DES
HIEROGLYPHES.
ANE et ANESSE.
L’ane en liberté tourne toujours le derrière au vent; cette remarque que firent les Egyptiens (1) lui valut primitivement l’honneur d’en être le symbole.
(i) Cette remarquer fut faite non-seulement par les Egyptieps, mais encore par tous les peuples de l’antiquité. De nos jours , les paysans espagnols de la province d’Alcarria , qui vannent leur blé pendant la nuit , lâchent un ane et remarquent comment il se place pour paître. Cet ane est pour eux une girouette vivante qui leur indique à coup sûr l’endroit d’où vient le vent , quelque faible qu’il soit d’ailleurs. Je dois ces renseignements à Don J. Lopez , de l’académie de Madrid , professeur de littérature espagnole à Bordeaux.
Son nom onomatopique est hia (1) et ses principaux noms mystiques sont az ou as (2) et bor (3).
L’ane, symbole du vent, devint aussi le symbole du souffle ( spiritus J , de la respiration , et enfin de la vie.
L’anesse, plus sensible encore que Fane à l’impression de Y air (4), devint prin-
(1) La consonne L remplaçant dans l’écriture démotique I long , représenté par hi , hia , se transforme en la, ou lah , ou las; c’est la racine du verbe égyptien hn1 2? (lah), être tardif, paresseux, et celle de notre adjectif las , être las, fatigué.
(2) La racine az ou as se retrouve dans le mot gascon aze, qui signifie encore un âne. Dans le mot âne lui-même, qu’on écrivait primitivement asne, dans le latin asinus et agaso (a), dans l’égyptien pu (azn) azen, qui signifia primitivement ânon, et auquel par extension on a fait signifier oreilles; l’âne étant un animal possesseur de longues oreilles, le mot az lui-même finit par signifier oreilles et servit chez les Celtes à dénommer l’animal qui en possède de longues, comme l’âne, c’est-à-dire le lièvre, qu’on appelle encore hase en allemand.
(o) La racine bor se retrouve dans Borée (vent du nord) , en grec B opta.; , ainsi que dans l’égyptien lya (bor) , qui , signifiant ane , finit par signifier stupide. La racine bor se retrouve encore dans âortrrasque ( coup de vent ) ; bourrique ( femelle de l’âne ) , qu’on devrait écrire bourique ; dans l’adjectif boursouflé, etc. , etc.
(il) Les chevaux partagent aussi la manie de 1’ ane, mais surtout les juments lorsqu’elles sont en chaleur. Les bergers qui remarquèrent ce phénomène, et qui ne prenaient pas toujours la nature sur le fait, s’imaginèrent, lorsqu’ils voyaient arriver le produit de la liberté et de l’amour, que c’était le vent qui avait fécondé leurs cavales; de là ces chevaux, fils du Zéphyr, dont la vigueur et la légèreté semblaient confirmer cette noble origine (b). On remarque encore dans l’espèce humaine que les enfants de l’Amour
(a) Agaso, dans l’ancienne latinité, répond à asinarius (ânier). Ce nom, décomposé par la langue sacrée, signifie ag, maître, as, âne, le maître de l’âne. Ag, signifiant maître, signifie aussi bélier; aussi retrouve-t-on cette racine dans aÿnus , «</neau , qui signifie petit bélier ou enfant du bélier.
(b) Virgile, dans ses Géorgiques ( liv. ni ), nous parle de ces amours fabuleux, mais d'une manière plus poétique qu’exacte :
Continuoque avidis ubi subdita flamma medullis ( Vere mugis, quia vere calor redit ossibus ), Mae Ore omnes versœ in zephyrum, stant rupibus altis.
Exceptantque levés auras ; et sœpe sine ullis Conjugiis vento gravidœ ( mirabile dictu )
Saxa per et scopulos et depressas convalles Diffugiunt ; non, Eure, tuos, neque solis ad or tus ;
In Boream, Caurumque ; aut unde nigerrimus Auster Nascitur, et pluvio contristât frigore cœlum.
cipalement le symbole du vent. Du reste, comme Y air ou le vent, qui n’est autre chose que Y air agité, se trouve du genre féminin en égyptien et en langue sacrée, I’anesse dut être préférée à I’ane pour en être l’expression hiéroglyphique. Il faut bien se garder de confondre dans les textes sacrés I’anesse avec Fane, car I’anesse se traduit toujours par vent, et Fane se traduit par vie. Au reste, il est très-facile de distinguer ce dernier par le phallus , toujours très-prononcé, qu’on lui donne dans les textes symboliques.
Dès à présent nous pouvons comprendre l’inscription hiéroglyphique d’une urne de la Villa-Alhani, sur laquelle se trouve un ane et une clochette ; Fane étant le symbole de la vie, la clochette étant le symbole du souvenir, de ce qui rappelle , cette inscription signifie souvenir de la vie, et cette traduction se trouve confirmée par l’inscription grecque qui est au-dessous :
Z Q H 2 AN AMNH2 12.
Avec la connaissance de la valeur symbolique de Fane on peut expliquer Y âne de Naupli et les fameuses armes de Bourges (1). On peut aussi comprendre
sont généralement forts et spirituels , tandis que les résultats d’un mariage de raison sont presque toujours rachitiques et bornés. Nos pères appelèrent bastards les enfants de l’amour illégitime , mot qui , décomposé par les racines de la langue sacrée, signifie bas -enfant, t -vie , ard -fort , enfant d'une forte vie , enfant vigoureux. La qualification de bastard n’était pas autrefois une injure : on appelait le beau Dunois M. le Bastard (a).
(1) Tout le monde a entendu parler des anciennes et célèbres armes de la ville de Bourges, lesquelles étaient un âne assis dans un fauteuil. En voici l’origine : la ville de Bourges , entourée de toute part par des rivières et des marais , n’était accessible que du costé où elle estait battue du vent de sudwest , dit la Chronique; aussi, pour rendre cette ville inexpugnable , Philippe-Auguste ordonna-t-il, en 1190, de fortifier cet endroit qui estait auparavant de très- facile accès ; on flanqua cette partie de la ville de puissantes murailles, munies de gros et de puissants remparts, descouvrant de cette partie bien avant dans le pays, et on mit de côté une grosse et haute tour (la tour de Berry) dont on peut descouvrir jusqu’à quatre lieues. Fortifiés de la sorte, MM. les habitants de Bourges n’eurent plus à craindre de surprise, et voulant symboliser leur sécurité , ils assirent un ane, emblème de la vie , dans un fauteuil, emblème du repos.
(a) Beau ou mieux bel , dans le moyen âge, devait répondre à vigoureux et non pas à jeune : aussi bel dans cette circonstance doit dériver du nom onomatopique du bélier, et devrait s’écrire bêl ; c’est ce qu’on pourrait inférer des portraits du beau Dunois, qui ne le représentent point comme un Adonis.
la valeur allégorique des figures gravées sur un vase égyptien que Caylus a placé au rang des antiquités étrusques (1) et dont voici le développement:
L’ane qui accompagne le suppliant est le symbole de la vie. Ce même suppliant présente le pain salé, symbole de la vie terrestre (2), à un homme à tête de crocodile, ayant un glaive en guise de phallus, symbole de la mort, et derrière lequel est un tronc d’arbre desséché, symbole de la mort terrestre. Cette allégorie représente la vie sacrifiant à la mort ou victime de la mort, et équivaut à cette sentence banale des Trappistes : Il faut mourir, mon frère !
Les savants s’accordent à nous dire que I’ane était un animal immonde chez les
(1) Caylus, tome 1er, Antiquités étrusques, planche xxix.
(2) Le pain qui nourrit l’homme est aussi un des symboles de la vie ; c’est pour cela que les boulangers romains plaçaient sur un âne les pains qu’ils venaient offrir tous les ans à leur patronne Vesta (déesse du feu) (a). Les Egyptiens mettaient l’empreinte d’un âne lié (b) ou celle d’une croix sur les pains propitiatoires , symboles de la vie éternelle , lesquels étaient sans levain (germe de corruption) et sans sel marin (écume de Typhon) ni sel gemme (symbole des misères de cette terre) (c). Ces pains étaient l’unique nourriture des initiés lorsque le soleil se trouvait dans la constellation du Bélier (voyez Bélier).
(а) Ovide, Fastes, liv. vi , vers 311 et suiv.
(б) Plutarque, Traité d’Isis et d'Osiris. L'âne lié était le symbole du sacrifice de la vie de ce monde, qui conduit à la vie éternelle.
