‹ Dictionnaire des métaphores de Victor HugoChapitre 33 sur 221 · CAT — 44 — CAV · texte numérisé non relu

CAT — 44 — CAV

Cathédrale.

La forêt, monstrueuse et fauve cathédrale. Où. le vent sonne le tocsin ?

La Légende des Siècles.

Cavales.

Les déroutes sont des cavales

Qui s'envolent quand nous soufflons.

Voir Crinière.

Cave. — Au printemps, il fait clair dans les âmes tristes, comme à midi il fait clair dans les caves.

Les Misérables.

L'empire est une cavet et toutes les espèces

De nuit le tiennent pris sous leurs brumes épaisses.

Actes et Paroles.

Ils s'informent plutôt du talent d'un écrivain que de ses façons de voir ; et, qu'un ouvrage soit bon ou mauvais, peu leur importe sur quelles idées il est assis, dans quel esprit il a germé. On ne visite guère les caves d'un édifice dont on a parcouru les salles, et, quand on mange le fruit de l'arbre, on se soucie peu de sa racine.

Préface de Cromwell.

CAV — 45 — CEI

Caverne.

C'est le ventre hideux, cette caverne où. rampent Tous les monstres qui sont en nous.

La Légende des Siècles,

Il a fait de M. Changarnier une dupe, de M. Thiers une bouchée, de M. de Montalembert un complice, du pouvoir une caverne, du budget sa métairie.

Napoléon le Petit.

Cèdre.

Déraciné, flétri, tombé sur une pente Comme un cèdre abattu !

Les Voix Intérieures.

Ceinture.

...la sombre Pampclune, Avant de s'endormir aux rayons de la lune, Ferme sa ceinture de tours.

Les Orientales.

Hélas ! et vous feriez une ceinture au monde, Du sillon du vaisseau.

Feuilles d'Automne,

Océan, ceinture,

De tout sous le ciel !

Les Chants du Crèpuscul

Voir Noeud.

CEN — 46 — CSR

Cendre.

Un tas de cendre éteint qu'on nomme le passé.

Les Chants du Crépuscule.

Cénotaphe.

Quand les siècles, les temps et les peuples sont là, Qui vous dressent, parmi leurs brumes et leurs voiles, Un cénotaphe énorme au milieu des étoiles, Si bien que la nuit semble être le drap de deuil, Et que les astres sont les cierges du cercueil !

Centaure. — Rapport mystérieux entre le prêtre et le centaure ; car le prêtre n'est homme qu'à

mi-corps.

Quatre-vingt-treize.

Cercle.

Ceux que j'ai terrassés, je ne les brise pas.

Mon cercle c'est mon droit, leur droit est mon compas.

Actes et Paroles.

Cercueil.

Ces noirs pontons qui, sur tes ondes, Passent comme de noirs cercueils.

Le Châtiments.

Nous entendons en ce moment la France qui tombe avec le bruit que ferait la chute d'un cercueil.

Actes et Paroles.

Le 2 Décembre est un crime couvert de nuit, un cercueil fermé et muet, des fentes duquel sortent des ruisseaux de sang.

Napoléon le Petit.

Chaîne.

Votre vertu dans nos murs traîne La chaîne affreuse du mépris ;

Par quatre chaînes d'or le monde est retenu ; Ces chaînes sont : Raison, Foi, Vérité, Justice ;

La Légende des Siècles.

Comme un fou tirant sa chaîne.

L'eau jette des cris de haine Aux durs récifs.

Ldem.

Chaînon.

J'ai porté mon chaînon de la terre éternelle.

Les Contemplations.

Et leurs rangs se grouper sous les drapeaux flottants, Ainsi que des chaînons ténébreux se resserrent ;

La Légende des Siècles.

Tout chaînon a sa part du crime de la chaîne.

La Pitié Suprême.

La bataille nouant leurs orageux chaînons.

Les Quatre Vents de l'Esprit.

Chaleur. — Les vieillards ont besoin d'alïection comme de soleil. C'est de la chaleur.

Les Misérables.

Chaloupe.

La foi, ce pur flambeau qui rassure l'effroi. Ce mot d'espoir écrit sur la dernière page, Cette chaloupe où peut se sauver l'équipage !

Les Voix Intérieures.

Chamarrer. — De vieilles forêts, à cette heure chamarrées de toutes les dorures de l'automne.

Le Rhin.

Chambre.

La lune s'assoupit dans nos chambres de mousse.

La Légende des Siècles.

Champ.

