‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1117 sur 1429 · YEN · texte numérisé non relu

YEN

, Cayphas et Annas écrivent à l'empereur Tibère pour se justifier de la mort de Jésus, et accompagnent leur lettre d'un riche présent. Pilale dépêche de son côté Centurion et Mételle dans le môme dessein (444-). »

SECONDE JOURNÉE

« Mételle et son compagnon présentent a l'empereur les lettres de Pilate, dans lesquelles ce gouverneur lui fait récit de la vie et des miracles de Jésus. Tibère (445), saisi d'étonnement, convoque le Sénat pour lui en faire part. Cependant les chevaliers de Vespasien arrivent en Judée, et s'adressent à Cayphas qui les renvoie avec menaces. Pilate, qu'ils vont trouver ensuite, les instruit sur la sainteté de la vie de notre Sauveur, mais il ajoute qu'il ne peut contenter les désirs de leur maître. Les chevaliers désespérant de pouvoir trouver ce qu'ils cherchent, vont au Temple de Jérusalem, où i's rencontrent Véronne qui, obéissant aux ordres de Dieu, leur dit qu'elle possède la Véronique et qu'elle veut bien les accompagner. Vespasien, guéri par l'attouchement de celte sainte relique, remercie Jésus et promet de venger sa mort. Il sort ensuite pour apprendre sa guérison miraculeuse à l'empereur. Cette nouvelle irrite ce prince contre Pilate ; il ordonne à des archers d'aller le prendre chez lui, et de ramener à Rome, où il le fait aussitôt enfermer dans un cachot. Le démon Forgibus vient trouver ce prisonnier, et lui conseille de se pendre. Pilate résiste à cette tentation. Sur ces entrefaites Sabin son valet lui apporte de l'argent et la robe de Notre-Scigneur, que Pilate met aussitôt. Par l'effet de cette robe, Tibère lui fait beaucoup de caresses lorsqu'il J'en voit revêtu, mais dès qu'il n'est plus devant lui il veut le faire mourir. On soupçonne enfin l'artifice du criminel, et aînés l'avoir dépouillé de sa robe, Tibère, de l'avis du Sénat le condamne à l'exil. On le conduit à Lyon, où on l'attache aussitôt au Pilori avec un écriteau devant, et un autre derrière : et de là on le ramène dans la prison de celte ville. Pilate désespérant de sortir jamais de ce lieu obscur, suit les conseils du démon Lergalus et se tue d'un coup de poignard: on jette son corps dans le Rhône.

« Tibère meurt, Caius lui succède, et par sa prompte mort laisse l'empire à Claude, et

(444) Chaque journée de ce mystère esl précédée par un discours que fait le meneur du jeu, sur ce «lue l'on vient de voir, et ce qui va être représenté; el esl terminée par une autre où il congédie l'assemblée, et la prie de revenir le lendemain.

(445) Les auteurs des mystères se sont tous accordés pour nous représenter Tibère comme un bon prince, el assez porté en laveur de la religion chrétienne. Il y a toute apparence que la juste sévérité qui lui lit exiler Pilate en esl la seule cause.

(440) i A'oia, qu'dz la lien' icy sur ung long banc, le ventre i^sus; et failli avoir un coips fainl pour ouvrir. » Pendant qu'un dissèque ici le corps faint d'Agvippine, la persunnequi joue ce rôle, esl cachée derrière le théâtre et parle à Néron et aux bour-

DICTIGNM1UE DES MYSTERES. YLN t 00

c.'lui-ci a Néron. Les Juifs se révoltent contre ce prince, qui envoie Vespasien avec une

forle armée pour réduire ces rebelles. Vespasien arrive au port de Jatl'et, et celte journée finit par quelques escarmouches entre les troupes romaines et juives. »

TROISIÈME JOURNÉE

ii Néron, importuné des remontrances de Sénèque, ordonne qu'on lui tranche la tète, et se résout à faire mourir Agrippine. Lucifer instruit de ses desseins, envoie un démon qui, sous l'habit d'un médecin, conseille à ce prince de faire ouvrir le ventre de cette princesse (446). Pour accroître encore le crime de Néron, l'auteur suppose ici qu'Agrippine perd la vie dans l'opération; elle vomit, en expirant, mille injures contre ce hlsdénaturé. Les sénateurs, informés de cette cruauté, conspirent contre l'empereur; qui cependant t'ait mettre le feu dans Home, et écorcher deux sénateurs. Le peuple se soulève, et Néron se tue enfin à la suggestion des malins esprits qui emportent son âme. D'un autre côté Vespasien remporte quelques avantages sur les Juifs, et prend Jotapate. Joseph, jeté dans une fosse, en est retiré miraculeusement par un ange que Dieu envoie exprès pour lui sauver la vie. »

QUATRIÈME JOURNÉE

« Galba n'est pas plutôt élevé à l'empire, qu'il se voit disputer cette dignité par deux compétiteurs Yitelle el Olhes. (Vitellius et Othon). 11 succombe sous les coups du dernier, qui devient par là son successeur. Otites ne conserve pas longtemps sa nouvelle dignité : poursuivi par Vitelle et ses adhélents, il s'arrache la vie et laisse le Irûue à Yitelle. Au bout de quelque temps les Romains, las des débauches de ce dernier empereur, l'assassinent et je, tenl son corps dans le Tibre. Les diables emportent son âme en triomphe aux enfers. Cependant Vespasien presse les Juifs de plus eu plus, et fait arborer trois étendards, l'un blanc, le second rouge et le dernier noir (447). La résistance des rebelles l'oblige à donuer un assaut général. Cayphas et Annas sont faits prisonniers, et Vespasien, seressouvenantdela promesse qu'il a faite au Seigneur, les condamne, comme auteurs de la révolte, à être pendus par les pieds. On attache aussi avec eux des

reaux. Il faut remarquer qu'on appelle ici tailleur celui qui l'ait celle opération.

