un âne (Y). Dans les hiéroglyphes purs l’idée de travail étant exprimée par l’image d’un boeuf, l’idée de labourage est rendue par celle d’un porc (2).
Le porc, symbole du labourage , était consacré à Ert ( la terre fertile ) (3), et lorsque le boeuf eut la même valeur symbolique dans la Basse Egypte, il fut aussi consacré à la terre ; de là vient que les Grecs consacrèrent le porc et le boeuf à Cérès.
Comme nous ne nous occupons que de la valeur première des hiéroglyphes, nous ne considérerons ici le boeuf que comme symbole du travail.
Lorsqu’on trouve Yépervier, symbole du soleil , monté sur le boeuf,
(4) Philon (a), s’appuyant sur un proverbe (l’Alexandrie : Tlâv Sixvoîyov pirpav ovou, àXki feiç npoSartpqu’il explique par : navra novav xvrïx.arxXXxTT ou npoMna; ’ considère l’âne comme le symbole du travail, et la brebis comme celui du profit, la valeur symbolique de la brebis étant fondée sur le double sens du mot npoêarov , qui signifiait chez les Grecs d’Alexandrie brebis et profit ; car ils donnaient parfois à npiêarov la signification de n po6aa-iç, c’est-à-dire le produit qu'on retire des troupeaux. On voit par là que la valeur des symboles s’appuyait souvent, dans la Basse Egypte , sur des jeux de mots , et constituait une écriture hiéroglyphique qui a beaucoup de rapport avec nos rébus, tandis que l’écriture hiéroglyphique pure est une science fondée sur l’observation de la nature ou sur des conventions qui pouvaient convenir à toute l’Egypte. Ainsi le boeuf qui, dans la Basse Egypte, servait à labourer les terres, tandis que dans la Haute Egypte il ne servait qu’à traîner les fardeaux, pouvait bien être le symbole du travail dans ces deux contrées : mais il ne pouvait pas être pour les Thébains le symbole du labourage.
(2) Voyez Porc.
(3) Ert et ses inversions Ter et Tre sont les noms mystiques de la terre fertile, c’est-à-dire de V Egypte, tantôt représentée sous la figure d’une femme, la tête couronnée de trois gerbes, tantôt sous celle d’une vache noire, et le plus souvent sous celle d’une lionne couchée (voyez Sphinx). Il paraît que le culte d’ERT, comme celui d’Isis, s’était autrefois répandu jusque dans la Germanie. (Tacit. fiermania ).
(a) De sacrif. Abel, et Caïn.
c’est le soleil surmontant le travail, c’est-à-dire parvenu au terme de son travail, qui consiste dans son ascension lorsqu’il remonte vers le nord, en définitive, le soleil surmontant le travail n’est autre que le soleil parvenu au solstice d’été. Ce groupe hiéroglyphique est donc l’expression du solstice d’été, et voilà pourquoi on le retrouve entre la vierge et la balance dans le Zodiaque circulaire de Dendérah, le solstice d’été correspondant au zéro de la balance dans le premier état du ciel. Mais si, au lieu d’un simple épervier, on trouve Yépervier avec la coiffure royale,
cet épervier désigne alors le soleil royal, c’est-à-dire le soleil qui doit éclairer le règne de Dieu. A côté de cet épervier on trouve ordinairement le basilic,
symbole de la lumière, qui, avec le tau ansé,
symbole de la vie éternelle (1), est l’expression de la lumière éternelle que répandra le soleil royal.
Un roi assis sur son trône, le sceptre (2) à la main.
(1) Quelquefois ce basilic, dans lequel est enfilé le tau ansé, se trouve accroché par la queue au disque solaire ;
c’est ainsi qu’on le retrouve sur les obélisques de Louqsor.
(2) Le sceptre des rois égyptiens avait la forme du Pedum, car ils étaient considérés comme étant ou devant être les pasteurs de leurs peuples.
rend iconographiquement l’idée de roi et par extension celle de royauté. Le bras figurant la coudée et tenant le sceptre à la main
était un symbole composé de justice et de puissance, attributs de la royauté chez les Egyptiens, et par suite l’abréviation du précédent hiéroglyphe.
