V. AVANCÉS
Alléluia.
Pr. al-lé-lui-ia. Mot emprunté de l’hébreu, qui signifie : Zouez le Seigneur.
Aller,
C’est sans contredit le plus irrégulier de tous les verbes français ; aussi nous fournit-il une gamme sur laquelle un grand nombre chante faux.
Au Présent de lIndicatif, l'analogie veut qu’on dise : je vas, tu vas, Ù va, mais l’usage l’a emporté et veut qu'on dise : je vais, tu vas, Ù va. Cela est dû peut-être à ce que dans la forme interroga-
tive vais-je, seul, est admis,
Aller, dans ses temps composés, se tConjugue avec l’auxiliaire étre : Je suis allé, tu es allé, ü est allé ; n. sommes allés, v.
êtes allés, 1. sont allés, etc.
Beaucoup de personnes, employant étre dans ce sens, disent tout court et tout net : J'ai été, tu as été, ü a été, etc., ce qui, d’après Laveaux, Besche-
relle et la logique, est une faute de première classe, et un contresens très bien conditionné.
Le verbe étre ne peut jamais remplacer le verbe aller, puisque de soi, étre signifie exister et comporte toujours une idée de repos ; il n’a de rapport avec aller qu’en autant qu’il lui sert d’auxiliaire, et, en réalité, il y a entre aller et étre la même différence qu'entre le mouvement et le repos.
On ne peut donc pas les prendre indifféremment l’un pour l’autre, D'où
Etes-vous allé à Montréal depuis peu, et non :
Avez-vous été...... etc.
20. Pour la même raiscan, on pe doit pas employer le Passé défini du verbe étre (je fus ) au lieu du Passé défini du verbe aller (jallai). Ce sont des barbarismes.
Ne dites donc pas :
Je fus le voir, tu fus le trouver, il fut l’avertir, etc.
Dites :
J'allai le voir, tu allas le trouver, il alla l’avertir.
Si je fus le voir ne paraît pas aussi ridicule que
il suit que pour parler je suis le voir, je serai le
correctement il faut dire :
Je suis allé à Québec la semaine dernière, et non :
J'ai été.....,
Je suis allé faire une visite à mon ami,
et non :
voir, ou tout autre temps du verbe étre, c’est que l'habitude d'entendre ces expressions & un peu apprivoisé nos oreilles.
Ces manières de parler sont très générales en Canada.
Toutefois, pour ne pas
paraître vouloir fendre un cheveu en quatre, ou passer pour puriste, nous ajoutons que l'usage tolère l'emploi de avoir été quand la chose est complètement passée, qu’il n’y a pas de mouvement, enfin quand on suppose le retour, et étre allé dans le cas contraire.
Mon frère a été à la ville hier. (Il est de retour.) Mon
frère est allé à Rome. (Il n’est pas de retour.)
Être au lieu d’aer :
c'est ici l'effet pour la cause. Aussi ne l’emploiet-on qu’au passé.
On dit bien vas-y tout court, mais on ne dit pas
vas-en, même lorsque cette expression est suivie d'un verbe.
Le verbe aller nous donne encore bien d’autres fruits gâtés. Lisez :