JOURNÉE PREMIÈRE
« Le comte d'Alagonne députe ses chevaliers vers le roi Alphonse, pour lui demander sa fille en mariage. Le roi envoie chercher la princesse, et lui fait part de la proposition du comte.
LE ROT ALFONCE.
Ung Comte y a ; je ne sçav qui il est,
Qui vous demande
À mariaige
En son langaige . Et dit qu'il est
Plain d'Eiitage
De grant lignage;
Ne sçay que c'est.
II m'est ailvis, qu'il est nommé Par son nom, Comte d'Alagonne.
« La princesse, sans demander une plus ample explication, déclare qu'elle ne veut pas se marier du vivant de son père. Sur ce refus , le comte assemble ses troupes, et vient assiéger Alphonse dans sa capitale.
(90) L'orthographe de ce nom varie beaucoup : on le trouve ainsi écrit au titre et dans le prologue. Dans les deux premières journées, on l'appelle A venir, ou Avennir, c'est la véritable orthographe; et Abhennir dans la troisième.
(91) Ce mystère, qui n'a jamais été imprimé, se trouve in-fol. parmi les manuscrits de la Bibliothèque du roi. 11 est divisé en trois journées , dont les deux premières contiennent 83 feuillets chacune, et la troisième 110, en tout 560 pages, et près de dix-sept raille vers. On ignore le temps qu'il fut représenté : mais il est certain qu'il fut composé du vivant, et parles ordres de René , roi de Sicile, et vraisemblablement joué devant ce prince , qui mourut en 1480. Après avoir déclaré le sujet qui l'a obligé à composer ce mystère, l'auteur, dans son prologue, ajoute ces vers pour sa justification , en faisant parler l'acteu.r, qui le représente en tierce personne.
Cette matière comment»,
LE COMTE D'ALAGONNE.
Par Jupiter; je vous aurez.