Si ce bras est sous le boeuf,
ces deux symboles ainsi placés expriment l’idée de travail royal. Par travail royal les Egyptiens entendaient la recherche de la pierre philosophale lorsqu’il s’agissait d’alchimie, et le mouvement rétrograde du ciel des fixes lorsqu’il s’agissait d’astrologie.
Lorsqu’on voit sur les obélisques, où il s’agit toujours d’astrologie (1), Xépcr-
(1) Les obélisques sont des monuments astrologiques, et non pas des monuments historiques, comme l’ont prétendu Diodore, Hermapion, Champollion, etc. Si les obélisques étaient des monuments historiques, je demanderais 1° pourquoi les Egyptiens préférèrent-ils graver les grands événements qu’ils voulaient transmettre à la postérité sur les faces étroites des obélisques plutôt que de les consigner avec leurs écritures symboliques sur les parois des temples et des palais? 2° pourquoi les Egyptiens qui tenaient tant à la symétrie, comme nous l’attestent tous leurs monuments, plaçaient-ils toujours côté à côté deux obélisques de grandeur inégale, car tels étaient les deux obélisques d’Héliopolîs qu’Auguste fit enlever, les obélisques de Louqsor, etc.? 3° pourquoi sur certains obélisques, l’obélisque d’Héliopolis par exemple, trouve-t-on les mêmes hiéroglyphes reproduits sur les quatre faces? et 4° enfin pourquoi , si les obélisques sont des monuments spécialement affectés à reproduire des faits historiques , pourquoi, dis-je, trouve-t-on tant d’obélisques sur lesquels on ne voit ni lettres ni hiéroglyphes? Pline ( lib. 36 , cap. 8 ) attribue l’invention des obélisques à un certain Mythrès , roi d’Héliopolis : Promus omnium id instituit Mythrès; quia in solis urbe regnabat , somnio jussus , et hoc inscriptum est in eo. Ce Mythrès dont le nom a tant de rapport avec Mithra ( l’équinoxe du printemps personniBé ) , et auquel il fut ordonné en songe d’élever un obélisque précisément parce qu’il régnait dans la ville du soleil, ne ressemble-t-il pas beaucoup à un personnage allégorique? L’obélisque était appelé par
vier couronné et le basilic avec le tau anse surmontant le boeuf, au-dessous duquel se trouve le bras figurant la coudée et armé du sceptre ,
on doit traduire ces hiéroglyphes par soleil de Dieu et lumière éternelle surmontant le travail royal , c’est-à-dire le mouvement rétrograde du ciel des fixes.
les prêtres égyptiens rayon (a) ou doigt du soleil; lorsque Auguste fit transporter à Rome les deux obélisques d’Héliopolis , qu’il fit dresser l’un dans le grand Cirque et l’autre dans le Champ de Mars , il consacra le dernier au soleil, comme l’indique l’inscription : Cœs. D. F. Augustus Pont. max. Imp. XII. cos. XL Trib. Pot. XV. Ægypto in potestatem populi rom. redact. SOLI DONUM DEDIT. Lorsque Constance fit transporter à Rome le grand obélisque dit de Ramsès que Constantin avait déjà enlevé à Héliopolis et qu’il destinait à l’embellissement de sa nouvelle capitale, cet obélisque, placé dans le grand Cirque à côté de celui qu’Auguste avait déjà fait élever, fut consacré au soleil , l’obélisque d’Auguste étant déjà consacré à la lune. Cassiodore, qui nous apprend cette particularité , ajoute que sur ces obélisques on y trouve des figures chaldaïquesqui marquent les choses sacrées des anciens Egyptiens. Or, comme dans le bas empire on appelait tout caractère astrologique des caractères chaldaïques, et que les choses sacrées des anciens Egyptiens n’étaient autres que les dogmes astrologiques , il s’ensuit que Cassiodore, dont le témoignage a été rebuté par la plupart des savants, se trouve être, selon nous, celui qui a rencontré le plus juste un sujet des obélisques. D’un autre côté, si l’on considère, comme le chevalier Bruce , la projection constante vers le nord des pavés qui entourent les obélisques , la grandeur des carreaux de granit parfaitement uni qui les composent, leur nivellement et leur solidité , on ne peut s’empêcher de reconnaître avec le savant voyageur qu’ils furent destiaés à faire des observations astronomiques. Si l’on mettait à découvert le pavé de Louqsor, on y trouverait des preuves irrécusables de ce fait. Lorsque Ptolémée Evergètes , le protecteur d’Eratosthènes , fit élever l’obélisque d’Axum, il est plus probable que cet obélisque fut destiné à vérifier les calculs d’Eratosthènes, comme le pense le chevalier Bruce, que d’admettre qu’il fut destiné à conserver à la postérité le souvenir de quelque grand événement , puisque cet obélisque est tout uni , sans aucune espèce de lettres ni d’niéroglyphes. De tout cela qu’on me permette dès à présent de conclure que les obélisques sont des monuments astronomiques , comme je le prouverai plus tard en expliquant leur destination, et non pas des monuments destinés à éterniser des faits historiques.
