‹ Dictionnaire des inventions et découvertesChapitre 73 sur 112 · MARQ · texte numérisé non relu

MARQ

à leurs membres. On a aussi fait des Marionnettes qui se mouvaient avec des ressorts intérieurs ; mais celles-là doivent être considérées comme des Automates ( V, ce mot ).

MARLY (Machine de). Cette machine fut inventée par Rannequin Sualem ou Renkin, Liégeois d'origine. Elle faisait monter l'eau sur une montagne élévéede 5o2 pieds au-dessus du niveau de la rivière; i4 roues faisaient agir deux pompes qui fournissaient 5258 tonneaux d'eau en 24 heures. Commencée en i663, elle fut mise en activité en 1682 , et coûta plus de 8 millons. Elle est aujourd'hui avantageusement remplacée par une machine à vapeur. 11 paraît que Sualem ne fut pas le seul qui y travailla , car plusieurs auteurs citent comme inventeurs un nommé Framini, et le chevalier Deville»

MARMITE. V. Autoclave et Digesteur.

MARMORIO. Tel est le nom donné à un marbre factice de l'invention de M» Sage. 11 est entièrement formé de Chaux vive durcie par l'eau dans certaines proportions. Il prend toutes sortes de formes dans des moules, et est susceptible de recevoir le plus beau poli (181 5).

MAROQUIN. Le Maroquin est un cuir de chèvre , apprêté dans le royaume de Maroc. Depuis long-temps , on a trouvé en Europe le secret de sa préparation. Celui qui paraît y avoir le mieux réussi est M.- Dolfus , de Bonnelle , inventeur de procédés pour teindre et imprimer les peaux de Maroquin (1799).

MARQUETERIE. On nomme ainsi un ouvrage fait de pièces rapportées dont les différentes nuances forment des dessins. Cet art remonte à une haute antiquité ; on croit que les Romains le reçurent des Orientaux. Parmi les modernes , le premier qui se soit livré à la Marqueterie est Jean de Veronne, célèbre peintre, contemporain de Raphaël (i53o). Depuis, cet art est parvenu à un très haut degré de perfection , bien que la mode le néglige aujourd'hui. On doit à M. Jouvet des procédés de Marqueterie en métal sur bois, et une machine très ingénieuse pour la fabrication des pièces de rapport qui entrent dans ce genre de fabrication (1801).

MASS aag

MARQUISES (Îles). Ces îles forent découvertes , par Meodana, ca i5g5.

MARS. L'aplatissement de cette Planète fut découvert en 1784, par Herschell. V. Jupiter.

MARTEAU. Les Égyptiens attribuaient à Vulcain , un de leurs premiers souverains, l'invention du Marteau, de r Enclume et . des Tenailles. Les Grecs en faisaient honneur à Cynire , roi de Chypre , et père d'Adonis ( 124.0 av, J.-G ). Mais Pline désigne Cynira , fille d'Agriope.

Marteau est aussi le nom d'un des quatre osselets qui se trouvent dans la caisse du tympan de l'oreille. On croit qu'il fut découvert , au 16 e siècle , par Alexandre Achillini, ainsi que l'osselet qu'on nomme l'Enclume.

MASQUE. L'invention des Masques paraît remonter à l'origine du théâtre grec. Les acteurs s'en couvraient le visage pour que les spectateurs pussent les reconnaître de tous les points d'un vaste amphithéâtre. L'ouverture de la bouche était très grande, et garnie de lames d'airain pour renforcer la voix. Suidas et Athénée , en attrihuen£ l'invention au poète Çhœrille , contemporain de Thespis; Horace en fait honneur à Eschyle , qui passe aussi pour avoir imaginé les Masques des Euinénidcs; Phrynicns fut le; premier qui montra au théâtre un Masque de femme : Meson, de Mégarc, passe pour l'inventeur des Masques comiques ; enfin Roscius Gallus porta le premier Masque sur le théâtre de Rome. Chez les Romains, les soldats se masquaient dans les triomphes pour n'être pas reconnus du triomphateur, dont ils avaient le. droit de critiquer les actions à haute voix. Enfin quelques Masques de théâtre étaient gais d'un côté et tristes de l'autre, de sorte que l'acteur, vu seulement de profil, ne faisait voir que le côté du Masque qui convenait à la situation* Les dames romaines mettaient aussi des Masques de Pâte de froment pour se conserver le teint. On en attribue l'invention à l'impératrice Poppée, Sous François 1 er on porta communément des Masques appelés loups. Ils étaient encore de mode sous Louis XV.