(c) Les Egyptiens regardaient la mer avec horreur, car c’est elle qui tue ou, pour mieux dire, qui engloutit à l’équinoxe d’automne Osiris ou l’écoulement d Osiris, c’est-à-dire le débordement ou l’eau sacrée : aussi les Egyptiens appelaient-ils la mer Typhon, nom qu’ils donnaient en général à tout ce qui était pernicieux. Le sel était appelé l’écume de Typhon, et quiconque aurait goûté du sel marin était considéré comme impur; le sel qu’on employait en Egypte était le sel gemme, et encore les initiés ne s’en servaient-ils que par pénitence. Dans l’initiation aux mystères d’Isis on nourrissait avec du pain très-salé le récipiendaire pendant les épreuves préparatoires, et ce pain était le symbole de la vie terrestre, qui est remplie d’amertume. A la naissance d’un enfant mâle, le père lui mettait un grain de sel dans la bouche en lui disant : On ne naît que pour souffrir. Par extension le sel gemme, symbole des misères de ee monde, devint celui de la sagesse qui aide à les supporter; de là cette expression antique : un homme salé, pour dire un homme prudent , sage, avisé, qualités résultant de l’expérience et du malheur.
Egyptiens (1); c'est une erreur grossière. L’ane, symbole de la vie. devint même quelquefois la représentation matérielle de celui qui la donne, de Dieu (2). Les Hébreux, race arabe civilisée par un prêtre d’Héliopolis, conservaient dans le sanctuaire de Jérusalem les mystères qu’ils avaient empruntés aux Egyptiens (3),
(1) La plupart des animaux qu’on prétend avoir été considérés comme immondes par les Egyptiens étaient précisément des animaux vénérés : tel était, par exemple, le porc, symbole de l’agriculture ( voyez Porc ).
(2) Az ou As, qui signifie ane et vie, finit par signifier Dieu. C’est ainsi qu’il faut traduire cette racine lorsqu’il s’agit des douze azes ou douze grands dieux Scandinaves dont Odin était le chef, ainsi que des azones égyptiens ptN (azun), qui étaient Sérapis, Bacchus, et Osiris, selon Psellus, et qui, selon moi, sont Iaho, Isis, et Osiris. Le mot azone ne vient pas de « privatif et de Çwvïj, zone, contrée, région, comme on l’a prétendu; il vient de l’égyptien azun, qui signifie Dieu, principe, I’Etre Suprême ( intelligence universelle) , qui, existant de toute éternité dans I’abym (chaos des Grecs) , était représenté chez les Egyptiens par un être fantastique , le jumart (a). Lorsqu’on trouve dans les textes généthliaques ce jumart couché, comme les dieux d’Epicure, sur le symbole de Yabym figuré par trois caractères iconographiques de l’eau ,
on doit toujours le traduire par ü'rhn (alhim). C’est V esprit ou le souffle de Dieu qui se mouvait sur les eaux avant la création, selon la Genèse de Thout. Ce jumart était appelé d>tn (azim) par les Egyptiens, ce qui signifie Dieu des eaux ou de l’abym. Aussi le Pentateuque des Samaritains commencait-il ainsi : In principio Azima creavit cœlum et terram.
Az et As, signifiant Dieu, se retrouve en français dans le mot hazard (haz -Dieu, ard -fort), le Dieu fort, inflexible, le destin ; dans le mot astre ( As-Dieu , tre , inversion celtique pour ter , trois fois). Dieu puissant. Les astres étaient considérés comme des divinités sous le règne de l’astrologie , etc. , etc.
(5) Eiffi yàp t« twv Eêjoaîwv puer ripix o'poiwTa zk r otç pvarjjjOtotj rwv Atyoïmcov.
Les mystères hébraïques sont en tout semblables aux mystères égyptiens, nous dit Clément d’Alexandrie dans les Stromates, liv. vi.
(a) Le jumart est un animal qu’on prétendait naître de l’accouplement d’un taureau, symbole de Veau, et d’une ànesse, symbole du vent; il était sans cornes, mais son ongle était fendu. Malgré tout ce qu’en a dit Cardan, je pense que le taureau et l’ànesse sont des animaux d’espèce trop différente pour qu’ils puissent engendrer ensemble; et jusqu’à ce qu’on me fasse voir un jumart, je le considérerai comme un être mystique, de même que la licorne et le satyre, quoique pour l’existence'de ce dernier nous ayons l’autorité de S. Augustin et même le témoignage des Parisiens, qui virent dans une foire l’homme à cornes de bélier que le Maréchal de Beaumanoir avait trouvé, en 1599, dans la forêt du Maine, et dont, avant la grande révolution, on lisait encore l’épitaphe gaillarde dans le cimetière de la paroisse de Saint-Corne.
et dans ce sanctuaire Dieü était représenté sous la forme d’un ane (1). Tacite présume que cette vénération pour I’ane venait de ce que cet animal avait fait découvrir une source d’eau aux juifs pendant qu’ils étaient errants dans le désert. Plutarque partage à cet égard l’opinion de Tacite (2), mais comme l’Exode nous apprend (3) que ce fut Dieu lui-même qui enseigna à Moïse le moyen de faire jaillir l’eau du rocher, et qu’il. n’y est nullement question cTane, il s’ensuit que pour accorder Tacite, Plutarque, et l’Exode, il faut reconnaître qu’au mépris du quatrième article de la Loi (4), dans le sanctuaire du temple de Jérusalem les Cohens adoraient, sous la forme d’un ane, le Dieu fort et jaloux, qui punit V iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et quatrième génération.
L’ane, symbole de la divinité dans les sanctuaires de Thèbes et de Jérusalem, portait le nom d’ÀLHiBOROuN (5). Le rédempteur, I’Iesou primitif \ fils d’ Alhiboroun , était aussi appelé Azan (6) dans les mystères.
(1) Effigiem animalis (asini), quo monstrante , errorem sitimque depulerant, pénétrait sacr avéré.
( Taciti historiarum lib. v.)
(2) Plutarque, Propos de table, liv. iv, 5e question.
(3) Chap. xvn, vers. S et 6.
(4) Exode , chap. xx , vers. 4.
(5) ■j'nya’n'jN (alhiborun) , décomposé par les racines de la langue sacrée , signifie XL-grand, hi -Dieu , von-souffle, un -principe, le Dieu puissant, principe de la vie ; d’ alhiboroun on a fini par faire Aliboron, qui est maintenant un des noms grotesques de I’ane (a). La racine p (un), qui signifie principe, peut aussi signifier Dieu, comme étant le principe de tout; c’est pour cela que l’unité (un) était le symbole de la divinité chez Pythagore. La figure du chiffre 1 dérive , comme celle de l’I , de la représentation matérielle de Dieu, c’est-à-dire du menhir celtique. L’ane, symbole de Dieu, donna son nom à l’unité, qui en était aussi le symbole : les Latins appelaient asinus et les Grecs ovoç, le coup de dé qui n’amenait que l’unité, ou ce que nous appelons Pas (as -âne et Dieu).
(6) Azan, décomposé par la langue sacrée, signifie az -Dieu, an -fils, fils de Dieu. Les Arcadiens, qui
(a) Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient :
L’un voulait le garder , l’autre voulait le vendre.
Tandis que coups de poing trottaient.
Et que nos champions songeaient à se défendre ,
Arrive un troisième larron ,
Qui saisit maître Aliboron.
La Fontaine.
L’âne , symbole de la vie, accompagne toujours Priape, dieu de la génération : c’était la victime la plus agréable qu’on pouvait lui offrir (1). Les Hyperboréens, si nous en croyons Pindare, immolaient des hécatombes d’ANE à la divinité suprême, et du culte de I’ane, considéré comme symbole de Dieu, doit dériver la fête des anes qu’on célébrait encore au commencement du treizième siècle (2).
L’ane, symbole de la vie, revenant à chaque instant dans l’écriture hiéroglyphique, les scribes durent nécessairement aviser au moyen d’abréger ce symbole très-compliqué, et pour cela ils convinrent de peindre seulement, pour exprimer l’idée de vie, un des caractères distinctifs de Fane, qui sont le phallus (3)
avaient emprunté ce nom aux Egyptiens , le faisaient fils d ’ Areas; ce fut le premier en l’honneur duquel on célébra annuellement des fêtes funèbres, selon Pausanias. Les Arcadiens avaient une telle vénération pour Pane qu’ils en améliorèrent l’espèce : aussi les roussins d’Arcadie sont-ils encore en réputation.
(1) On immolait généralement aux différentes divinités leurs propres symboles; c’est ainsi que le taureau , symbole de Veau, était immolé à Neptune; le bélier, symbole du chef, à Jupiter; le porc, symbole de l’ agriculture , à Cérès; et l’âne, symbole de la vie, à Priape. On immolait aussi Y âne à Mars, dieu de la guerre, dans le même sens mystique que l’allégorie égyptienne dont j’ai déjà parlé.