Sourds à l'hymne des bois, au sombre cri de l'orgue, Chacun d'enx est un champ plein de cendre, une morgue

Où pendent des lambeaux, Un cimetière où l'œil des frémissants poètes Voit plr.ner l'ironie et toutes ses chouettes,

L'Ombre et tous ses corbeaux.

Les Contemplations.

Le terrain de l'art maintenant n'est plus une arène, c'est un champ. On ne se bat plus, on laboure.

Préface de Littérature et Philosophie mêlées.

Champignon.

les marchands Dont l'échoppe a poussé sous le sacré portique Comme un champignon vil au pied d'un chêne antique.

Les Chants du Crépuscule.

Il ne craint rien ; pareil au champignon difforme Poussé dans une nuit au pied d'un chêne énorme, Qui laisse les chevreaux autour de lui paissant Essayer leur dent folle à l'arbuste innocent ; Sachant qu'il porte en lui des vengeances trop sûres, Tout gonflé de poison, il attend les morsures.

Les Voix Intérieures.

Pour tous, ne pas confondre l'époque, la minute de Louis Bonaparte, avec le dix-neuvième siècle ; le champignon vénéneux pousse au pied du chêne, mais n'est pas le chêne.

Napoléon le Petit

Chandelier.

C'est toi, c'est ton feu Que le nocher rêve, Quand le flot s'élève, Chandelier que Dieu Pose sur la grève, Phare au rouge éclair Que la brume estompe !

Les Voix Intérieures.

A l'angle de la cour, ainsi qu'un témoin sombre, Un squelette de tcur, formidable décombre, • Sur son faîte vermeil d'où s'enfuit le corbeau, Dresse et secoue aux vents, brûlant comme un flambeau, Tout la branchage et tout le feuillage d'un orme, Valet géant portant un chandelier énorme.

La Légende des Siècles.

Chant.

Les autres sont des bruits ; vous, vous êtes un chant !

Chanteur.

Ces noirs chanteurs chantant sans cesse le même air, Les flots, dressent leur blanche crête ;

Les Quatre Vents de l'Esprit.

Voir Tête.

Chaos. — La conscience, c'est le chaos des chimères, des convoitises et des tentatives, la fournaise des rêves, l'antre des idées dont on a honte ; c'est le pandemonium des sophismes, c'est le champ de bataille des passions.

Les Misérables.

Chapeau.

Mai porte à son chapeau toujours la même fleur. Le destin, chausse-trape usée à la charnière, S'ouvre et se clôt toujours de la même manière. Et la vie, où l'espoir avorte et se morfond, N'est qu'une boîte avec la mort pour double fond.

Les Quatre Vents de l'Esprit.

...et ses deux hautes tours contiguës, dont le toit conique, entouré de créneaux à sa base, a l'air de ces chapeaux pointus dont le bord est relevé.

Notre-Dame de Paris.

Char.

Au jour où, menaçant la terre virginale, Comme, d'un char léger pressant l'ardent essieu, Un roi vaincu refuse une lutte inégale, Le chaos éperdu s'enfuyait devant Dieu.

Et qu'enfin le fardeau de la suprême voûte, Fera, comme un vieux char tout poudreux de sa route, Crier l'axe affaibli des cieux.

Idem .

Il n'a qu'à dire un mot pour couvri r vos voLx grêles, Comme un char en passant couvre le bruit des ailes De mille moucherons.

Feuilles d'Automne..

Il roule lourdement ce grand char où nous sommes, Que les événements traînent tout chargé d'hommes, Et, pour le bien guider dans les âpres chemins, Il faut un ferme bras et de puissantes mains. Souvent, marchant la nuit sous un ciel peu propice, En évitant l'ornière, on trouve un précipice ; Car ce char, dont la terre entend l'essieu crier, Ne se dételle pas et ne peut s'enrayer.

Cromwell.

Et sa pensée, errante alors comme les proues Dans l'onde et les drapeaux dans les noires mêlées, Est un immense char d'aurore avec des roues Ailées.

L'Art d'être grand-père.

Je m'en irai dans les chars sombres Du songe et de la vision.

Idem.

Le grand char de l'esprit roule sur quatre essieux.

Les Quatre Vents de l'Esprit.

Le monarque est le char, le peuple est le pavé ;

Le char du crime avait du sang jusqu'à l'essieu ;

La Fin de Satan.

Voir Ulcère.

Charbonner.

Barbouiller la lumière avec tes turpitudes, Et charbonner la face auguste du soleil.

L'Ane.

Chardon.

Rome est un champ ayant le moine pour chardon.

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