‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1168 sur 1429 · I.E COMTK DE SALLIiS · texte numérisé non relu

I.E COMTK DE SALLIiS

Acttur, dont on ignore le véritable nom, jouait quelquefois avec les clercs de la Ba/oche. Il mourut d'une maladie épidémique qui courut a Paris sous le règne de François 1", et fut enterré h Saint-Laurent. L'épitaphe suivante, qu'on trouve dans les poésies attribuées a Clément Marot, nous apprend 1 s particularités que nous venons de rapporter.

Fpïlnphc du comte de Salles, en forme de ballade.

S'oncques à pilié il le convient mouvoir Et d'autruy-cas, ou malheur, le douloir, O vialcur, ne le desdaipne uiye Veoir cest escripl, el pyieuse omélye : Si gémiras le grief desparl d'img Comte , Qui vivant pleusl en loule compagnie.

Maison n'en laid mise, reccple, ou compte.

Je suysceluy, comme lu dois seavoir.

Comte île Salles, assez plaisanta veoir; Qui par mes gesles, brocards el Tragédie, Mainte assemblée ay souvent resjouye, En entretient, ayant plus grâce que houle, El en accordz, el doulz cbanlz ai mollir. Mais on n'en faicl mise, receple, ou conque

Cuydant fuir le naturel devoir.

Mort au passaige m'arresler eut vouloir,

SOlicy, avec leur badin, qui promit de bien badiner. »

(772) Sans trop donner aux conjectures, on peut supposer que l'habillement dont Clément Marni nous donne ici la description, était commun à tous les acteurs qui jouaient dans le genre comique adopté par Jean de Serre. Le caractère et l'habillement de lèle du Cille semblent avoir été pris d'après celui dont nous parlons.

ADA

DICTIONNAIUE DES MYSTERES.

ADA

El n'est amy qui à m'aider s'emplye (775) Parqnoy làissay, pour bon gaige, ma vie, Dont j'ay quittance, sans faillie, ne mesconipie, Escrile au toile des Morlz d'Epidémie, Mais on n'en laid mise, receple, ou compte.

Prince, iiiniil esi mou ramenlevoir, Ponrquoy vous dis adieu jusques au revoir. Des bonnes parlz, la meilleure ay choysic; Fol est pour vrav, qui au moindre se lie; Car lel esl bien banl juché, qu'on démoule ; L'homme prudent à ici jeu ne l'envye, Maison n'en faicl mise, receple, ou compte.

Complaintes de dame Bazocke sur le trépas dudit comte.

0 sorl ini'ple de lubrique repos,

0 lil couppé par la dire (774) Atropos,

Que Lacuesis en coininençoil liller.

Les Destinés de Irop ferme propos,

M'onl losl oslé mon plus plaisant suppost,

Par le vouloir de celuy qui fait l'Aêr.

Pas ne falloil si soubdain affiler

Poinete à la mort, pour chose si très-tendre,

Une l'on pouvoii sans plus tordre enfiller;

Plus l'arc est foible, moins de force à le tendre.

S'esbaliil-on si mon cneur triste rendy, Quand voy mon Comte au Cloislre Saint Lau-

[rens, Ainsi, de pesie, soubdainement mourir?

Ha! mes suppôt/., geliez vous sur les rancs, Pour, avec moy, cstre rémémorans La perle grande qu'il nous convient souffrir. Jadis le veisles a tous voz laids souffrir, Et en vosjeulx faire Borir son nom :

Ire falalle ores le faict pourrir.

Par faulx eslcuf on perl souvent le bon. Vous, IJ.ironal (7~ô), qui fustes son Seigneur. El vous, Guislaud (770) de son bien en seigneur, s'oii y, pour vous, pileuse chansonnette. Vous, C.ompaignon, qui l'aimasles de cneur, Avez point eu tristesse du malheur Qai succomba si simple personnelle?

Chacun de vous à lamenter se mette, Le passe-temps, la juye, ei le confort, «jue son vivant perl sa façon, et geste, A u'ng chasciin plaire faisoil effort ele

JACQUES TilEUNABLE.

