SCENE IV
OBIX. GAUTIER, BAUDON.
Gantiers, Baudon, estes vous là?
Ouvrés-moi losll'uis, biau cousin.
Bien soies-lu venus, Robin, C'as-lu i|ui ies si essoufiés?
ROBINS
Que j'ai? Las ! je sui s: lassés Que je ne puis m'alaine Avoir.
BAUDONS.
Di s'on l'a balit.
ROBINS
Ncnil, voir.
CAUTIERS.
Di lost s'en t'a fait nul despil.
ROBINS
Signeur, escoulés un petit :
Je sui chi venus pour vous deus,
Car je ne sai ques nienestreus (969)
(969) Quel esl ici le sens figuré de ce mot? Est-ce outrecuidant? Le passage suivant nous le ferait croire: Simplece afierl as menestreus, Daine n'ait atour orgueilleus.
C'est li Mariages des filles au Duable, manuscrit de l'Arsenal, belles-lettres françaises , infolio, n°j175, folio 295 recto, col.l, v. 15.) Est-ce misérable, vaurien ? Plusieurs pencheront vers cette dernière explication en se rappelant le mépris dans lequel, déjà au xin« siècle, les bardes el les jongleurs ou ménestrels étaient généralement lombes : ee qu'a Irès-bien établi, pour l'Ecosse, le docteur J. Lcyden, dans sa dissertation placée en tète de the Comvlaynl of Scotland. Wrilten in 1548. Edinburgh : piinled for Archibald Constable, 1801, in 8° et in-4°, p. 248, 251. Nous nous souvenons avoir lu dans le cartulaire du prieuré de Finchalle, conservé dans la bibliothèque du chapitre de la cathédrale de Durham, une foule de passages dans lesquels les jongleurs sont rangés dans la même calégorie que les pauvres, et, comme tels, gratifiés d'aumônes.
Ce que le docteur Leyden dit des bardes écossais peut Irès-bien s'appliquer à nos ménestrels, qui, suivant un ancien roman, étaient de la même famille :
Del Chevalier au Cisne ci endroit nous'diron. Souvent en outrante cil jougleour breton ; Mais n'en savent nient lé nAOuie d'un boton.