(147) Si l'on en croit les auteurs chrétiens qui ont parlé du grand Tainerlaii, ce prince avait coutume, lorsqu'il assiégeait quelque ville d'importance, de faire tendre en premier lieu un pavillon blanc, pour signifier que si les assieeé» voulaient se soumettre, ils éprouveraient les effets de sa clémence. Si la ville refusait de se rendre, il taisait poser le lendemain un pavillon couleur de feu, signal de sa colère : et colin lorsque les habitants persévéraient à se détendre, il leur annonçait par un pavillon noir qu'il les abandonnait à la fureur de son armée. Notre auteur fait imiter ici ce trait de Tamerlan par Vespasien.

VIE

VIE

ihiens, des chais et des singes pour les dévorer. On vieni apprendre à \ espasien que le sénat l'a proclamé empereur. Sur celle heureuse nouvelle, ce prince charge son fils Titus du soin de l'année et de celte guerre, et" s'en retourne à Rome. Titus exécute les ordres de son père avec beaucoup d'ardeur, ce qui jette les rebelles dans une extrême consternation. Une femme appelée Marie, pressée par une faim cruelle, met son jeune enfan'tà la broche comme un cochonde lait. Cependant les Romains, par un dernier effort, entrent dans la ville; on met le feu au temple, et les vainqueurs exercent mille cruautés, violant les femmes et les filles, en présence de leurs maris et de leurs mères, qui sont emmenés en esclavage. »

VIC (Saint). — On lit dans les Recherches sur les Théâtres de France de De Beauchamps (Paris, 1735, in-8% 3 vol., t. I", p. 251):

« FIlÈllE GEOFFROY MUNSTER.

« Suint Vie.

« l/an 1420, le jour de la fêle Saint-Privey, fut fait le jou (jeu) de saint Vie par frère Geoffroy Munster, qui ti les personnages, lui li le curé de saint Vie, xi sols davantage. »

VICTOUR (Saint). - On trouve dans les Recherches sur les Théâtres de France de De Beauihainps (Paris, 173o, in-8°, 3 vol., t. 1", p. 2ïl) la note suivante :

a Saint Victour.

« L'an 1425, le premier jour du mois d'août fut fait le jeu de saint Victour, et fut M" Didier Gerbin maître des echolles de saint Vie, saint Viclour, et dm oit le dit jeu trois jours et fu fait un chaud. » (Chr. de Metz, ms.)

VIERGE (Dialogue de la). — M. Edélestând Dumétïl considère la forme du drame comme complète dans le Dialogue de la Vierge de saint Anselme (Cf. S. Ansei.mi opéra; éd. de Paris, 1721, p. 488-493; El. Duméril. Origines latines du théâtre moderne, Paris, 18ii), in-8", p. 3). Ce dialogue n'a jamais été destiné à la représentation.

VIERGES SAGES ET LES VIERGES FOLLES (Les). — Ce beau mystère qui date au moins du xic siècle et qu'on peut sans exagération faire remonter au x% ainsi que l'a indiqué Raynouard, est l'un de ceux dont le manuscrit de Saint-Martial do Limoges, appartenant à la Bibliothèque impériale, n" 1139, nous a conservé des fragments. (Voy. Saint-Martial.)

Raynouard [Choix de poésies originales des troubadours, t. Il, p. 139) l'a publié le premier. M. Er. Michel en a donné, pour la société des bibliophiles, une édition reproduite en Angleterre, par M. Thomas Wright (Early mysleries, anciens mystères et poèmes latins; Londres, Nichol , i8o8, in-8°, de J xxviu-135 pages), et en Fiance, dans le Théâtre Français du moyen âge ( Paris , 1839, gr. in-8°), de MM. Monmerqué el Er. Michel.

M. Magnin, dap^ son cours professé à la Faculté des Lettres en 1835 (Cf. Jown. gén. Dictionn. pes Mystères,

de l'Inslr. publig , :>i> juillet 1835, p. 30o), el dans le Journal des Savants, cahier de janvier 18ï(i, a signalé cet office dialogué comme

le plus ancien draine c mou jusqu'ici, où apparaisse au milieu du latin expirant l'emploi d'un idiome moderne. C'est un monument bilingue et même trilingue, le latin et l'anglo-norniand y étant associés à la langue romane. Ce drame a dit être non pas seulement récité mais représenté dans l'église; ce ((n'indique la rubrique prœcipitentur in infernum...

Ces conclusions, si pleines de sagacité, ont. été universellement adoptées; il n'y a guère que M. O. Leroy qui s'y soit soustrait pour rapprocher le mystère des Vierges... de quoi? — Du bel opéra de la Vestale. (Etudes sur les mystères; Paris, 1837, in-8", p. 7.

Nous n'avons qu'une observation à faire : il nous a semblé que ce que M. Magnin considère connue ui Mystère de l'arrivée de l'époux, n'était que le prologue des trois scènes du mystère des Vierges, et ne pouvait être nullement considéré à part. — Voyez Saint-Martial de limoges (Manuscrit de).

PERSONNAGES

UNE VOIX b EN HAUT.

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