ROU
ROB
Naples qu'Adam do La H. die a composé sa nièce pour les divertissements de cette cour.
« Le succès du Jeu de Robin et Marion ne s'arrêta pas au xni" siècle, i! s'est perpétué dans les deux siècles suivants. On voit dans des lettres de rémission de l'an 1392, qu'on jouait chaque année celle jolie pastorale à Angers, pendant les fêtes de la Pentecôte. Voici le passage conservé par D. Carpentier :
« Jehan le Bègue et cinq ou six autres es- « coliers, ses conipaignons , s'en alerent « jouer par la ville d'Angiers, desguisiez. « a un jeu que l'en dit Robin el Marion, « ainsi qu'il est acouslumé de faire chas- <• cun an les foiriez do Penlhecouste en la- <• dilte ville d'Angiers par les genzdu pays, « tant par les escoliers et filz de bourgois « comme autres; en la compaignie duquel « Jehan le Bègue et de ses conipaignons « avait une fi I tel te desguisée (962). »
« L'usage constaté par les lettres de grâce n'a sans doute pas été particulier à la ville d'Angers , et la pièce a dû contribuer à répandre davantage le proverbe, qui était déjà passé dans les mœurs au xtv' siècle, comme on le voit par ce passage de Jehan île Meun, dans sa continuation du Roman de la Rose:
D'autre pari, el sunt franches nées ;
'.m les a conditionnées,
Qui les osie de lor franchises
Où Nature lesavoil mises :
Car Nature n'est pas si sole
Ou'ele féist nestre Marole
Tant isolement por Robichon ,
Se l'entendement i fiebon
Ne Robicbon por Mariete,
Ne por Agnès , ne por Perrete ;
Ains nous a fait, biau filz , n'en doutes ,
Toutes pour tous el tous pour tontes ,
Cbascune por chascun commune,
El chascun commun por cbascune. (903).
« Nous trouvons au xv" siècle une autre trace du Jeu de Robin et Marion dans le
(962) Glouarium novum , t. III, col. 032, verbo Hobinelus.
(905) Roman de ta /iose, éd. de Méou; Paris, 1814 , III, pag. 2, vers 14083.
(904) On lit les articles suivants dans le Dictionnaire de Cotgrave :
f Marion: f. Marian {a proper name for a woman.)
i Itobin a trouvé Marion. Incke hath met ivilh .Gilt; a filthie knaue ivitU a fulsome queane. V. Marion.
« Robin a trouvé Marion. Prov. A notorious knaue liuth [ound a notable i/iteune.
i Chanson de Robin. A merrie and exlemporalt song, orfashion ot singing , wltereto one is ever adding iometvhat, or tnay al pleusure addc ivhut lie tist ,i etc. (A Diclionarie of ihe h'rencli and Englith
mystère de la Patience de Job. Une scène de bergers, entre Robin et Marote, (page 45 de l'édition in-16", Lyon, Jean Didier) est une imitation évidente de notre jeu. Le mystère de Job est indiqué sous l'année 1478, dans la Bibliothèque du Théâtre français, publiée sous la direction du duc de La Valltére. Dresde, 17(38, t. 1", p. 53.
« On dit proverbialement : Lire ensemble comme Robin et Marion (964) ; on lit dans un livret de l'auteur des Contes d'L'utrapel , cette allusion évidente à noire jeu : « Parce « que, possible, Marion rioil [dus volunliers « à Robin, qu'à Gautier, dont commença la « manière de se baltre pour la vaisselle, « coustume qui a tousjours duré (965). » (iaulier est l'un des personnages du Jeu de Robin. Nos vieux livres français, trésors de naïveté, offriraient d'autres exemples de la popularité obtenue par les principaux personnages du Jeu de Robin : ainsi la Motle Messemé, l'auteur des honnêtes Loisirs, h dit : « ... Les actions publiques des femmes « et des hommes avec (car bien souvent « Robin y vaut bien Marion) en font bien ju- <• gei- à chacun, mais il y a de petites riot- « les (966), etc. » On pourrait multiplier ces citations, mais nous en avons assez indiqué pour constater le proverbe. »
M. de Monmerqué termine cette longue notice en constatant que le souvenir de Robin, sous le nom de .Robert et de Marion, subsiste encore dans le Hainaut; c'est M. Arthur Dinaux qui rapporte le fait. (Cf. Les Trouvères cambrésiens, par M. Arthur Dinaux, 2' édition; Valencienncs , 1834, in-8", p. 34.)
Cette grande el durable popularité de l'idée de Robin et Marion est constatée par un très-grand nombre de poésies qui subsistent et qu'a éditées M. Monmerqué. Nous les reproduisons en note afin que le lecteur puisse étudier, sur les originaux mûmes, le cycle curieux de Robin et de Marion (967).
Tonguet, compiled by Ra.ndle Cotgrave; London, Prinled- by Adam Islip; anno 1032, in-folio.)
Ce qui précède a été rapporté par l'auteur d'un article inséré dans le Gentleman1! Magazine, May, 1837, p. 493, et a donné lieu, p. 494, à une noie très-judicieuse de l'éditeur de celle revue, à laquelle nous renvoyons. (!''• M.)
(905) Discours d'aucuns propoz rustiques facccicux et de singulière récréation de maislre Léon Ladnl/i (Noël du Fail) Champenois; à Paris, par Estienne Gioulleau , 1554 , in-10, troisième page de lYpistiv.
(900) Le Passe-temps de messire François le Pouldire , seigneur de la Motlt Messemi , seconde édition; Paris, Jean Leblanc, mu. xcvii, in-8", liv. l, pas;. 54.