11 n'est connu que par l'épitaphc suivante île la composition du fameux Ronsard. Elle s'explique assez sur la misère du personnage, sans qu'il soit besoin d'en parler

Epilaphe de Jacques Mernable , joueur de farces.

Tandis que tu vivois, Mernable , i ii n'avais ni maison, ni table, El jamais, pauvre, lu n'as veu En la maison le pol au feu ; Ores la mort t'est profitable ; Car lu n'as plus besoin de table, Ni de pol, et si désormais, Tu as maison pour tout jamais.

ADA, VALDA ou Y AUDE (L'). — De Roquefort cite l'Aida de Guillaume île Blois, IVère de Pierre de Blois (776»). (Cf. De t'élut

(7"3) S'emploie.

(774) Dire, cruelle.

(775) Acteur bazoebien.

(776) Autre acteur bazoebien.

de la poésie fr., duns les xii' et xm' siècles : Paris, Fournier, 1815, in-8°.) M. Ainaury Duval mentionne aussi cette pièce. (Cf. Histoire littér., delà France, l. XV'; Discours sur l'état des beaux-arts en France au xm' siècle, par M. Amauky Duval. p. 276.) L'abbé de Larue remarque que le clergé ne fut pas hostile aux pièces profanes au moyen âge, puisque Pierre de Blois (L., de Balh.), dans une de ses Lettres, félicite son frère du succès de la tragédie de Flaura et de la comédie de VAude, ces pièces cliâliées étaient écrites en latin; il se pourrait néanmoins qu'elles n'eussent été que des récits et des contes, comme la Divine Comédie de Dante, qu'où pourrait croire une pièce de théâtre si el'eétait aujourd'hui perdue. (Cf. L'abbé de Laiti e, Essais hisl., sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglo-normands ; Caen, Mancel, 1 83 '+ , in-8% 3 vol., t. 1er., p. 186-187.)

M. Magtiin attribue à la renaissance de la liitérature érudite au xtr siècle la comédie iVAdda de Guillaume de Blois, aujourd'hui perdue. ( Cf. Journ., gén. de l'hist.. publ., 1833, 29nov, p. 67.)

M. Edelestand Duinéril en nie le caractère dramatique. (Cf. Orig., lat., du th., mod.; Paris, 18i9, in-8% p. 33-3i.)

VAddane s'est pas relrouvée. Voy. Guillaume de Blois.

ADAM DE LE HALE ou LA HALE. •-

M. Monmerqué a l'ait précéder le Jeu Adam, le jeu du Pèlerin et celui de Robin et Marion, d'une longue notice sur leur auteur, dont il écrit le nom Adam de La Halle.

11 le considère comme un des fondalcurs de l'art dramatique en France, ce qui csl méconnaître toutes les pièces antérieures au xm1 siècle, qui sont assez nombreuses pourtant et dont le mérite est assurément supérieur. 11 remarque que les jongleurs et les trouvères étaient souvent des bossus, assertion bizarre dont il n'y a pas de preuves.

« Adam, dit-il, naquit a Arras vers 12W ; maître Henri, son père, était bourgeois de cette ville alors féconde en poètes. Adam passa ses premières années à l'abbaye rie Vauxcelles, située sur l'Escaut, à peu de distance de Cambrai. Il y prit l'habit des clercs et y étudia les sept iirts : c'était le grand cours des études. A peine fut-il revenu chez son père, qu'il s'éprit d'un vif amour pour Marie, jolie personne, plus riche d'agréments que des avantages de la fortune. Le père d'Adam fit de vains efforts pour le détourner de ce mariage. Le cœur du jeune homme battait d'amour pour la première lois: sourd à la voix de la raison, il demanda et il obtint la main de la jeune fille ; tuais à peine l'eut— il épousée, que rassasié de courtes délices et etfrayé des dépenses et des embarras du ménage, ses illusions se

(776") 11 faut ajouter archidiacre de fia h, pour le distinguer d'un antre Pierre de Dl is. (H ht. litl. as lu France, l. XV.)

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