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les muses. Hélas! combien n'a vous- nous pas pleuré, nous, dispensatrices de la science cl déesses de l'éloquence !
le sage. El pourquoi coulaient tant de larmes?
les muses. Nous l'avons ouï : vous, voués a la Parole, vous nous avez maudites, nous, souveraines de la Parole.
le sage. C'est vrai. Mon avis est encore que vous êtes inutiles et haïssables.
les muses. Quelle raison avez-vous de nous haïr? Dites- le, au moins.
le sage. Je travaille dans la pauvreté et la souffrance; je n'ai rien, rien.
les muses. La lerre produit poiirianl des chardons ' l du loin.
le sage. O exécrables créatures! pourquoi n'avezvons pas le hoyau à la main? pourquoi, funestes [compagnes], ne faites-vous pas les récoltes au plus vile?
les muses. Malgré ta science, tu ne sais pas encore modérer tes passions.
le sage. i\'e suis-je pas né homme? Me faut-il donc brouter l'herbe? o rage! vous m'avez mis au rang des ânes.
les muses. Adorateur de l'or, lu persistes donc dans ta faute. Tu n'aimes plus la gloire suprême de la vertu, lu veux l'enivrer dans une orgie d'or.
le sage. Oui, je voudrais enfin savoir ce que c'est qu'une ivresse quelconque.
les muses. El ne >is-tu jamais un ivrogne soùlé?
le sage. Dites-moi toujours ce que c'est que le vin, et surtout point d'obscurilés, point d'ambages : ma soif ne s'est jamais étanchée que d'eau.
la fortune. Eh bien, le voilà plus élégant dans les expressions avec les Muses qui, pourtant, ne le sont pas bienveillantes.
le sage. Vieille profane et odieuse! vieille des vieilles! commune peste de l'homme, première source du mal, fontaine des vices, dis, à qui en astu? J'aimerais mieux parler je ne sais quoi, et ne pas avoir sur le dos cet habit de rebut et de plomb, ne jamais manquer ni de viande, ni de vin, que d'avaler des légumes grossiers, comme un sanglier sauvage dans le fond des bois.
les muses. Comment, n'as-tn que ruine et désolalion dans l'esprit. Tu dis des bêlises, savant docteur jusqu'à présent. Ne te resle-l-il pas lueur de bon sens? Eh bien! puisse bientôt être réalisé Ion espoir futile; puisses-tu voir des trésors el vivre dans le luxe.
le sage. Ainsi soil-il ! Ce n'est pas près d'arriver. Je crains encore de tomber à pis.
Loué soil Dieu.
PÈLERIN Le jel du). — Li jus du Pèlerm date du un" siècle; on en ignore l'auteur; M. de Monmerqué sérail d'avis qu'il appartient à Adam de La Halle, ou de Le Halle.
Celle pièce se trouve dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale, fonds La Vallière, n° 31.
Le Pèlerin a été publié par M. de Monaierqué, pour la première fois, en 1822, pour la Société de.s bibliophiles français, au nombre de trente exemplaires seulement, avec li Gievs de Robin et de Mnrion. Il est reproduit dans le Théâtre français au moyen âge do MM. Monmerqué et Francisque Michel (Paris, 1839, gr. in-8").
De Roquefort mentionne le Pèlerin et l'attribue à Jean Rodel. (Cf. De l'état de la poés. fr. dans les m' et mil" siècles; Pans, 1813, in-8", p. 261.)
M. Magnin l'examine dans son cours pro-
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fessé à la Faculté des lettres sous la date du Hii* siècle. (Cf. Journ. gén. del'inst. publ. ; 1836, Ifcjanv., jp. 172.)
M. Monmerqué a dit du Jeu du Pèlerin nue son auteur était inconnu, que le jeu était
une sorte de prologue de Robin et Marion, et enfin l'oraison funèbre d'A iam de La Halle. (Cf. Le Théâtre français au moyen âge; l'aris, 1839, gr. in-8% p. 30.)
Li Jus du Peleri-i.
PERSONNAGES
LT PELERINS
caitiErs, appelé d'abord li vilains,