LE TACE
Vous estes reclus...
M'a tu pas veu porter l'oyseau Et tenir train de gentillesse?
LE PAGE
Oui dea! par hardiesse
Mais c'estoueni poules desrobes...
LE GENTILHOMME
Tu scays bien que lu es a mesme De tout mou bien d'or et d'argent...
LE PAGE
Vous n'aves lumens ne chemins Nv nabis qui ne souent en gige.
Voire chemise est de louage, El sy vous faull ung seruileur...
LE GENTILHOMME
As lu poiucl veu mon eslan*
LE PAGE
Ouy, ouy les neiges d'aulen* Y n'a ny eslan ne clapier C'est ung grand fosse de bourbier Ou sonl gregnouiles et murons ..
GETÂ. — Le Gèta semble dater assez certainement du xii' siècle ; du moins est-ce la date que lui assignait Jérémie de Padoue ai commencement du xvi' siècle, et cette dale n'a pas été contredite.
On lui donne communément pour auteur Vital deBlois; un manuscrit de Darmsladt l'attribue à Ovide, celui de Madrid à Piaule. Jérémie n'en avouait pas d'auteur; le Dr Endlicber l'a cru de Matthieu de Vendôme. Parmi les manuscrits qui le concernent , il faut citer ceux de Darmsladt , de Naples , de la Bibliothèque Médicis, signalés par M. Fréd. Osann , et ceux des Bibliothèques Cotionienne et Bodléienne. de Paris et de Madrid qu'a indiqués M. Wright, et où il se trouve à côté du Babio. Le manuscrit de Darmsladt contient les œuvres de Matthieu de Vendôme.
M. Mai en a donné une édition dans le tome V de ses Auteurs classiques: M. Frédéric Osann , une autre (Yitalis Blesis , amphitryon et Aulularia ; Darmstadt , Hfiil ; 1836, gr. in-8'), et M. Wright, une troisième, dans ses Early Misteriis (London , 1838, gr. in-8';.
Le Gèta porle aussi dans les manuscrits le litre à'Amphictryon.
Dans son cours professé à la Faculté des lettres, M. Maguin le signalait comme en • espèce d'amphitryo, parmi les produits de la littérature érudite du xn* siècle. (Joum. gén. de l'instr. publ., 1835, 29 nov., p. 67. M. Victor Leclerc le considère comme un de ces remaniements d'anciennes pièces fréquentes au moyeu âge, et, à ce titre il I associe à tort au Babio.
M. Edelestaml Duméril ne le croil pas destiné à la représentation; il le classe avec Yidda, YAffra et Flavius, le Rabio /mais à tort), le Milo, h Lydia et le Miles gluriosus ou VOrestis qui les précède tous, (.elle opinion, fausse eu beaucoup d'autres points, ne samble pas dénuée de venté, lu moins
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en ce qui concerne l'Aulufatre et leGèta (923).- Il lui parait que le Gela a «i il Cire recommencé plusieurs fois. Au v" siècle, Sedulius (Carmen paschale) semble indiquer une de ces refontes; oulre colle du xu* siècle, i idiquée |iiir M. Osann, el par M. Anatole de Monta iglon [Biblioth. de l'Ecole des charte*, 2' série, t. l\r, p. M4-505, ou trouve en 1 169, dans Gerlioli (Yitœ beat or. abb. formbncensium Berengvri et Wirntouis, ap. Pez., Thesaur. anecd. nov., t. I" i" part., p. 402) une allusion ou Gela, et l'on en connaît plusieurs versions italiennes (924).
GR1ESCHE D'ETE ET LA G RI ESCHE D'HIVA (La;. -Voy. Printemps et l'Hiveu. (Le).
GRISELIDIS. — Les frères Parfait, dans leur Histoire du théâtre français (t. II, p. 295) ont daté Griselidis de l'an 1395 et eu donnent l'analyse suivante :
Cy commence VEstoire de Griseldis, la Marquise de Saluées, et de sa merveilleuse constance, cl est upppellé le Miroir des Dames mariées Cy fine le Livre de l'Estoire de la Marquise de Saluée, mis par personnages et ryme , l'an mil ecc nu**, et quinze (925).
« C'est un manuscrit fh-4° sur vélin, avec des miniatures, contenant 56 feuillets ou 112 pages a 28 vers chacune , environ deux mille vers.
«Ce mystère, qui n'a de recommandable que son antiquité, est une servile imitation en très-mauvais vers, et en action, du roman qui porte ce titre.