(2) Il faut rechercher l’origine de la fête des ânes dans le culte primitif, et non dans le christianisme ; car s’il s’était agi de l’âne attaché à la crèche de Bethléem , on aurait aussi célébré la fête du bœuf, son compagnon. Il en est de même de la fête des fous, qui prend son origine dans les fêtes de Romulus Quirinus (Ovide , Fastes, liv. ti). Dans l’hymne qu’on chantait en l’honneur de l’âne recouvert d’une chape en guise de housse , et dont le refrain était : Hé , sire âne , hé ! il paraîtrait plutôt qu’il s’agissait de Dieu que de Y âne de Bethléem ou de l’dnesse de Jérusalem.
(5) L’ane est de tous les quadrupèdes celui qui a reçu de la nature le phallus le plus long et le plus gros proportionnellement à sa taille. Le phallus d’ANE , symbole de la vie , sert de caractère distinctif à Priape, dieu de la génération. Osiris, c’est-à-dire Yabym, Veau du débordement qui féconde l’Egypte, était aussi personnifié par un homme à phallus d’ANE en érection.
La statue de ce même Osiris qu’on promenait dans les fêtes des Pamulies (a) était distinguée par un
(a) Les Pamulies étaient les rogations qu’on faisait au solstice d’été pour obtenir un débordement heureux , c’est-àdire ni trop fort ni trop faible.
et la croix (1) ;
phallus d’une longueur triple à celle du phallus ordinaire : Tùv §s tüv TzxpvlUôv éoprùv ayovreç , Samp upnzoa ,
çpa^Xixèv où< üyoàpLK npoTidsvzca v.al nepiyspovaiv où z'o àt'Sotov zpntoCkùaiôv iaziv àpyjn yùp o 0£Ôj, àpyn §è i:â.acf.
tm yovipw 7roXX«7rX«<7taÇet r oSè txùrvg , nous dit Plutarque dans son Traité d'Isis et d’Osiris. Les statues d’Osiris étaient, ainsi que celles de Priape, en bois de figuier, car cet arbre était consacré à Yabym; aussi était-il appelé i’ arbre d’Osiris, d'Vdïjd (cnusiris) , cenusiris, prononcez kenousiris ou kewysiris (a). Plutarque prend le kenousiris, qu’il écrit yevompig, pour le lierre; il se trompe : c’était le figuier l’arbre primitif, selon les Egyptiens, celui dont le fruit servit de première nourriture à l’homme, et que les Grecs, les Latins, et les Celtes, ont pris ensuite pour le chêne. Le fruit du figuier ayant la propriété, selon les papyrus médicaux, de fortifier l’homme, de là vint que les athlètes en firent leur principale nourriture.
Du phallus, symbole de la vie, dérive, comme je l’ai démontré dans la Préface (page xliv), la lettre B de l’écriture hiératique , qui sert à exprimer hiéroglyphiquement l’idée du verbe être. Cette lettre , appelée par les Egyptiens n’3 (vit) et par les Grecs /3st« (vita), noms qu’on a fini par prononcer beth et bêta , se trouve rendue dans les textes hiéroglyphiques purs par sa figure première , qui est I’ane. De la prononciation vicieuse beth et bêta découle l’étymologie de bête, qui, dans notre langue, exprime l’idée de tout animal qui n’a pour lui que la vie et qui ne possède pas l 'intelligence (b); par suite bête est devenu un adjectif équivalent à stupide.
(1) L’ane a deux bandes noires qui se croisent sur le garrot; l’une suit la colonne vertébrale dans toute son étendue , et l’autre passe par-dessus les épaules. II ne faut pas croire avec les bonnes âmes que Pane ait une croix noire sur le dos à cause de l’ânesse de Bethphagé qui porta Jésus-Christ à Jérusalem , comme on nous l’assure dans la fleur de la vie des Saints ; les ânes d’aujourd’hui sont ce qu’ils étaient du temps de Sésostris , et cette croix , qui est un des caractères distinctifs de Pane , servit dans l’abréviation des symboles à rendre l’idée de vie absolument comme le phallus.
Les longues oreilles de Pane auraient pu passer aussi pour un de ses caractères distinctifs, mais comme le lièvre , symbole de Vouie dans les hiéroglyphes , possède des oreilles bien plus longues que Pane , eu égard à sa taille, Y oreille, qui est aussi le symbole de Youie , se trouve être l’abréviation hiéroglyphique
(a) Le nom d ’Osiris en égyptien est D'VDl (üsiris), l’I (u), étant prononcé ou , on disait Ousiris, d’où les Grecs ont fait Onpts. Mais comme la cinquième voyelle 1 (u), qui dans la numération égyptienne vaut 5, était le symbole de tout ce qui est, de la Nature, et de Dieu, comme le proclamaient les prêtres égyptiens et leur disciple Pythagore (voyez Plutarque sur i’Ei du temple de Delphes), 1 (u) et ’ (i) furent synonymes, cette dernière voyelle signifiant Dieu qui est aussi tout ce qui tst. Aussi les prêtres égyptiens, quoiqu’ils écrivissent Usiris , prononçaient Isiris ou Hysiris , comme l’avait très-bien remarqué Hellanicus. (Voyez Plutarque, Traité d’Isis et d’Osiris ).
(b) L’homme étant le seul animal qui possédât Y intelligence.
quelquefois même on réunissait les deux abréviations hiéroglyphiques pour exprimer l’idée unique de vie :
c’est ainsi qu’est figurée la croix pectorale d’un Canobe, dont Kircher nous a donné le dessin (1).
Par abréviation , cette même croix phallique se trouve ainsi rendue
sur les jetons astrologiques et sur les obélisques des premiers âges (2).
L’axe étant par extension le symbole de la divinité, qui est le principe de la vie, le phallus et la croix, abréviations de ce même ane, devinrent aussi le
du lièvre. Horus-Apollon (a), qui n’y regardait pas de fort près, prend Y oreille de lièvre pour une]oreille de taureau (b) , et M. Champollion , qui adopte sans examen tout ce que dit Horus-Apollon lorsqu’il ne contrarie pas son système , a eu l’attention de citer textuellement la bévue de cet ancien (c).
(1) Kircher, OEdip. Ægypt. , tome m, page h 3A.
(2) Parmi les obélisques des premiers âges , l’obélisque d’ Alexandrie doit être considéré comme le plus ancien. Cet obélisque fut probablement enlevé à la Haute-Egypte par les Ptolémées pour embellir la ville d’Alexandre. Il est à déplorer que ces monuments astronomiques , qui ne peuvent avoir de valeur que placés comme ils le furent par les astrologues , et qui auraient pu donner la solution d’un problème de la plus haute importance pour l’astronomie, aient été déplacés pour servir à l’embellissement des places publiques de certaines capitales où ils figurent grotesquement sur un piédestal corinthien. On se moque aujourd’hui de l’ignorance des Romains qui prirent le cadran solaire de Catane pour s’en servir , sans faire attention qu’il ne pouvait pas convenir à la latitude de Rome; mais que dirait-on d’eux s’ils n’avaient emporté que la moitié du cadran?
(a) Horus-Apollon, soit qu’on désigne par ce nom un auteur ou, ce qui est plus probable, un dictionnaire hiéroglyphique grec, n’est pas infaillible. Je n’hésiterai pas à le combattre toutes les fois que ses assertions contrarieront et l’esprit qui a dû diriger les Egyptiens dans la composition des hiéroglyphes , et les monuments qui nous conservent encore cette écriture mystérieuse.
(b) Horus-Apollon , liv. 1er, hiéroglyphe xliv.
(c) Grammaire égyptienne , page 388.
symbole de Dieu; mais dans cette acception le fhallus est représenté vertical (1)
et la croix surmontée de Y aspic se mordant la queue,
aspic qui se trouve ici symbole de Yimmortalité (2).
La croix étant le symbole de la vie, ainsi que la phallus, on s’explique la présence de l’un et de l’autre dans les tombeaux, en les considérant comme symboles
(i)'Les phallus verticaux qu’on dressait sur le parvis des temples de Syrie , parmi lesquels on en trouvait ayant jusqu’à trois cents brasses de hauteur, comme nous l’apprend Lucien (a) , sont l’expression réunie du phallus, symbole de la génération ou de la vie, et du menhir, symbole du Très-JIaut, de Dieu. On en plaçait deux côté à côté pour désigner les deux principes qui constituent la divinité toute entière dans le culte primitif.