MASSE ou CHAISE ou ROYAL DUR. Cette mon^

a3o MATH

Baie d'or fut frappée sous le règne de Philippe- le-Bel ; on lui donna le nom de Masse pareeque le roi y tenait une Masse de la main droite. On l'appela Chaise, pareeque Philippe y était assis dans une Chaise % et Royal dur, pareeque n'étant qu'à 22 carats, cette monnaie était moins malléable que l'or fin.

MASTIC. Le Mastic est une espèce de gomme recueillie sur un arbrisseau des Indes ; c'est aussi le nom de diverses compositions propres à lier, à coller et à enduire certaines constructions, etc. Nous signalerons quelques unes des principales.

Le Mastic de M. fieunat, de Sarrebonrg, est propre à exécuter toute espèce de sculptures (1806). Celui de M. Smith est susceptible d'acquérir une grande dureté , et de prendre toutes les formes d'ornement (181 1). Un autre Mastic , susceptible de résister à faction du feu, fut inventé la môme année. En i8t4, on inventa un Mastic inaltérable et propre à prévenir toute espèce d'infiltration.

Le Mastic de Dihl , porte le nom de son inventeur et peut remplacer le Plomb, les Dalles, la Tuile, l'Ardoise et la Kérre (1809). ' •

Le Mastic lithocùlle sert à fermer les vases destinés h conserver les objets d'histoire naturelle. On le doit à MM. Peron et Le Sueur (181 1).

MASTIC INVISIBLE. On donne ce nom à une dissolution de Talc dans l'esprit de vin bouillant; il en résulte un Mastic transparent avec lequel on peut réunir les fragments brisés du verre suis qu'on puisse en distinguer les joints. Cette découverte est due aux Anglais (182S). <

MAT. Si l'on en croit Polydore Virgile, Dédale est l'inventeur des Mâts destinés à porter les Voiles des Vaisseaux ( 1 3 e siècle av. J.-C. ). V* Navigation et Voile,

MATHEMATIQUES. On entend , par Mathématiques, la science des quantités et des proportions de tout ce qui est susceptible d'être compté ou mesuré. Cette science se compose d'un grand nombre de parties dont nous nous sommes occupés dans l'ordre alphabétique, et auxquelles nous renvoyons le lecteur. V, Algèbre , Arith-

MED A a3i

métique, Astronomie, Différentiel {calcul), Géométrie y Hydraulique, Infini ( calcul de l'), Intégral {calcul) , Mécanique ^ Probabilités ( calcul des ), Puissance, Série , 7V£onométrie 9 etc. , etc.

MAUSOLEE. Ce nom donné à divers genres de tombeaux, vient de Mausole , roi de Carie, auquel Artémise, son épouse, pour éterniser sa douleur, fit élever un tombeau si magnifique qu'il passa pour Tune des sept merveilles du monde. 11 fut construit sous la direction de Scopas, 353 av. J.-C.

MECANIQUE. Cette science , suivant Platon , doit son origine à Architas de Tarente , qui aurait fait un pigeon de bois capable de voier. Mais on est bien plus assuré des services qu'Archimède rendit à la Mécanique , dont on peut le considérer comme l'inventeur. On lui doit une foule de découvertes , telles que la Poulie , la Vis sans fin , la Vis inclinée , ainsi que la Théorie du centre de gravité des corps , et des lois de 1 Equilibre. Toutefois on pourrait considérer la Mécanique comme une science moderne , poussée à un haut degré de perfection par la, découverte des lois du mouvement, et de la décomposition des forces. Stevin a trouvé le principe de leur composition que Varignon a appliqué à l'équilibre des machines. On doit à Galilée la Théorie de l'accélération; à Huyghens, Wren et Wallis, celle de la percussion; à Huyghens, les lois des forces centrales dans le Cercle ; à Newton , l'extension de ces lois aux autres courbes , et au système du monde ; enfin aux géomètres du 18 e siècle , la Théorie de la Dynamique*

M ÉCHAN OGRAPHE. Tel est le nom d'un mécanisme qui permet d'écrire sans l'avoir appris et sans plumes. M. Donnant en est l'inventeur (i8o4)*

MÈCHES DÉFUL1G1NÉES. M. Marie , au moyen d'une préparation de son invention, est parvenu à confectionner des Mèches dont le Champignon fuligineux brûle dans le suif ou dans l'huile , ce qui les empêche de fumer, et Jes fait durer plus long-temps (1816).

