‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1254 sur 1429 · URO · texte numérisé non relu

URO

ISOTJCE SIR LE THEATRE LIRRE.

RRO

El <mi la H ii tant nie fois Que 107. li nions m'est aiiemis.

Au mains, quant tu me desmeis Du lien où tu m'avoies mis, Eu Testât où tu me pris Porqoi ne mi as-tu remis'

Se en mon premier estai lusse; En boue grasse le preisse; Quar le cors et la vie eusse Et avoir dont je nie «esquisse, El me gardaisse, et pen eusse Comment loiaoment me lenissc :

Or esl ma vie si confuse Que cliascuns me liei cl despise.

Fortune, cesle desreson M'as-tu fêle et ceste dune Venuz soi de clerc meson En dolor et en obscurlé.

Perdu ai ma bone seson, Cliéus sui en maléurlc :

Droit m'en féist, dame Rcson, De ce que ainsi m'a Imité.

(Ci parole fortune.) Pierres, je ne l'ai pas oslée Ta ricliece ne la puissance; Mes ta grant fausseté pvovée T'as mis en cesle mesch ance.

A poi que tu n'as vergondée La corone ei le roi de France, Et sanz reson as disAtmée La roïne où tant a vaillance.

Garder déusses loiaumeiil Ton seîynor lige et maintenir, El tu l'as servi faussement :

Fere le cuidoies niorir; S'as-lu l'ut à ce jugement A la mort maint bouline venir :

Bien doit avoir mal paiement Qui mal œvre veut maintenir.

Tu as Ici trop d'iniquitez,

Droiz l'en fet le guerredon rendre :

Se tu pers en la l'ausselez,

Tu ne l'en dois pas à moi prendre.

C'esl ma droite properilez

Que de monter et de descendre

Jà mes estas n'en arestez :

Or le faz grant, or le faz mendie.

Porqoi sui Fortune nommée, Quar je faz bien le fort nimber Et trebuchler en la vaMe; El quant d'eus me vueil aprismer Je les remet en la montée, Et si les faz seignors clamer.

Ainsi esl ma roe tornée, Quar je faz haïr et amer.

Ainsi, Pierres, te plains à lorl, Ci! voit-on bien par vérité; Tu niéismes l'es mis à mort El de richece l'es gelé.

Or n'i a aulre réconfort, Fors que je pri par amislé A Reson que droit nous aporl Selouc ce qu'il esldesputé.

(Ci rend reson sentence.) Pierres, bien as Fortune oie, Qui se desfent moull'sagcment, El ilist ipie lu ne sivis mie La voie du commencement, El que tu as de tricherie Ton seigner servi faussement Et que c'esl ses droiz et sa vie De lorner losl isnelenienl.

Ainsi, Pierres, à tort le plains, E' je crois bien qu'clc dit voir :

monde esl mon ennemi. Au moins, quand tu me déplaças du lieu où lu m'avais mis, pourquoi ne m'as-tu pas rendu à L'état dans lequel tu me pris?

Si j'étais en mon premier état , je prendrais la chose de bonne grâce; car j'aurais corps, vie et avoir dont je pourrais vivre, cl j'aviserais à me tenir loyalement : maintenant ma vie esl si confuse que chacun me bail et me méprise.

Fortune, c'est loi qui es l'an leur de celte iniquité et de celle infortune : je suis venu de claire maison en douleur et en obscurité. J'ai perdu ma bonne saison, je suis tombé dans le malheur. Faites-moi justice, dame Raison, de ses mauvais traitements à mon égard.

(Ici parle fortune.) Pierre, je ne l'ai pas ôté la richesse ni ta puissance; mais c'esl la grande félonie prouvée qui l'a mis dans celle infortune. 11 s'en faut de peu que lu n'aies avili la couronne et le roi de France; sans raison lu as diffamé la reine, dont le mérite est si grand.

Tu aurais dû- garder loyalement ton seigneur lige, et lu n'as été qu'un Irailre : lu pensais le faire mourir, el par ce jugement lu as fait venir maint homme à la mon : celui qui veut maintenir mauvaise œuvre doit bien avoir mauvais payement.

Tu as commis trop d'iniquités, Dieu l'en fait donner la récompense; si tu perds par la fausseté, tu ne dois pas l'en prendre à moi. C'est mon véritable bonheur que de monter et de descendre; jamais mon étal ne sera lixe : tantôt je le fais grand, tantôt je le fais moindre.

C'est pour cela que je suis appelée Fortune, car je fais bien tomber et trébucher les plus forls en bas; puis, qu'il me plaise de me rapprocher, je les remets en la moulée , cl les fais appeler seigneurs. Ainsi tourne ma roue; car 'e fais haïr el aimer.

Oui, Pierre, lu te plains à tort , véritablement. C'esl loi seul qui l'es mis à mortel privé de richesses. A celle heure il n'y a pas à s'en consoler autrement, sinon que je prie pat amitié Raison qu'elle nous rende justice suivant les débals qi i oui eu lieu.

(Ici raison rend sentence.) Pierre, tu as bien oui Fortune, qui se défend Iressagenient, en ce que lu n'as pas suivi la voie que lu pris d'abord. Tu as traîtreusement triché ton seigneur, el, d'ailleurs, c'esl le droil el la vie [de Fortune] de tourner rapidement.

Ainsi, Pierre, lu le plains à lorl, et je crois bien qu'elle dit la vciiié . lu es atteint (et convaincu) de

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