(1) Voyez Aspic. Cette dernière croix , symbole de la vie éternelle, sert à reconnaître les statues et les figures sacrées des Egyptiens ; c’est ce qu’on appelle le to ou tau ansé. Sérapis , qui n’est autre que l’élément du feu éternel qui doit régénérer le monde, portait le tau ansé sur sa poitrine. Des initiés expliquèrent exactement ce symbole à Théodose lorsqu’il fit la purification du temple de Sérapis pour le convertir en église chrétienne (b). Cette croix portait chez les Egyptiens le nom de L7NUoy (omnual) omenual, ce qui veut dire omen -présage (c), ual -grand, le grandsigne ; car c’était le tau ansé qui devait apparaître dans les airs, à la fin du monde, lorsque Ylesou primitif viendrait juger les vivants et les morts. Les Hébraïsants lisent ce nom, au moyen de leurs points massorettes, Himmanouel dont on a fait Emmanuel , nom sous lequel Isaïe a signalé le rédempteur (ci). Omenual était le mot de passe des initiés égyptiens. Que cherches-tu? demandait le Qerber à l’initié qui voulait entrer dans le sanctuaire: La lumière ! répondait-il. — Que désire l’homme pur ? — Omenual (le grand signe, symbole de la vie éternelle ) . — Passe !!!
(a) Traité de la déesse de Syrie.
(b) Voir Socrate, liv. 5, chap. 17. Sozoméne, liv- 7, chap. 15, Suidas in Theodosio , Nicéphore Calystus , lir. 12, chap. 26, confirment tous la -valeur hiéroglyphique du tau ansé, et Rhodigiorus, liv- 10, chap. 8, nous apprend que cette croix était gravée sur la poitrine de Sérapis.
(c) En latin omen signifie aussi présage , pronostic, signe de ce qui doit arriver.
( d ) Isaïe, chap. vu, vers. 14. S. Mathieu, dans son Evangile, chap. 1, vers. 23, traduit Emmanuel par Dieu avec
nous.
de résurrection (1). Leur présence indique d’une manière positive que la tombe où ils se trouvent est celle d’un initié à des mystères d’origine égyptienne , tels que ceux d’OuiES (à Eleusis), d’HiÉsus ou Hésus (dans la Celtique), et de Iesou ou Jésus (dans l’Orient).
L’anesse , symbole du vent dans l’écriture hiéroglyphique, comme nous l’avons déjà vu, est toujours figurée libre, soit debout, soit accroupie. Debout, on la représente les oreilles baissées, faisant la grimace au vent (2);
accroupie, on la représente les oreilles droites et la queue relevée, dans une position enfin qui détermine d’une manière toute particulière sa valeur symbolique (3).
Les Egyptiens appelaient Typhon (4) tous les fléaux en général qui désolaient
(1) Tout ce qu’on retrouve dans les tombeaux antiques est un symbole de vie et par conséquent de résurrection. Veau lustrale , contenue dans les prétendus lacrymatoires , étant le principe et la génération comme l’eau de Yabym , fut aussi considérée comme symbole de la vie , aipsî que les phallus, les bras phalliques, les croix, les graines de trèfle, d'héliotrope , et de bluet, comme aussi les statuettes de Téthys tenant dans ses bras le soleil et la lune sous la figure de deux enfants à la mamelle , et enfin la figure de la lune elle-même représentée sous la forme d’une femme nue écartant les cheveux , symboles des ténèbres, qui cachent son visage , symbole de son disque ; et quant à la femme tenant dans ses bras un agneau qu’on a retrouvé dans les tombes gallo-romaines , voyez Ibis.
(2) « L’ane prend quelquefois une figure hideuse en relevant les lèvres et en mettant les dents à dé- « couvert, ce qui lui arrive toutes les fois que quelque chose le blesse dans son harnois, et bien d’autres « fois sans qu’on puisse deviner ce qui le détermine à faire cette figure que l’on donne pour le symbole « de l’ironie » ( Encyclopédie, au mot Ane. ). Ce qui détermine I’ane , et surtout I’anesse , à faire cette grimace , c’est précisément le vent lorsqu’on les force à lui tenir tête, ce qui ne leur convient pas plus que d’être mal bâtés.
(B) L’âne et sa femelle sont les plus venteux de tous les animaux.
(4) En langue sacrée le nom de Typhon est Fû ou Fût , prononcez fou et fout. Dans les notes de la Préface (a) j’ai dit que le chant de la cigale fut le motif qui fit consacrer cet insecte à la divinité. Le
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leur pays; et comme parmi tous ces fléaux , les plus terribles sont les vents périodiques du sud et de l 'ouest, qui apportent, pendant les mois d’avril et d’août, des
chat , dont tous les miaulements sont aussi les noms purs de la divinité en langue sacrée , devint le symbole de cette langue (a), et fut considéré comme un être privilégié et même comme un être divin. Le nom de la Nature étant Ieaou en langue primitive , ce nom signifie tout ce qui est , absolument comme celui de Ieoua, ainsi que tout nom composé de cinq voyelles (b). Si au nom de Ieaou on ajoute la consonne m, qui peint l’idée relative de force, nous aurons mieaou (la forte nature), nom qu’il faut prononcer simplement miaou , absolument comme les chats; c’est pour cela que dans la principale inscription de la table isiaque , où ce nom se trouve inscrit, la voyelle e n’est pas mise à son rang , on l’a placée au-dessus de Ta entre parenthèses (c) : c’est ainsi qu’on s’explique la vénération des Egyptiens pour les chats. Dans toutes les maisons il s’en trouvait un qui faisait l’office de chapelain; c’était le pénale vénéré de toute la famille , la place d’honneur lui était réservée au foyer domestique, et à sa mort on lui faisait de pompeuses funérailles ; les chats étaient pour les initiés de véritables professeurs de langue sacrée, du moins quant à la prononciation. Paris possède dans son musée égyptien la momie de Sothi le chat ; et voici l’explication de ce surnom, telle que je l’ai traduite de l’écriture sacerdotale : A lui fut le sublime honneur de prononcer exactement le nom sacré de la puissante Nature (lequel est mieaou), c’est ce qui lui valut le surnom glorieux de chat; il était employé comme saint dans les conjurations de la disette (d). Lorsque le chat est poursuivi et acculé, il se retourne furieux pour lancer cet anathème Fû ou Fut ! qui en langue sacrée signifie mauvais principe ou Typhon; lorsque nous voulons chasser le chat, nous lui disons
(a) La loi étant écrite en langue sacrée, les jurisconsultes égyptiens, qui devaient approfondir cette langue plus que tout autre initié, portaient comme signe de distinction un sceptre sur lequel était figuré un chat ou une tétedec/iaf. La religion chrétienne renouvelée des Egyptiens nous représente S. Yves, curé et avocat breton, mort en 1303 selon la légende, toujours accompagné d’un chat. A propos de ce quadrupède intéressant, Henri Etienne ( apologie pour Hérodote, tomel) a fort bien remarqué que le chat est le symbole des gens de justice : aussi S. Yves est-il le patron des chats et des avocats, comme S. Hubert celui des chiens et des chasseurs. La belle Freya des Scandinaves, déesse de la poésie et de Y amour , avait un char traîné par deux chats.
( b ) Les noms composés des cinq voyelles signifiant tout ce qui est, quel que soit d’ailleurs leur ordre, expriment l’idée de Dieu , qui est tout ce qui est. Voilà pourquoi les hymnes égyptiens , qui consistaient dans l’énonciation des différents noms de la divinité, se composaient du son des voyelles prononcées de suite. Démétrius de Phalère (de elocutione) nous donne à entendre que ces voyelles étaient au nombre de sept, il se trompe: les Egyptiens n’en reconnaissaient que cinq. Les Grecs, qui avaient deux voyelles longues H et fl , employèrent leurs sept voyelles lorsqu’ils voulurent imiter les Egyptiens dans la composition des noms mystiques de Dieu : c’est ainsi qu’on les a retrouvés à Milet, àPathmos, à Laodicée, sur la plaque d’un tombeau à Versay, et enfin tels qu’on les retrouve encore sur quantité d’abraxas et même de jetons astrologiques.
(c) Dans la première partie de mon Etude de la langue sacrée je ferai lire cette inscription.
(d) Les conjurations de la disette ne sont autre chose que les Pamulies dont nous avons déjà parlé : c’étaient des rogations dans lesquelles un coryphée, comme devait être Sothi, invoquait en langue mystique la Nature et les éléments pour obtenir uu heureux débordement. Ces rogations avaient lieu au solstice d’èlé, et comme on pensait que la divinité et les éléments ne pouvaient être exorables que lorsqu’ils étaient invoqués par leur nom véritable , et le chat seul possédant la faculté de prononcer exactement ces différents noms, on conçoit de quelle importance devait être, en Egypte, un homme qui miaulait dans la perfection , comme feu M. Sothi dont nous avons l’avantage de posséder les reliques.