(a) Pline nous dit que le mot obélisque signifie rayon en égyptien. Soit que ce mot vienne du grec o£i\o; ( broche) ou de l’égyptien p’Say ( obliq) obeliq, il ne signifie pas rayon. p>E73y signifie 3y [ poutre), b ( grande ), p’ ( pointe ), grande poutre pointue.
Cette phrase obligée qu’on retrouve sur presque tous les obélisques (1) audessous du pyramidion, et qui est même répétée autant de fois qu’il y a de colonnes hiéroglyphiques sur chaque face de l’obélisque (2), n’est que l’exorde naturel des prédictions astrologiques touchant les événements qui doivent signaler la fin du monde. La fin du monde doit arriver, comme nous l’avons déjà vu, lorsque, par le mouvement du ciel des fixes, le solstice d’été correspondra au zéro du belier; alors le ciel de cristal, où sont attachées les étoiles qui servent à mesurer ce mouvement, sera brisé, et le soleil, survivant seul à la débâcle universelle, triomphera par conséquent du ciel et de la terre dont la vie est déterminée par la grande révolution du ciel des fixes. Ainsi, dire que le soleil triomphe du mouvement rétrograde du ciel des fixes, c’est dire que le soleil triomphe de la vie de la terre, c’est indiquer la fin du monde ; partant de là, on peut traduire la première phrase hiéroglyphique des obélisques par : Le divin soleil et la lumière éternelle triomphant de la vie du monde, en d’autres termes, le monde finissant.
On trouve ordinairement le boeuf et le bras avec quelques autres hiéroglyphes renfermés dans un cartouche particulier aux obélisques, Yépervier et le basilic étant alors posés sur le cartouche. Cette séparation des symboles ne change rien ici au sens de la phrase (3), et les différents hiéroglyphes qui peuvent se trouver
(1) Ces hiéroglyphes ne se trouvent pas sur certains obélisques, tel que celui d’Héliopolis par exemple; cependant ori y trouve toujours Yépervier couronné surmontant d’autres symboles qui reviennent, pour le sens, à ceux dont nous parlons.
(2) L’obélisque de Louqsor, qui est à Paris, ayant sur chacune de ses faces trois colonnes d’hiéroglyphes, chacune de ces colonnes est surmontée des symboles dont il est ici question.
(3) C’est ainsi que le papillon piu ,
symbole de Yâme , reposant sur le cartouche où est écrite la sentence du mort dans le papyrus que tient le scribe céleste (voyez page 98, note 1 ),
sous le boeuf confirment notre traduction. Soit le cartouche qui surmonte la troisième colonne de la face nord de l’obélisque de Louqsor (1).
Le lion
étant le symbole de Yabym recouvrant la terre d’Egypte, c’est-à-dire le symbole du débordement et par suite de Y eau en général, une tête de lion
sera l’abréviation du lion tout entier et exprimera, comme lui, l’idée d’eau en gé-
néral (2). Deux têtes de lion, placées l’une sous l’autre,
se traduit avec les hiéroglyphes qui sont au-dessous, absolument comme s’il était dans le cartouche : âme ténébreuse elle est.
(1) La face de cet obélisque, maintenant dressé sur la place de la Concorde à Paris , est tournée vers l’arc de triomphe de la barrière de l’Etoile.
