I.l ROIS
Or di; lluarl, si l'ait Diex, Quel viande lu aimes miex?
Je sai bien se voir me diras.
IIUARS.
Bon fons de porc, pesant el cras, A le tort aillie de liôls :
Certes, j'en mengai l'aulre fois Tant que j'en cuili le inenison..
LE THEATRE LIRRE. nOB 1506
LE ROI
Robin, quand une bêle naii, a quoi connais-tu qu'elle est femelle ?
ROBIN
Celle demande es' bonne et belle?
LE ROI
Réponds-y donc.
ROBIN
Je ne le ferai pas en vérité
MARION
Il a raison en vérité.
LE ROI
En quoi cela vous regarde-l-il.
MARION
Si fait; la demande esi laide.
LE ROI
Marion, je veux qu'il soubaile ce qu'il veut.
ROBIN
Je n'ose, sire.
LE ROI
Non? Va, embrasse donc Marion si doucement que cela lui plaise
Fi du sot, s'il ne me baise !
ROBIN
Certes, je ne le fais pas.
MARION
Vous en meniez : il y paraît encore, regardez. Jî
crois qu'il m'a mordue au visage.
ROBIN
Je pensai tenir un fromage, tant je te semis tendre et molle! Viens avant, so'iir el m'embrasse pour faire la paix.
MARION
Va, diable sot; tu pèses autant qu'un bloc.
ROBIN
Or, de par Dieu!
MARION
Vous vous courroucez ! Venez ici, et apaisez-vous, beau sire, el je ne dirai plus rien; n'en soyez (ni) houleux ni confus.
LE ROI
Venez à la cour, lluarl; vene*.
II f A II T.
J'y vais, puisque vous le voulez.
LE ROI
Maintenant dis-nous, lluarl, quelle viande lu aimes le mieux? Je sais bien si lu me diras la vérité.
HUART
lin bon derrière de porc, pesant elgras, à la sau^e à l'ail el à l'Imite de noix : certes, j'en mangeai tant l'aulre fois que j'en eus la diarrhée.
ROB
ROB
BAUDON9
Hé, Dieu! con faite venison !
Hiiars n'en diroil autre cose.
HUARS.
Perrete aies 'a court.
PERRETE.
Je n ose.
BAl'DONS.
Si feras, si, Perrete. Or di, Par celé foi que tu dois mi, Le plus grant joie cainc eusses D'amours, en quel lieu que tu fusses.
Or di, et je t'escouterai.
PERRETE.
Sire, volenliers le]dirai.
Par foi! chou est quant mes amis, Qui en moi cucr et cors a mis.
Tient. i moi as cans compaignie Lés mes brebis, sans vilenie; Pluseurs lois, menu et souvent.
BAl'DONS.
Sans plus?
PERRETE.
Voire, voir, m 1RS.
Ele ment.
bai-dons.
Parle saint" Dieu! je l'en croi bien.
Marote, or sus! vien à court, vien.
MAROTE
Faites-moi dont demande bêle.
BAIDONS.
Volentiers. Di-moi, Marotele, Combien tu aimes Robinet, Men cousin, die joli varlet.
Honnie soit qui mentira!
MA RIONS
Par foi! je n'en mentirai jà. Je l'aim, sire, d'amour si vrai Que je n'aiin tant brebis que j'aie.
Ni» cheii qui a aignelé.
BAl'DONS.
Par le saint Dieu ! c'esf bien aîné : Je vœil qu'il soit de tous séu.
Marote, il l'est trop meskéii Li leus emporte une brebis.
MAROTE
Robin, ceur i tosl, dons amis.
Anchois que li leus le niengùe.
ROBINS
Gautier, prestés-moi vo inachue.
Si verres jà bacheler preu.
Hareu ! le leu ! le leu ! le leu !
Sui-je li plus caitis qui vive?
Tien, Marote.
MAROTE
Lasse, cailive!
Comme ele revient dolereuse
ROBINS
Mais esgar comme ele est croleuse.
MARIONS
Et comment tiens-tu cbele bcslc?
Ele a 'e cul devers se leste.
BAl'DON.
Eh, Dieu! "urlle venaison! Huait ne dirait pas autre chose.
HUART
Perretie, allez à la cour.
PERRETTE
Je n'ose.
BAl'DON.
Si, Perrelte, sî. Maintenantes, par la foi que tu me dois, quelle est la plus grande joie que ni aies eue d'amour, en ueloue lieu que lu fusses. Parle, je l'écoute.
PERRETTE
Sire, volontiers. Par ma foi! c'est quand mon ami, qui a mis en mon pouvoir son cœur cl son corps, me tienl compagnie aux champs, près de mes brebis, sans vilenie, plusieurs fois, à fréquentes reprises et souvent.
BAl'DON.
Sans plus?
PERRETTE
En vérité, en vérité.
HUART
Elle ment.
BAUDON
Par le saint de Dieu ! je l'en crois bien. Marion, allons! viens à la cour, viens.
MARION
Faiies-moi donc une belle demande.
BAUDON
Volontiers. Dis-moi, Marion, aimes-tu bien Robin, mon cousin, ce joli garçon? Honni soit qui ment!
MARION
Par ma foi! je ne mentirai pas. Je l'aime, sire, d'une amour si vrai, que je n'aime pas autant aucune de mes brebis, même celle qui a fait des agneaux.
BAUDON
Par le saint de Dieu ! c'est bien aimé : je veux que cela soit su de tous.
Eh! Marion.il l'arrivé un malheur... le loup emporte une brebis.
MARION
Robin, cours-y vile, doux ami, avant que le loup ne la mange.
ROBIN
Gautier, prêtez-moi votre massue, et vous verrez un brave garçon. Haro! le loup! le loup! le loup! Suis-je le plus chélif qui vive? Tiens, Marion
MARION
Hélas ! malheureuse! comme elle revient en mauvais étal !
ROBIN
Et regarde comme elle esi crottée.
Et comment tiens-tu celle bêle?...
rob
non