MEDAILLE. On appelle Médaille toute pièce de métal t portant sur chaque face une . empreinte destinée

a3 2 MEDE

à perpétuer la mémoire d'un grand homme , d'un souverain , ou d'un événement remarquable. On ne peut guère fixer l'époque à laquelle la première Médaille a été frappée. Tout fait même présumer que la plupart des Médailles ont été des monnaies. On les dislingue en anciennes et en modernes. Les premières ne vont que jusqu'au milieu du 3 e siècle , ou même jusqu'au 9 e , Quant aux modernes, elles ne remontent pas au-delà de celle qui fut frappée par Jean Hus, en i4i5. L'élude des Médailles a jeté un grand jour sur l'histoire de l'antiquité.

MÉDECINE. La Médecine est l'art de connaître et de Irailer les maladies. Les Assyriens , les Egyptiens et les Phéniciens sonl considérés comme les premiers qui aient fait une étude approfondie de cette science qui ne peut avoir d'inventeur, puisqu'elle n'a pu s'établir que sur une longue suite d'observations. La Diététique est probablement la première branche de la Médecine dont on ait fait usage. Toutefois nous dirons que les traditions égyptiennes en attribuaient l'invention à Mercure , vers l'an 184.6 av. J.-C. Les Grecs en faisaient honneur à Apollon. Le renseignement le moins contesté sur l'antiquité de la Médecine, remonte à l'an 1707 av. J.-C. , époque à laquelle Joseph , ordonna aux Médecins d'Égyple d'oindre son père Jacob. Indépendamment d'Apollon, les Grecs considérèrent Esculape comme l'inventeur de la Médecine , bien qu'il l'eût apprise de son maître Chiron. Mais ses cures furent tellement brillantes qu'on le mit au rang des dieux ( i4 e et i3 c siècles avant J.-C, ), . <

Néanmoins c'est à dater d'Hippocrate que la Médecine commença à être réduite en corps de doctrine. Ses ouvrages lui ont acquis et mérité le titre de père de la Médecine, et l'on peut dire que les erreurs dans lesquelles il tomba furent plutôt celles de son siècle que les siennes ; sa doctrine sur la crudité et la coclion des humeurs entre dans cette catégorie, ainsi que la trop grande part qu'il fit à l'expectalion (5 e siècle av. J.-C).

La Médecine paraît être restée stationnaire jusqu'au commencement de l'ère chrétienne. Vers l'an 3o de

MEDE 2 33

J.-C. , se forma l'école Méthodique , à laquelle succéda la doctrine des Pneumatiques, qui doit son existence à Athénée. Il prétendait que les maladies ne sont causées que par une aberration de l'esprit (68): parut ensuite la secte des Eclectiques , fondée par Archigèncs, d'Apaméc en Syrie. 11 n'adoptait aucun système spécial , mais choisissait dans tous ce qui lui paraissait le plus raisonnable (ioi). Enfin s'éleva l'école deGalien, qui devint à Rome -ce qu'Hippocrate avait été en Grèce. 11 se montra plus humoriste que ce dernier. La théorie des quatre tempéraments, auxquels correspondaient les quatre éléments et les quatre saisons , n'est qu'un jeu de l'esprit. 11 faut cependant remarquer que la prétendue fétidité des humeurs ne l'empêchait pas de reconnaître que la diminution de la masse du sang est souvent un moyen utile, et qu'en dépit d'une fausse application, il employait quelquefois une thérapeutique assez rationnelle (i§4). Après Galien , la Médecine resta à peu près stationnaire jusqu'à l'invasion des Barbares; et ce sont encore les Arabes qui nous en rendirent les débris, échappés aux ténèbres du moyen âge , et à la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie. La Polypharmacic domina alors la Médecine ; on ne connut plus que les drogues de tout genre, les panacées, etc., etc., résultat des doctrines alchimiques de Paracelse , dont l'école fut renversée par celle de Boerhaave , qui ne donnait d'importance qu'aux fonctions mécaniques (1700). Jusqu'à Boerhaave la Médecine n'avait guère eu d'autre base qu'une pratique ignorante et routinière que Molière flétrit avec raison des stygmates du ridicule ; mais l'impulsion que Boerhaave donna à la Science lui fit faire des progrès considérables. Toutefois ce ne fut pas sans quelques erreurs qui furent presque toujours causées par les systèmes exclusifs adoptés par une époque ou par une secte.

Vers 1798, s'établit la doctrine du principe vital, fondée par l'école de Montpellier. Elle s'éleva à la place de la doctrine des humeurs et des pléthores de toute espèce à laquelle le traitement des maladies fut soumis pendant vingt siècles. On essaya toutefois, mais sans beaucoup de

Page 1