émanations putrides et des chaleurs étouffantes qui occasionnent une grande mortalité (1), ces yents furent appelés par excellence Typhon , nom que nous donnons encore à certains ouragans.
encore en langue sacrée , qu’il comprend parfaitement : Fût ! et il s’en va. Lorsque les Egyptiens étaient anathématisés par un chat, ils allaient dévotement se purifier; lorsqu’une fille avait été traitée de Fox par un chat , qu’on considérait comme un prophète , il était rare qu’elle trouvât à se marier ( a ), car dans cette circonstance Fut se traduit par coquine. Les prêtres, qui avaient en horreur les filles de mauvaise vie , les appelaient Fut-en (mauvais principe fille) , fille du mauvais principe, filles de mauvaises mœurs ; mais comme le s (F) égyptien a été souvent rendu par la consonne P dans beaucoup de langues (il n’y a point de lettre correspondante à notre P en égyptien), de Fut-en on a fait Put-en, d’où Putain, qualification qui a toujours été prise en mauvaise part : les prostituées égyptiennes se donnaient le nom de ttubs (flgsh) felges (6) , qui veut dire danseuses, d’où les Grecs ont tiré leur verbe yetyiv w, je folâtre ; c’est ainsi que , par décence , on appelle les prostituées des filles de joie. De la racine Fu , prononcée Fou, dérive notre mot fou, qui correspond à féroce, méchant , scélérat, et qu’il nefautpas confondre avec Fol, qui désigne un aliéné (c). C’est aussi la racine première d’un animal puant, de la fouine, de l’instrument qui sert à châtier , du fouet , enfin de notre imprécation foutre ( d !). De Fut dérive le verbe latin futo, qui se traduit par réfuter. Le s (F) des Egyptiens étant considéré comme correspondant à notre lettre P, la racine Fuse change en Pu, d’où Pus, humeur engendrée par la putréfaction ; Pou, vermine qu’engendre la malpropreté. Fut se transformant en Pur se trouve racine première de Putois , quadrupède qui, de même que la fouine, est très-puant , etc.
(1) Consulter à cet égard Dapper, Maillet, fVansleb, Pluche, et les Mémoires de la Commission d’Egypte.
(а) On dit encore en plaisantant, dans nos campagnes, à une jeune fille qui, marchant sur la queue d’un chat, lui fait crier Fut! Tu ne te marieras pas cette année. La superstition égyptienne explique le sens de cette singulière prophétie.
(б) Les filles publiques, réunies en communauté, qu’on trouve encore en Egypte comme au temps des Pharaons, portent le nom d 'Aimées ou d'Almeh, nom primitivement égyptien, corrompu par la prononciation vicieuse des Arabes. nnSy(oLMH), oleme, signifie en égypt'en fille nubile, qualilé essentielle pour exercer l’infâme métier de prostituées. Les Massorettes, qui ont adopié la prononciation vicieuse des Arabes, lisent rtoSy , almah ; et comme c’est précisément le nom qu’Isaie donne à la mère d'Emmanuel, les chrétiens veulent qu’PQ^y signifie vierge. Les juifs, dèsle temps de Justin, soutinrent avec raison que ce mot ne devait pas se traduire par mtfâvos (vierge), mais bien par viSviç (jeune fille). Voy. Dial. c. Tryph., n. 43 , page 139.
(c) Fol, décomposé par la langue sacrée, signifie F -voix, O -soleil, 1 -grand , voix du soleil grand, en d’autres termes, prophète. Les aliénés étaient considérés eomme les enfants chéris de Dieu chez les peuples primitifs, c’étaient des inspirés ; de là vient la vénération que les Arabes du désert conservent encore pour les fols ; mais comme généralement les fols sont méchants, fol et fou devinrent synonymes. C'est ainsi qu’il ne faut pas confondre mou, nom onomatopique du taureau, et qui signifie eau, avec mol qui, décomposé par la langue sacrée, signifie M -force, O-soleil , L-grand , force du grand soleil , c’est-à-dire la chaleur qui fond, qui liquifie. Ainsi il faudrait dire: le feu rend le fer mol et la pluie rend la terre mou. Le feu amollit le fer et la pluie rend la terre mouvante.
(d) Cette expression à laqnelle on attribue une idée sale vien de Fou, mauvais principe , et tre , inversion celtique pour ter , trois fois. Foutre veut donc dire triple coquin.
L’anesse, symbole du vent en général, devenant le symbole des vents du sud et d 'ouest en particulier, devint par conséquent le symbole du mauvais principe., de Typhon , dont ces mêmes vents portaient le nom; et comme ils étaient brûlants, on avait soin de peindre en rouge I’anesse qui en était le symbole : de là vint que les Grecs qui n’y regardaient pas de très-près, contondant I’anesse avec I’ane , nous disent que les Egyptiens consacraient les ânes rouges à Typhon 1).
Dans la mythologie égyptienne il est question d’une certaine Aso, reine d’Ethiopie (2), qui s’associa avec Typhon ( le mauvais principe ) pour combattre Osiris ( le débordement ) à son retour. Cette Aso , comme l’indique la décomposition de son nom par les racines de la langue sacrée (3), n’est autre que le vent du sud qui , poussant les nuages vers l’Egypte, les empêche de s’amonceler sur les montagnes qui sont au delà du tropique; et comme ces mêmes nuages , se résolvant en eau, sont précisément la cause de l’intumescence périodique du Nil, ce vent peut oc-
(1) L’anesse ronge portait en Egypte le nom de typnya (boriqsh) Boriqesh , BoR-vent, îqvsH-destructeur. De ce nom vient notre mot bourrique, femelle de I’ane : wp*, lu iaqash parles Hébraïsants, finit par signifier corrompre , tromper, et tendre des pièges. Sur les papyrus I’ànesse de Typhon est le plus souvent appelée t^pyiya (boroqsh) Boroqesli, Boa-vent, OQESH-perrers.
La couleur rouge affectée généralement à I’anesse, symbole du vent, ne viendrait-elle pas de cette observation faite par les anciens sur l’aspect du disque solaire à son coucher?
Cœruleus pluviam denunciat , igneus Euros.
(Virgil. Georg. lib. 1.)
(2) T vcfüva. Si, v.’kÔ'jto; piv oùôsv vsMTOjOt’Çetv Sici to t rjv I<rtv eù p.«).a fvlcizzeaOca y.od Tzpooéyjiv èyy.pax&ç syovcccj , £7r«veÀ0ôvrt Sè dolov pj;£«vâ<70ai , C’jvwp.draç v.viïpaç eëSopixovfa y. al Svo mizovnpÂyo'j , y.«i crv'jepyiv îyo-jzcr. pctaOivtjc/.'j gf AtSiomaç 71 •spovcav , xfv ovopiàÇoüo’tv Aato.
(n'ÀovTapy. Ttspi IfftS. y.ai ÔaipiS .)
(3) Aso , décomposé par la langue sacrée, signifie As-vent, O -soleil , vent du soleil , vent du midi (a). Les Grecs donnent aussi à la reine d’Ethiopie le nom d’AsoN ; on signifiant soleil nouveau , Ason voudrait dire vent de l’est , et non pas vent du sud. Du reste, voici le nom des vents égyptiens qui correspondaient aux quatre points cardinaux :
(a) La voix O, qui signifie soleil en langue sacrée, signifie aussi midi; de même que midi en hébreu signifie quelquefois soleil, n fera briller ton innocence comme un flambeau, dit David (Psaume xxxvi, vers. 6), et ta justice comme le midi, c’est-à-dire comme le soleil.
casionner la sécheresse en Egypte, c’est-à-dire un faible débordement (1), et par
^3 (bor), vent du septentrion appelé par les Grecs BOPEA2 (a).
niTN (azor), vent de l’est eypos ou aühaiqths (6).
yts (azo), vent du midi NOTOS (c).
iytK (azor), vent de l’ouest.. ze-pypos ( d ).
Ces quatre vents se divisent en deux mâles Bor et Azor, et deux femelles Azur et Azo. Bor et Azur étaient unis pour le bien , Azor et Azo s’étaient liés pour faire le mal. Dans les romans orientaux Azor, prince déchu , joue encore un grand rôle , ainsi que la bonne fée Azurine.
