LA BIEN PARFAICTE
Monsieur, Monsieur, on voit bien comme Vous estes le Bien Gracieulx :
Car ainsi vous plaist à parler.
! I BIEN ( RACIEI 1 \.
Demandez au Rien Vertueulx.
« Je vous assure, Madame, répond Bien Vertueulx, que mon camarade ne dit en cela que la vérité.
la Bien Pabfaicte.
Rien vous vous scavez recoller Que pour Dames bault extoller, On les t'aict dejoye voiler; En louant leur beauté faconde.
« Aussi accomplie que vous l'êtes, continue le Bien Gracieulx; il est impossible que vous n'aimiez point. — Oui, j'aime, répond-elle, el d'un feu violent. — Mon Amant, continue-t-elle, est le plus parfait, le plus puissant d'entre milliers de milliers. En un mot, c'esl le Bien Souverain. — J'ay une pleine connaissance de ce que vous me dites, réplique le Bien Gracieulx, puisque je suis son Sécrelaire. Je n'ai point encore perdu l'idée de cet heureux jour qu'il envoya le Seigneur Gabriel vous prier de lui accorder votre amitié. — Vous accompagniez, ce me semble, cet aimable Messager, répond la Bien Parfaicle. — 11 est vrai, répond le Bien Gracieulx; mais, continue-t'il, vous souvenez-vous que voire Amant vous fit éprouver trois jours d'absence? — Je n'ai pas oublié, dit la Bien Humaine, le bon tour qu'il lit à vos Noces. — Oh ! que le vin qu'il nous donna étoit délicieux, reprend le Bien Naturel.
le bien naturel.
Ce n'estoit point ung gros vin Bourguignon, Je y avois mis ung bon vin naturel.
Mais cestuy-là fut surpematurel, Le plus parfaict que jamais gousta bourbe : Que pleust à Dieu que j'en tinsse une louche 11 m'est advis que je serois heureux.
a Sur ces entrefaites, le Bien Souverain, après avoir demandé au Bien Triomphant s'il doit épouser la Bien Parfaite, lui ordonne de l'aller chercherdans son char. Bien Triompbant exécute cet ordre, et fait une harangue à l'épousée. Les joueurs sonnent pendant sa marche, et elle arrive enfin chez le Bien Souverain, qui l'embrasse et la couronne reine du ciel.
LE BIEN TRlINirilANT.
Nous conclurions que la Vierge Marie.
Mère de Dieu, qui jamais ne varié,' Par bien aymer, el vertueusement-.
Est parvenue a haulie Seigneurie:
Couronnée de Royal Amiairie, En triomphant perpétuellement Vélà de nuoij, donc curieusement Tous bien unis, sans aucune discorde, Présentez-luy vos eueui s dévotement, Prenans en gré le simple esbaltement, Faict par l'Amant qui vouldroit lovaulment Yv'us aymer tous bien unis en 'concorde • Yélà de quoy. i
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AVENNIR (Le Roi). — Manuscrit du Mystère du roy Avennir, Advenir ou le même Abhennir a été indiqué par les frères Parfait, comme appartenant à la bibliothèque du roi, in-folio de 560 pages.
Selon ces auteurs, Avennir n'aurait jamais été imprimé.
Ce drame singulier, dont le fonds était tiré d'un ouvrage de saint Jean Damascène, intitulé l'Histoire de Josaphat, fils d' Avennir, roi des Indes, et de Barlaam, a pour auteur Jean du Prier, et date de la seconde moitié du xv' siècle.
Les frères Parfait, dans leur Histoire du Théâtre français (Paris, 1735, in-12, t. H, p. V75-4-9Ï) en ont donné une analyse [que nous reproduisons ci-dessous; de Beauchamps ( Recherches sur les Théâtres; Paris, 1735, in -8°, 3 vol., t. 1", p. 225) et la Bibliothèque du Théâtre français, ouvrage attribué au duc de La Vallière (Dresde, 1768, in-8°, 3 vol., loin. I", p. 35), l'ont mentionné aussi.
mystère dd roy advenir (90). S'ensuyt le Mystère du Roy Advenir , ouvré par Jean du Prier, dit le Prieur Mareschat des Logis du Roy de Cécille, René le Bon (91).