•< Le marquis de Saluées, dont la passion dominante est le plaisir de lâchasse, pressé par ses sujets de prendre une épouse, promet de les satisfaire dans quinze jours. Pendant cet intervalle il aperçoit Griselidis, fille de Jonicolle, pauvre laboureur qui revient d'une fontaine porter de l'eau ; il la suit dans la cabane do son père, la lui demande en mariage et l'obtient aisément.
Après lui avoir failprendre des habits convenables, le marquis, l'épouse el ses sujets, charmés de la beauté et de la douceur de la nouvelle marquise, en témoignent leur joie. Le caprico du marquis trouble ce bonheur. Nii il content d'avoir fait enlever les deux enfants que Griselidis met au inonde, il veut la répudier el envoie l'évêque de Saluées prier le Pape de lui accorder la permission, en quittant son épouse, d'en choisir une autre d'un rang plus convenable à sa naissance. Le Pape, qui trouve celte denujude fort juste, lui en fait aussitôt expé-
(925) Origines latines du théâtre moderne; Paris, 1819, in 8-, p. 11-15, ci3i-35.
(U-24) lb., p. 14 et 15.
l?2ïï) Ce mystère l'ut imprimé avec quelques changements, par Jean Bonfous, sous le litre suivant : Le Mystère de Griselidis, marquise de Saintes, put oersonnaiges, nouvellement imprimée à' ['ans. On tes vend à Paris en la rue Neujve rSostre-Oame , à C Enseigne sainct Nicolas, par Jehan Bonfons. C'est un in- i" contenant dix-neuf leuillels on trente-nuit pages à deux colonnes, gothique. Le libraire-, suivant !ï coutume ordinaire tic ce temps, a oublie d'a-
ubier une bulle par son Grossaire. Muni de cette bulle, le marquis ordonne a Griselidis
tle retourner chez son père et de quitter ses riches habits.
(/.« marquise sans faire dire, despoi/le son riche habit, et elle prenl le vieil quelle avoit laissié , et consent liément de retourner à son propre père.)
« La pudeur l'oblige cependant à supplier le marquis de lui laisser la -chemise qu'elle porte.
GRISELDIS.
Sauf ce que nie semblerait Chose indigne, et non adorable, Que ce fau ventre misérable, Duquel furent les cnfans nez Une de ion faict as engendrez, DeilSl au peuple apparoir tous nuz :
Parquoy, je te supply sans plus, s'il te plaist, ei non autrement, Qu'en récompensant seulement, La virginité qu'appui lay A loy, quant au palais enlray ; Laquelle ne puis remporter, Il le plaise à commander, Que l'en me laisse une chemise A l'issire de ton servise, etc.
« Le marquis y consent. Pendant ce tempslà on lui amène ses deux enfants, qu'il avait fait élever chez le comte de Pavie, son beau frère, la fille âgée pour lors de douze ans et le garçon de huit. Le marquis feint de vouloir épouser la jeune princesse el ordonne à Griselidis de lui servir de fille de chambre. La marquise se soumet à cet ordre avec tant de douceur que son époux, touché de celte rare patience, lui fait connaître ses enfants, et après lui avoir décl ré que tout ce qu'il a fait n'était que pour l'éprouver, il la reprend avec lui, elle mystère finit par les réjouissances des bergers de la contrée. »
GUDRUNAR-QV1DA (Le). — M. Edelestand Duniéril trouve dans ce Gudrunar- Qvida la preuve de la tendance constante du moyen âge à tout dramatiser; mais le poème cité n'est pas un drame (Cf. Origines latines du théâtre moderne ; Paris, 1819, in- 8°, p. 3.)
GUILLAUME DE BLOIS. — L'Histoire littéraire de la France (I. XV, 1820, in-V"), contient un Irès-cnurt article sur Guillaume de illois, frère puîné du célèbre Pierre de Blois, archidiacre de Balli. Après avoir noté, tout ce que l'on sait de la vie de Guillaume, qu'il prit le degré de docteur dans l'Université de Paris, fit ensuite profession dans l'ordre de Saint-Benoît et suivit son frère en Sicile,
jouiei -l'année de ^impression. — Lac.ui.le, liv. n , pag. 122 île son Histoire de l'imprimerie, nous apprend que Jean limitons imprimait en 1">48. — Lue réimpression du Mystère tle Griselidis, marquise de Saluscs, a été donnée à Paris, chez Silveslre, en I8.">"2, petit in-1-, ligure en hois; il en a été tiré il exemplaires sur papier de Hollande, papier de Chine el vélin.
M. Edclesland Duniéril signale celle pièce dans ses Origines latines du théâtre moderne (Paris, 18 il1, în-8* p. 56).