(1) La sécheresse pour l’Egypte, pays où il pleut très-rarement, doit être considérée comme le résultat d’une faible crue du Nil , et non comme provenant du défaut des pluies accidentelles qui ne peuvent arroser que très-superficiellement la terre sainte. Les vents du sud, qui poussent les nuagessur l’Egypte, doivent y occasionner des pluies et des arcs-en-ciel ; mais comme ces mêmes vents empêchent les nuages de s’amonceler sur les montagnes au delà du tropique , nuages qui sont , comme nous l’avons déjà dit , la cause de l’intumescence périodique du Nil , il s’ensuit que , pour l’Egypte , la pluie et les arcs-en-ciel sont des présages de sécheresse , c’est-à-dire d’un faible débordement. La Genèse du second Thout fait dire à Dieu que l’arc céleste, signe de son alliance avec la terre, sera aussi le gage de la promesse qu’il a faite de ne plus noyer les âmes vivantes avec les eaux de l’abym. Si les philosophes du dix-huitième siècle, qui se permettaient de railler tout ce qu’ils ne pouvaient pas comprendre, avaient su que la Genèse, d’origine égyptienne, doit être lue en tenant compte du climat de Cous, et qu’enfin pour les Cousians, l’arc-enciel, présage d’un faible débordement, était un symbole de sécheresse, ils ne se seraient pas extasiés mali-
( a ) Le vent du nord était le vent par excellence chez les Egyptiens, c’était celui qui nettoyait leur ciel, d'où iy3 en égyptien finit par signifier nettoyer. Ce vent ayant la même propriété en grec, de là vient qu’Homère , Odyss., chant v, vers 296, lui donne l’épithète de myivirns , celui qui ramène la sérénité.
(i>) Le vent d’est ayant la même propriété que le vent du nord était considéré, eu égard à sa force, comme un génie femelle, qui seconde Bor. Azur, prononcez azour, signifie vent d’Orient, qui, nettoyant le ciel, lui rend sa couleur azurée.
(c) Azo était la Gorgone égyptienne , la digne compagne de Typhon. Toutes les religions , filles du culte égyptien , désignent le midi comme étant la partie du monde habitée par le Diable. Le Psalmiste nous parle du Démon méridional ; Non timebis ab incursu et demonio meridiano. T. de Bostres (Coll. 880), ainsi que Simplicius et Théodose, nous apprennent que meridianam partem malo tribuunt manicliœi.LesV erses, dans le Boundesh , nous représentent Ahriman se réfugiant vers le midi. Le vènt de sud, sous le nom de Norof chez les Grecs et de Notus chez les Latins, n’était pas représenté comme un bon principe. On peut voir le portrait de ce vent dans Ovide ( Métamorph . liv. 1) : le Notus est appelé le terrible Autan par nos poètes.
(d) Azor, symboliquement représenté par une anesse rouge, lorsqu’il ôtait considéré comme étant du genre féminin ,
portait en égyptien le nom de (ThuRis) , prononcez Thoueris, nom que Plutarque , dans son Traité d’Isis et
d’Osiris, a parfaitement rendu , quant à la prononciation, par le mot grec Thoueris, ou X Azor féminin, était une
des concubines de Typhon : ce nom veut dire THUER-morf, is -puissance , puissance mortelle. Le Zéphire léger, selon nos poètes, n’avait pas une épithète aussi gracieuse chez les Grecs. Homère lui donne toujours celle de Swaei, qui souffle avec violence , ce qui ne s'accorde pas du tout avec l'idée que nous faisons du Zéphire.
suite la disette qu’on attribuait au mauvais principe (1). D’après cette même mythologie, les soixante-douze conjurés, ou mieux les soixante-douze concubines de Typhon qui s’associèrent avec lui pour combattre Osiris, s’expliquent par les vents qui soufflent des soixante-douze parties de la terre, selon la division qu’en faisaient les Egyptiens (2).
La terreur que les vents de sud et d'ouest inspiraient aux Egyptiens finit par s’étendre jusqu’à I’anesse rouge des hiéroglyphes, qui en était le symbole, puis enfin jusqu’aux anesses mêmes, dont le poil était une couleur approchante du rouge. C’est ainsi que le mauvais principe personnifié sous la figure d’un homme à chevelure rouge , vomissant des flammes et entouré d’aspics, symboles de la mort (3),
cieusement sur ce que Dieu se servait précisément du signe précurseur de la pluie pour indiquer qu’il ne devait plus noyer le monde.
Chez les Grecs Y arc-en-ciel était le présage et par conséquent le symbole de la pluie :
IÀjts KOp'fvpériv ipiv 6'jyitoîol t mitca-p Zevç si; oùpavoQev , ripa; ep-p.evai vj iroïép.oio ,
H '/.ai xju[j.5)ijoç SvaOaÏTrÉoç , oç pâ rs epyw'j A àv£7r«u(7£v £7 xi yQovi , pnla. Sev.riSsi'
fi
Il en était de même chez les Latins :
(Ôp.vipov ihàç. P.)
Venturam admittat irnbrifer arcus aquam.
(Tibull. Elegia iv.)
Il n’y a que l’Egypte qui puisse* considérer V arc-en-ciel comme symbole de sécheresse.
(1) Jablonski a très-bien développé cette allégorie dont Plutarque lui avait donné l’idée ; mais lorsque dans le griffon noir il retrouve Azo sur la table isiaque , ce savant judicieux erre complètement.
(2) Horus-Apollon , liv. 1 , chap. ik.
(5) Voyez Aspic.
inspirait une telle terreur que son image même finit par inspirer de la crainte, et qu’enfin les hommes qui avaient le malheur d’avoir les cheveux rouges furent considérés comme des réprouvés. Les fanatiques précipitaient les ânes roux, et principalement les anesses rousses, pour apaiser la colère de Typhon, et croyaient bien mériter du bon principe en accablant d’injures leurs compatriotes qui avaient les cheveux de la même couleur (1); à Idithya on brûlait vifs ces mêmes hommes qu’on appelait Typhoniens , et leurs cendres tamisées étaient jetées au vent pour apaiser le mauvais principe (2). Les habitants de Coptos, de Busiris, d’Àbydos, et de Lycopolis, qui étaient les peuples les plus ignorants, et par conséquent les plus fanatiques de l’Egypte, confondant dans leur zèle contre Typhon, ane et anesse, sans distinction de poil, poussèrent la superstition jusqu’à ne pas vouloir même entendre le son d’une trompette, parce qu’ils y trouvaient quelque rapport avec le braire de I’ane (3).
Cependant, à Memphis, F anesse, symbole du vent, jouissait d’une grande considération dans les mystères de Phtha (4) : à elle seule appartenait l’honneur de por-
(1) Tüv pèv àv0pw7T&>v z où; 7 rvppoùç rai ivpoTrrilaY.iÇovzoç , ovov Si rai y.azay.pnp-'J i'Ço'jzoç (a).
(n).oÜTao^. 7te pi Ï<7i5. y ai ÔaipiS. )
(2) Kai yàp Èv l5i0uaç 7 zolzi Çwvraç avÔpw ttovç , y.azsizip.Tzpaaa'j , wç MavÉSwv îazopinv.e , T uycoviovç y.aloïivzcç , y.ai
Trjv zsf pctv aùzü>-j hy.pLÜvzEç ùçpscvtÇov rai SiéaTzzLpov , aù.a zoïizo p.èv eSpâ.zo ftxvspüç y ai y.ad svcc y.aipô'j èv zaïç Kyvccctv yip.SptY.LÇ. (nXoÜTKp^. ZŸjSc COJZOÏI. )
(5) nloûzap^. zriSe avzoïj.
(4) En égyptien nus (FThA), F -voix ou fils (b), ThA-Dî'eit, fils de Dieu. Phtha, Sérapis, et Jésus,
(a) Les hommes roux, insultés à chaque instant par les dévots égyptiens, comme nous l’apprend Plutarque , durent être en guerre ouverte avec eux, par suite devenir peu traitables pour tout le monde, et enfin justifier ce dicton absurde aujourd’hui : Tous les poils rouges sont méchants. C’est ainsi que les bossus , les borgnes , et les boiteux , sont généralement spirituels, malins, et caustiques, et cela parce qu’ils sont toujours obligés d’être en garde contre les railleries du prochain.
