FOL
veut point aimer et I aulre a un amant, paraissent sur le théâtre, chacune d'elles soutenant que sa situation est préférable à celle île l'autre. Arrivent deux femmes mariées, dont la première est aimée par un jeune homme. Quoiqu'elle ne réponde point à son amour, elle ne laisse pas d'éprouver l'humeur jalouse de son mari. La seconde aime son mari uniquement; mais par malheur pour elle l'infidélité de cet époux la jette dans le désespoir. Pendant que ces deux femmes se racontent leurs peines mutuelles, les jeunes lilles s'approchent pour apprendre le sujet de leurs larmes. Sur ces entrefaites, paraît une vieille, âgée de cent ans, dont elle en a passé vingt dans le célibat, autant dans l'état du mariage et soixante depuis la mort de son époux. Les quatre personnes ci-dessus vont l'aborder et la prient de leur donner conseil sur leur situation.
« La vieille, après les avoir écoutées trèsattentivement , dit à la première mariée qu'elle prenne patience, que le temps effacera la jalousie de l'esprit de son mari ; mais qu'au cas qu'elle ne puisse pas attendre l'eff. t du temps, elle lui conseille d'écouter plus favorablement son amant. Elle excite la seconde à prendre exemple sur son infidèle et ii se dédommager avec un amant du mépris qu'elle reçoit. A l'égard des deux lilles, elle prédit à la dédaigneuse qu'un jour l'amour se vengera de ses froideurs, et dit à la seconde qu'elle doit s'attendre à perdre son amant et à soulfrir un tourment d'autant plus insupportable, qu'il surpassera le plaisir passé. Ces quatre personnes ne voulant point ajouter foi à ces prédictions, traitent la vieille de folle. Un vieillard s'approche pour tâcher de leur faire entendre raison.