(2) On donne toujours aux symboles isolés leur valeur hiéroglyphique la plus générale : ainsi lï&is ,
qui est aussi le symbole de Yabym recouvrant la terre d’Egypte, c’est-à-dire du débordement et par
se traduiront par eau , eau, c’est-à-dire eau double. Or nous avons vu (1) que les Egyptiens disaient que l’eau était double lorsque le Nil était à plein bord ou prêt à déborder ; et comme tout ce qui rappelait en Egypte l’idée de plein bord du Nil, rappelait aussi l’idée de solstice d’été, car c’est à ce solstice que le débordement commence, par extension, les deux têtes de lion peuvent exprimer l’idée de solstice d’été.
suite de l’eau en général , signifie eau pris isolément. Pour qu’il puisse signifier débordement , il faut qu’il soit répété trois fois ,
afin de désigner l’eau triple (a), ou qu’il soit placé sur le vase sacré , comme on le trouve devant le premier génie de la balance :
car alors cet ibis exprime l’idée d’eau surmontant le vase , absolument comme le caractère iconographique de l’eau ,
ainsi que nous l’avons déjà vu ( Préface, page xxj ). Un lion placé sur le vase sacré
exprime aussi l’idée de débordement; mais de même que le taureau , ['aigle, le lion, etc., symboles de l’eau infinie dans laquelle les Egyptiens supposaient le monde plongé, ont une nuance symbolique qui diffère dans l’écriture sacrée (b), de même le lion, quadrupède fort et courageux, sera l’expressiou d’un fort débordement , tandis que Yibis, oiseau faible et timide, sera au contraire celui d’un faible débordement ; le débordement ordinaire étant figuré par le caractère iconographique de l’eau ; bien entendu lorsque ces symboles seront placés sur le vase.
(1) Préface, page xxij.
(а) Voyez Préface, page xxij et suiv.
(б) Voyez note petit-texte de la page 30.
Le sceptre
est le symbole de la puissance et par suite de la royauté.
Le CHACAL
est le symbole des ténèbres (1). Une tête de chacal
sera l’abréviation du précédent hiéroglyphe. Un sceptre à tête de chacal
sera par conséquent l’expression symbolique de la royauté des ténèbres ou du règne des ténèbres. Or, le règne des ténèbres ayant commencé en même temps que celui de l 'homme, c’est-à-dire lorsque le solstice d’été correspondit au zéro de la balance (2), et devant finir lorsque ce même solstice correspondra au zéro du belier; le cartouche de l’obélisque de Louqsor se traduira par : Le divin soleil et la lumière éternelle surmontant le mouvement du ciel des fixes, qui lui-même surmonte le débordement et le règne des ténèbres en d’autres termes : Le
(1) Voyez Chacal.
(2) La vie du monde se divisant en deux règnes , celui de Dieu et celui de Vhomme , le règne de Dieu était dit le règne de la lumière , du bien, d’Yezàd , ou d’Ormùzd chez les Perses , et le règne de l’homme , par opposition à celui de Dieu, était dit le règne des ténèbres, du mal, ou d’Ahrîman; et c’est à partir de la balance que les ténèbres pénétrèrent dans le monde , selon le Gjâvidân Chrâd , c’est-à-dire le livre de ia sagesse éternelle attribué à Zoroastre.
divin soleil et la lumière éternelle triomphant de la vie du monde et du règne des ténèbres au solstice d’été. suivent ensuite les prédictions apocalyptiques des as-
trologues de la Thébaïde.
Quelque difficulté qu’offre la traduction des hiéroglyphes qu’on retrouve sur les grands monuments , tels que les obélisques, lorsqu’on n’est pas familiarisé avec les expressions astrologiques des Egyptiens; j’ai cru néanmoins devoir traduire un cartouche de l’obélisque de Louqsor, où se trouve le boeuf, symbole du travail, pour faire comprendre plus tard l’erreur astrologique à laquelle est due l’origine du mithraïsme, religion qui précéda de 2160 ans le christianisme, qui, d’ailleurs, n’est lui-même que le mithraïsme corrigé par l’école d’Alexandrie.