(b) F , consonne qui exprime en écriture sacrée l’idée relative de voix, exprime aussi l’idée d’émission de souffle et d’emission de vie (le souffle et la vie étant considérés comme une et même chose). Le fils étant l’émission vivante du père, la consonne F finit, en écriture sacerdotale, par rendre l’idée de fils. Voilà pourquoi le verbum Dei et le filius Dei se confondent dans les mystères du christianisme : c’est le Rédempteur, le Phtha de ftfemphis, qui devait purifier le monde avec le feu du ciel. L’Iesoü de Thébes et de Sais était représenté hiéroglyphiquement par un homme vêtu de blanc (vêtement de lin, symbole de pureté ) ayant comme Typhon une chevelure rouge, mais tenant au lieu d’aspics (symboles de la mort ) le Tau anse (symbole de la vie éternelle ) et un rouleau de papyrus (livre du destin). Aussi disait-on en Egypte qu’un homme à chevelure rouge (il s’agit de figures hiéroglyphiques) était tout bon (si c’était la représentation d’Iesou) ou tout méchant (si c’était celle de Typhon).
ter la statue de ce dieu dans les fêtes des Pamulies ; elle servait aussi de monture
sont un et même personnage (a); c’est le rédempteur qui, selon les Egyptiens, doit régénérer le monde par le feu lorsque le solstice d'été correspondra à Vu des Poissons , car les anciens astrologues de la Haute- Egypte commençaient leur année solaire à partir du solstice d'été (b). Mais les astrologues alexandrins qui, de même que les mages de la Perse et les devins de la Chaldée, commençaient leur année à partir de l'équinoxe du printemps , crurent , lorsque cet équinoxe correspondit à cette même étoile , que la fin du monde était imminente. On n’a qu’à lire philosophiquement le commencement du second chapitre de l’Evangile de S. Mathieu pour se convaincre qu’il appartenait spécialement aux astrologues d’annoncer, par l’inspection de l’état du ciel , l’arrivée du Messie. Quant à l’étoile qui apparut aux mages , c’est-à-dire aux astrologues (car les mages n’étaient pas de souverains princes , c’étaient des diseurs de bonne aventure) , je ne pense pas qu’il s’agisse de Vu des Poissons, mais bien de la changeante cle la Baleine qui , dans son plus grand éclat correspondant aux étoiles de seconde grandeur, finit par disparaître totalement; la période moyenne de ses variations étant de 53k jours selon Cassini (c); et voici sur quoi je fonde mon opinion : D’après tous les passages (c!) relatifs à celte étoile que virent les mages de S. Mathieu (e) , afin que la prophétie d’Isaïe (/) fût accomplie , il paraîtrait que cet astre qui devait illuminer la lumière de la science astrologique , «<yr «p <j >&mÇ«v yvwo-swç (g) , devait être pour le moins une étoile de
seconde grandeur, quelque part qu’on fasse aux hyperboles du protévangile de Jacques et aux exagérations d’Ignacè dans sa 19me Epître aux Ephêsiens. D’un autre côté, la changeante de la Baleine dut fixer l’attention des astrologues dont les regards étaient toujours attachés sur Vu des Poissons , la longitude de ces deux étoiles étant très-rapprochée ; mais ce qui semble devoir fortifier cette présomption d’une manière toute particulière, c’est ce passage: Et prodibit Stella ab oriente , quæ est Stella Messiœ , et oriente versabitur dies quindecim (/i). Lalande nous dit (i) que la changeante de la Baleine dans la période de ses variations parait de seconde grandeur pendant l’espace de quinze jours, et diminue ensuite jusqu’à sa disparition totale. Cette étoile miraculeuse est encore appelée Mira par les astronomes.
(a) Hiesus , Hésus , ou Esus , le rédempteur futur des Celtes, était ordinairement représenté par un jeune homme à cheveux plats ayant le modius de Sérapis sur la tête, tenant dans ses mains le papyrus (livre du destin) de Ylesou de Sais, et enfin porté sur le vent qui n’était pas représenté par une anesse chez les Druides, mais par une tête d'enfant à la face bouffie, placée entre deux ailes, absolument semblable aux chérubins de nos églises. On peut voir une statuette d ’Hiésou dans le troisième volume des Antiquités gauloises de Caylus , planche lxxxviii , fig. m. On doit avoir trouvé cette statuette dans quelque tombeau où elle avait été mise comme symbole de résurrection. Sur une des faces d’un monument gaulois trouvé dans les fondements du nouvel autel de Notre-Dame de Paris on voit Esus sous la figure d’un jeune homme abattant avec sa hache l’arbre, symbole de la vie terrestre.
(b) Aussi l’appelaient-ils par excellence l'année de Dieu ou l’année divine,
(c) Cassini, Eléments d’astronomie , page 68.
(d) Thilo cod. apoe'r. I. 390 et seq.
(e) Cliapit. n , vers. 2.
(f) Isaïe, chap. lx, vers. 6.
(g) Testant, xn Patriarcharum. Test. Levi , 18. ( Fabric. cod. pseudepigraph. v, pag. 584 et seq. J
(h) Loco cit.
(■ i ) Astronomie , tome , page 209.
habituelle aux vierges sacrées , gardiennes du feu éternel ; et enfin Iesou le rédempteur était représenté dans les sanctuaires faisant son entrée dans le monde porté par le vent symboliquement représenté par une anesse.
Horus-Apollon prétend (1) que Fane était, chez les Egyptiens, le symbole d’un ignorant, d’un homme qui n’avait point étudié l’histoire et qui n’avait jamais voyagé. Cette valeur hiéroglyphique pouvait être admise par les Grecs d’Alexandrie; mais il est certain quelle ne fut jamais adoptée par les hiérogrammates de Memphis et de Thèbes. Comment supposer, en effet, que des prêtres qui se faisaient une loi de ne point sortir de leur pays et qui méprisaient les étrangers et leurs histoires , aient représenté par un ane , ayant une valeur hiéroglyphique peu flatteuse , les hommes qui partageaient précisément leur manière de penser? D’ailleurs, la croix, abréviation hiéroglyphique de Fane, était pour eux un talisman qui avait la propriété de chasser le mauvais principe , et le signe de la croix suffisait seul pour éloigner les fantômes et conjurer le danger. Sur leurs pains sacrés ils mettaient toujours l’empreinte d’un ane lié ou celle d’une croix, et certes ce n’eût pas été un hiéroglyphe qu’on aurait pu traduire par ignorance ou stupidité, que des prêtres superstitieux auraient placé sur les pains azymes qu’ils n’osaient pas toucher avec le fer (2), et dont ils ne goûtaient qu’après un long jeûne et de fréquentes ablutions. De tout cela on me permettra de conclure qu’Horus-Apollon n'a rien compris à la valeur hiéroglyphique de Fane.
Je dois faire remarquer ici un fait de la plus haute importance pour l’étude de la science hiéroglyphique, il consiste en ce que les Egyptiens n’ont jamais donné
(!) Horus-Apollon , hiéroglyphe xn.
(2) Le fer était le métal consacré au mauvais principe. Les Egyptiens, selon Manéthon, appelaient même le fer l’os de Typhon, car c’est avec le fer qu’on fabrique l’instrument qui sert à couper et par suite à détruire. Etitj?v aiSnpÏTVJ ).t£)ov iazéov Qpo'j , T utfüvoç Sè rôv tjiSypov , wç icropet Msc vefioç, -/.«louai-j, (UXoÛTcepy.
ntpi ïffiS. y.ai ôtjipiS. ) Les prêtres égyptiens auraient cru commettre un sacrilège s’ils avaient coupé avec un couteau le pain azyme, symbole de la vie éternelle, et même le pain ordinaire , symbole de la vie terrestre : on rompait toujours le pain en Egypte. Cette superstition se conserve encore dans la bonne société , celle de faire une croix avant que d’entamer le pain se conserve dans nos campagnes.
une valeur • symbolique à un animal quelconque, tirée des qualités morales de ce même animal ; ainsi , dans les hiéroglyphes purs de la Haute-Egypte, 1’ane ne représenta jamais X entêtement ou la stupidité , pas plus que le lion ne représenta le couraqe, et le serpent la prudence. Ce n’est que dans la Basse-Egypte et sur les monuments qui remontent aux règnes des Ptolémées, qu’on trouve des rébus et des valeurs hiéroglyphiques tirées des qualités morales de l’individu représenté : ce qui rend cette écriture tellement arbitraire que, pour moi, je la considère comme étant indéchiffrable (1). Cependant, sur des monuments postérieurs aux Ptolémées, et qui sont dus à la munificence romaine (2), on trouve, mais dans la Haute-Egypte seulement, des inscriptions hiéroglyphiques dont les symboles qui les composent ont une valeur identique avec ceux qui remontent aux temps des Pharaons.
RÉCAPITULATION
L’ane hiéroglyphique se traduit par vie; extensionnellement il peut signifier Dieu (3).
(1) Tels sont les hiéroglyphes de l’inscription de Rosette , qui ne pourront jamais être totalement compris , et cependant cette inscription a servi de base à tous les systèmes hiéroglyphiques modernes.
