‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1357 sur 1429 · US · texte numérisé non relu

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campagne el qu'il faut saisir cetle occasion pour enlever Fleur-de-lys. Filadelfe convient d'un signal avec Claude et l'acte finit. Euverte, (ils de Girard, riche bourgeois de- Paris, dit à son valet qu'il est amoureux do Fleur-de-lys, mais, que comme Girard, son père, ne consentira jamais qu'il l'épouse, à cause que Fremin n'est pas riche, il a résolu d'enlever Fleur-de-lys et que, pour cet effet, il a gagné Alison, sa servante. Alison survient, et annonce à Euverte le départ de Fremiu et convient avec, lui du signal qu'elle tera pour qu'il puisse exécuter le dessein qu'il a formé. Madame Jacqueline, inquiète Ue la langueur où elle voit sa fille Restitue, envoie chercher un médecin qui, sans faire un long verbiage, lui dit que sa fille est enceinte. A cette nouvelle, Jacqueline se désespère, bat sa tille, et lui demande le nom du suborneur. Cependant Claude fait entrer Filadelfe dans la maison de Fremin, dans le même temps qu'Alison rend le môme service à Euverte. Les deux rivaux se rencontrent. se querellent, et mettent l'épée à la main. Aux cris de Fleur-de-lys et du voisinage, le guet vient, arrête les combattants, et conduit Euverte, Filadelfe et Claude chez le chevalier du guet, où ils restent prisonniers. Bernard, père de Filadelfe, qui arrive de .Metz, est abordé par madame Jacqueline qui l'accable d'injures en lui demandant raison de son fils qui a séduit sa fille. Dans le moment survient Fremin, instruit par Alison de ce qui s'est passé chez lui. Il reconnaitBernard,etce dernier lui fait part de son chagrin et d'un autre qui est la perte d'une fille nommée Fleurde-lys qui lui a été enlevée du temps que le connétable de Montmorency faisait le siège de Metz. Fremin lui répond que cette même Fleur-de-lys est chez lui et qu'il en a toujours pris soin comme de la sienne propre. Survient Girard, qui a été iuformé que son fils Euverte est en prison. Les vieillards causent ensemble, et comme on dit à Girard que Fleur-de-lys est fille de Bernard, homme riche, il consent au mariage d'elle et do son fils. Il ne s'agit plus que de délivrer les prisonniers. Le chevalier du guet se trouve être des amis de Girard et de Fremin, et l'affaire s'accommode en un moment. Filadelfe épouse Restitue, et Fleur-de-lys est donnée en mariage à Euverte (957).

ROBIN ET MARION. — Li Gieus de Robin et Marion qui date du xm siècle et a pour auteur Adau de la Halle, est conservée dans deux manuscrits de la Bibliothèque du roi, dans celui de La Vallière, n° 81, olim. 2736, et dans le n° 7604, ancien fonds. Nous avons suivi le manuscrit de La Vallière, en indiquant des variantes tirées du second manuscrit.

On lit dans la Notice sur la Bibliothèque d'Aix, par E. Rouard, Paris, chez Firmin Didot, frères, 1831, in-8°, l'indication suivante à la page 163 : « Une espèce de ber-

(957) Celle comédie osl précédée d'un prologue aussi en prose. Deux ou trois auteurs tels que La Taille auraient rendu de grands senices au théâtre; mais malheurcusemeiil il s'avisa de traduire une comédie de l'Ariosl* ei s'en tint là. Connus celte

gerie, intitulée Le mariage de Robin et Marote, enrichie d'une foule de miniatmes avec la musique notée. » Cette indication se trouve répétée dans le Catalogus Codicum manuscriplorum d'Haenel, page 186, colonne 4. — M. Francisque Michel s'adressa, pour avoir communication de ce manuscrit, à M. Guizot, alors ministre de l'instruction publique, qui fit écrire au préfet des Bouchesdu- Rhône; mais il fut répondu que le maire d'Aix se refusait à laisser sortir le volume du dépôt dont il fait partie.

Le Jeu de Robin et Marion a été publié par M. de Monmerqué, pour la première fois en 1822, pour la Société des Bibliophiles français, au nombre de trente exemplaires seulement, avec le Jeu du Pèlerin qui lui sert do prologue. Un des savants auteurs de la continuation de l'Histoire littéraire de la France en parlait en 1824, comme d'un ouvrage resté manuscrit, dont il avait seulement été donné des extraits dans le recueil de Legrand d'Aussy. La seconde édition de cette pastorale a été publiée en 1829 par M. Ant.-Aug. Renouard, à la suite du second volume de la troisième édition des Fabliaux ou contes de Legrand.

MM. Monmerqué et Francisque Michel ont reproduit Robin dans leur Théâtre français au moyen âge ( Paris, 1839, gr., iu-8";.

Le Jeu de Robin a élé mentionné par Roquefort. (Cf. De l'état de la poésie fr., dans les xnc et xm* siècles; Paris, 1815, in-8° p. 261.) — M. Magnin en a fait !a critique dans son cours à la Faculté des lettres en 1836, ;Cf Journ.,gén., de l'Inst.,publ., 1836, 14 janv., p. 172. j — M. O. Leroy s'appuyant sur Robin el Marion et le Miracle de Théophile de Rutebeuf, déclare Irès-sérieusemeni que les trouvères du nord de la France sont ses premiers dramatistes (Cf. Eludes, p. 12); ailleurs il y trouve plus d'un rapport avec les Vêpres Siciliennes: l'idée est étrange. (Cf. Etudes., p. 91).

M. Monmerqué considère le jeu de Robin el Marion comme la première pastorale, et même le premier opéra-comique qui ait été joué en France.

Après avoir constaté le succès qu'eut celle pièce dans son temps, il ajoute : « On pourrait croire qu'elle a donné naissance au proverbe : Ils s'aiment comme Robin el Marion, nous ne le pensons cependant pas. Robin et Marion, dans notre littérature romane, sont comme le typedes amours tendres et naïves du village; plusieurs pastourelles du m" siècle roulent sur ces deux personnages rustiques. Il y en a une surtout qui a tant de rapport avec notre Jeu, qu'Adam de La Halle semble l'avoir mise en action. Cette jolie chanson est de Perrin d'Angecort, le dixneuvième des poètes mentionnés par le président Fauchet (958-61). Perrin était attaché à Charles d'Anjou, Trère de saint Louis, qui monta sur le trône de Naples. C'est aussi à pièce de l'Ariosie, intitulée Le Négromant, n'a pas dû èire jouée, nous n'en parlerons point.

(958-bl) UEmres rie Claude Fauchet; Paris, llilt), ii- 4°, folio 5GS.

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