‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 129 sur 1429 · BAR DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

BAR DICTIONNAIRE

et en la remerciant, lui promettent de boire du meilleur vin à sa santé.

« Lucifer ordonne à Satan de remplir de fureur le cœur de Dyoscorus. Ce prince va voir Barbe, et apercevant une troisième fenêtre, il s'emporte fort contre les deux maçons, qui s'excusent en disant qu'ils n'ont fait qu'exécuter les ordres de la princesse.

DYOSCORUS.

Ha ! truande !

Faulce oultrageuse, et estourdie!

Comme as tu esté si hardie,

De faire à ta volonté pure

Sans mou congié une oupverture?

« Barbe lui répond qu'elle ne l'a fait faire que pour honorer la sainte Trinité. Ce discours, qui marque les sentiments d'une religion que ce ro-i abhorre, ne fait qu'allumer sa fureur; il court sur sa Mlle l'épée nue à la main, dans le dessein de la tuer. En ce moment la Vierge prie le Seigneur, qui permet que la princesse passe au travers des murs de la tour. Dyoscorus, la voyant disparaître à ses yeux, la cherche partout et vomit mille imprécations contre elle. Les tyrans qui sont à sa suite lui en demandent 'e sujet.

groxg.nart, primus Tyranmis.

Quesse, Monsieur'

DYOSCORUS.

C'est ceste....

Ma fille.

cormdert, secuiulus Tyrannus.

Qu'est-elle devenue.

DYOSCORUS.

Pleust a noz Dieux qu'elle fust arseî

ROUillart, tertius Tyrannus.

Quesse, Monsieur?

DYOSCORUS.

C'est ceste....

Il fault que la peau on luy arse Et qu'on la tire sans détenue.

CORNIBERT.

Quesse, Monsieur?

DYOSCORUS.

C'est ceste....

Ma fille.

GRONGNART.

Qu'est-elle devenue?

« Pendant qu'on cherche Barbe, Galathée déplore son sort et condamne la cruauté du roi(UO), qui ordonne à Lamenant de faire son possible pour découvrir où elle est.

(Lamenant asçendat super equum [II 11.)

« Dyoscorus, cherchant toujours la princesse, rencontre Gourlant et Bourle, bergers de la contrée ; il leur demande s'ils

(HO) Galathée a d'autant plus lieu d'être surprise de celle inhumanité, que jusqu'à ce moment Dvoscorus n'a fait paraître que beaucoup de bonté et une complaisance aveugle pour sa fille.

(111) Lamenant monté sur un cheval. Qu'on ne s imagine pas que ce cheval fût représenté par une machine; c'était un cheval effectif, aussi bien que |àne sur lequel Jesus-Christ monte à la fin de la

BAR

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n'ont point aperçu sa fille. « Non, » repondent-ils. r

brandiuas, cnevalier de Dioseorus.

Vous mentez, vilains, vous mentez ; Contrefaiclez-vous le Chat borgne?

Cuidez-vous que le Roy soit borgne?

bourle , montrant le lieu où Barbe est cachée. Je ne vous dy pas qu'ei est-là

« Gourlant, après avoir reproché à son compagnon la trahison qu'il vient de commetlre,se retire, et Dyoscorus, ayant trouvé sa fille, la fait mettre inhumainement dans une prison obscure.

(Puusa : ducant eam ad carcerem.)

« Cependant la nature parle au fond du cœur de ce roi ; il gémit de sa triste situation et s'écrie plusieurs fois :

Hélas ! qu'esse que de ce monde.

« Pour tâcher de la ramener par la voie de la douceur, il envoie chercher les deux docteurs auxquels il apprend sa disgrâce. « Je m'en étais toujours bien douté, » lui dit Amphoras. Barbe, arrivée en présence de son père, résiste à ses caresses et aux discours des docteurs avec une fermeté inébranlable. Ensuite, comme elle veut s'efforcer de les retirer des ténèbres de leur erreur, le roi lui impose silence. « Vous perdez vo- « lie peine, » lui dit Florimond.

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