(2) La politique de Rome , tout en asservissant les peuples, cherchait à leur plaire pour mieux assurer sa domination. Des cirques et des voies romaines devinrent le partage des Celtes , grands voyageurs et bretteurs déterminés. Des temples où furent réunis le grandiose des maîtres du monde, le goût hellénique, et tous les mystères , ou pour mieux dire toutes les folies astrologiques des hiérogrammates , devinrent le lot des Egyptiens superstitieux. Quantité de monuments qu’on attribue à Sésostris et à ses successeurs ne sont pas antérieurs au règne d’Adrien.
(5) Je dois déclarer que je ne l’ai jamais retrouvé ayant cette valeur sur aucun monument égyptien ; cependant j’ai la certitude que le grand Pan ou le Dieu principe de la génération des êtres, qu’ALiiiBOj\oun, en un mot, était réprésenté dans les sanctuaires de Thèbes sous la forme d’un ane. Les Etrusques, qui adoraient aussi Alhiboroun, le représentaient sous la forme d’un homme à tête d’ANE ayant deux corps, dont un de satyre, lesquels figuraient les deux principes qui constituaient la divinité
Le phallus , abréviation hiéroglyphique de I’ane, se traduit par vie ou gêné-
toute entière dans le culte primitif. La partie postérieure des deux corps était mise à découvert pour rappeler l’idée d’émission de vent (a) ;
mais pour ce qui est de I’Alhiboroun d’Israël, il paraîtrait, d’après ce que dit Tacite, que c’était purement et simplement un ane. Le dire de cet auteur , que j’ai rapporté page 6 , ne peut être mis en doute , car il parlait d’après le témoignage des contemporains qui avaient pénétré dans le Saint des Saints lorsque Jérusalem tomba au pouvoir de Titus. Si TAlhiboroun d’Israël avait été un composé hiéroglyphique comme celui des Etrusques, Pompée eût reconnu l’image d’une divinité dans le sanctuaire des juifs lorsqu’il y entra par le droit de la victoire ; mais la simple statue d’un ane ne pouvait pas faire soupçonner à un Romain qui avait toujours vu la divinité représentée sous une forme humaine, que c’était pour les juifs l’image du Très-Haut. Inde vulgatum , nullâ intus Deum effigie vacuam sedem, et inania arcana. ( Tacit . histor. lib.v, cap. ix).
Le témoignage unanime de l’antiquité signale la tête û’ane comme la principale idole des juifs (b). Le savant Morin (c) pense que cetîe prétendue tête d’ANE n’est autre chose que Yurne dans laquelle était conservée la manne , et cela parce que cette urne qu’on appelait chômer en hébreu se confond facilement avec chamor, qui signifie ane ; de telle sorte qu’on les a pris l’un pour l’autre dans le premier livre de Samuel , chap. 16 , vers. 20 ; ce qui d’ailleurs semblerait être confirmé par la forme de l’urne elle-même dont le ventre rond et les deux anses ne figurent pas mal une tête d’ANE. Le ministre Jurieu ( d ) n’est pas
(a) Cette figure se retrouve sur un vase étrusque dont Caylus nous a donné le dessin et le développement ( Antiquités étrusques , tome n , planche xxxiv ) : « L’explication d’un sujet pareil dépend de trop de choses ignorées, nous dit l’au- « teur auquel j’emprunte celte figure; on pourrait cependant croire , suivant les idées que les autres planches ont pu nous « donner, que ce serait l’image d'un crime jugé et puni par les femmes intéressées à le détruire. Cette opinion est confirmée « par le plat que porte la femme qui suit immédiatement le monstre , et qui indique au moins une cérémonie religieuse, « On retrouve fréquemment dans les dessins étrusques des plats pareils à celui-ci, et qui ne sont point portés sans dessein ». Le plat dont il s’agit ici contient le pain , symbole de la vie , qu’on présente à I’Alhiboroun , le Dieu puissant qui en est le principe.
(l>) Les gnostiques représentaient aussi sous la forme d’un ane ou d’un homme à tête d’ANE, le génie suprême qui présidait au septième ciel et qu’ils appelaient Sabaoth.
(c) Dissert, octo in quibus multa sacra et profana antiq. monum. explicantur.
(d) Histoire critique des dogmes et des cultes bons et mauvais de l’Eglise, depuis Adam jusqu’à Jésus-Christ.
ration lorsqu’il est horizontal , et par Dieu générateur lorsqu’il est vertical (1).
La croix, autre abréviation hiéroglyphique de Tane(2), se traduit aussi par vie; et, surmontée de l'aspic se mordant la queue (3), elle peut signifier Dieu, mais le plus souvent elle doit se traduire par vie éternelle.
de son avis. Les Chérubins avaient, selon lui, quatre faces, savoir: d’homme, de lion , d’aigle , et de bœuf, desquelles faces il n’a pas été difficile de faire une tête d’ANE, surtout de celle de bœuf si l’on change les cornes en longues oreilles. Je ne partage point l’opinion de ces savants et je m’en tiens tout bonnement à ce qu’on dit. D’ailleurs les juifs ne furent pas les seuls qu’on accusât d’adorer une tête d’ANE. les gentils accusèrent les premiers chrétiens d’une semblable idolâtrie : ne serait-ce pas parce qu’ils adoraient la croix qui est une abréviation hiéroglyphique de I’ane ?
Les Manichéens adoraient une tête rouge qu’ils appelaient Bouphmetous ; les Templiers, qui avaient puisé leurs dogmes en Orient, passaient aussi pour adorer la tête dorée d’un être mystérieux. Je crois que ces différentes têtes n’étaient autres que celle du jumart ,
toujours peinte en rouge, et quelquefois en jaune, dans les textes coloriés, et qui était le symbole de I’intelligence universelle dans les mystères (o). Le jumart , que M. Champollion prend pour un veau, est précisément ce même veau d’or, symbole de TÉtre Suprême, que les Hébreux se fabriquèrent dans le désert à l’imitation des Egyptiens.
(1) Les Grecs et surtout les Romains ont rendu l’idée de Dieu générateur avec le phallus horizontal , mais ayant soin alors de le représenter ailé. On retrouve ce phallus ailé sur quantité de monuments en Italie : c’est l’idée de Dieu représenté par le Cnef ( aile d’oiseau ) , unie à l’idée de génération représentée par le phallus.
(2) La croix est toujours une abréviation hiéroglyphique de I’ane et jamais de I’anesse , quoique cette dernière ait aussi une croix sur le dos. Je ne peux pas m’expliquer pourquoi le phallus étant déjà une abréviation de I’ane , la croix n’ait jamais été considérée comme abréviation de I’anesse dans les textes purs dubon temps. Sous les Ptolémées et dans la Basse-Egypte il paraîtraitque cette distinction a eu lieu, et voilà peut-être pourquoi on accusait les chrétiens d’adorer le Dieu des ténèbres , le mauvais principe, la croix étant devenue l’abréviation hiéroglyphique de I’anesse , qui était le plus souvent employée comme symbole de Typhon.
(5) Chez les francs-maçons haut placés on trouve un hiéroglyphe composé
(a) Voyez note 2 de la page 5-
L’anesse accroupie signifie vent propice, à moins qu’elle ne soit coloriée en rouge; cependant elle désigne toujours soit le vent du nord, soit le Vent de Yest.
L’anesse debout signifie vent pestilentiel. Quand elle est coloriée en rouge, on peut la traduire à coup sûr par Azo (vent du sud), et lorsqu’au fond rouge sont mêlées des teintes jaunes et brunes, cette même anesse se traduit par Azor ( vent de V ouest). Du reste, le sens général d’une phrase hiéroglyphique aide surtout à comprendre la valeur exacte de 1’ anesse qui entre dans sa composition ; et lorsque f anesse se trouve comme symbole isolé, dans les zodiaques astrologiques par , exemple, il faut, pour connaître exactement sa valeur, tenir compte du signe sous lequel elle se trouve placée (1).
qu’ils doivent avoir emprunté aux mystères égyptiens ; c’est la croix, symbole de la vie , et I’aspic , symbole de la mort ( voyez Aspic ). Ce symbole , offrant la réunion des deux principes qui constituent la divinité toute entière dans le culte primitif, doit se traduire par Dieu. Ce symbole, du reste , ne se retrouve point sur les monuments; pour rendre cette même idée les Egyptiens se servaient du basilic , symbole de la vie , et de I’aspic , symbole de la mort , entrelacés autour d’un sceptre ailé ( voyez Sceptre ) , ce qui compose en définitive le caducée de Mercure.
(1) Voyez Cancer et Scorpion.