‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1392 sur 1429 · MO · texte numérisé non relu

MO

■ROBINS

Ne puct caloir : ce fu de liasle Quant je le pris, Marole; or tasle Par où li leus l'avoii aierse.

GAUTJERS.

Mais esgar comme ele esl clii perse.

MARIONS

Gautier, que vous estes vilains !

ROBINS

Marole, tencs-le en vos mains;

Mais wardes bien que ne vous morde.

HAROTE.

Non ferai, car ele est troporde; Mais laissié-le aler paslurer.

BAUDONS.

Sés-lu de quoi je voeil parler, Robin? Se tu aimes autant Marotain com tu fais sanlanl, Certes je le le loeroie A prendre, se Gauliers l'otroie.

GAUTIERI.

Jou l'olri.

ROBINS

El jou le vceil bien.

BAl'DONS.

Pren-le dont.

ROBINS

Chà, est-chc tout mien

BAUDONS.

Oïl, nus ne l'en fera tort.

M A ROTE

Ho! Robin, que tu m'eslrains fort!

Ne sés-tu faire bêlement?

BAUDONS.

C'est grans merveille qu'il ne prent De clies deus gens Perreie envie.

PERRETE.

Cui? moi! je n'en sai nul en vie Qui jamais éusl de moi cure.

BAUDONS.

Si aroit si, par aventure, Se lu l'osoies assaier.

PERRETE.

Ba! cui?

BA'JDONS.

A moi ou à Gautier.

IIUARS.

Mais à moi, très douebe Perrete.

CAUTIERS.'

Voire, sire, pour vo muselé,

Tu n'as ou monde plus vaillant

Mais j'ai au mains ronebi traiani,

Bon barnas et herche et carue.

Et si sui sires de no rue;

S'ai houebe et sercot tout d'un drap ;

El s'a ma mère .j. bon lianap

Qui m'eseberra s'elle inoroil,

El une renie c'on li doit

De grain seur .j. molin à vent

Et une vake qui nous rent

Le jour assés lait et froumage .

N'a-il en moi bon mariage,

Dites, Perrete?

PERRETE.

Oïl, Gautier;

ROBIN

Cela ne fait rien. Je la pris à la haie, Manon; maintenant vois par où le loup l'avait saisie.

Mais regarde comme elle esl ici bleue.

MARION

Gautier, que vous êtes vilain

ROBIN

Marion, tenez-ia en vos mains ; mais prenez bien garde qu'elle ne vous morde.

MARION

Non pas, car elle est trop malpropre; laissez-la aller pâturer.

BAUDON

Sais-tu de quoi je veux parler, Robin? Si lu aimes aillant Marion que lu en fais semblant, certes je te conseille de la prendre, si Gautier l'oclroie.

Je l'octroie.

ROBIN

Et je le veux bien.

Il Alt ON.

Prends-la doue.

ROBIN

Ça, est-elle tout à moi?

BAUDON

Oui, nul ne l'en fera lort.

MARION

Hé! Robin, que tu me serres fort! Ne sais-tu faire doucement?

BAUDON

.C'est grande merveille qu'il ne prend à Perreiie envie de ces deux personnes.

PERRETTE

Qui? moi! je n'en connais nul en vie qui eût jamais souci de moi.

BAUDON

H y en aurait si, par aventure, tu l'osais essayer.

PERRETTE

Bah! qui?

BAUDON

Moi ou Gautier.

HUART

Mais moi, très-douce Perrelte.

Vraiment, sire, pour la musette, lu n'as personne qui te vaille; mais j'ai au moins un bon cheval de trait, de bons harnais, une herse et une charrue, et je suis le seigneur de notre rue; j'ai robe longue et surcot tout d'un drap; et ma mère a un bon hanap qui m'echoiera si elle vient à mourir, et une rente de pain qu'on lui doit sur un moulin a veut, et une vache qui nous rend par jour assez de lait el de fromage : n'y a-t-il pas en moi bon mariage, dites, Perrelic?

PERRETTE

Oui, Gautier; mais je n'oserais faire connais

ROB

ROB

toli

Mais je n'oseroie acointier Nului pour mon frère Guiot; C:ir vous ei li, eiles doi sot; S'en porroit lost venir bataille.

CACTIERS.

Se lu ne nie vcus, ne m'en caille; Entendons à ces autres noclies.

Ill'ARS.

Di-moi, c'as-tu clii en ches boches?

PERONNELLE

Il i a pain, sel et cresson ; Et tu, as-tu rien, Marion?

MARIONS

Naie, voir, demande Robin, Fors du fro'.image d'ui matin, Et du pain qui nous detnnra.

Et des pûmes qu'il m'apoi la :

Vés-en tbi, se vous en volés.

GALTIERS.

El qui veut deus gambons salés?

HUARS.

Où sonl-il?

CUTIERS.

Vés-les cbi tous près.

PERONNELE.

El jou ai deux froumages frès.

HUARS.

Di, de quoi sont-il?

PERONNELE,

De brebis.

ROBINS

Seignor, et j'ai des pois rôtis.

HUARS.

Cuides-lu par tant estre quiles?

Naie, encore ai-jou pnumes quites Marion, en veus-tn avoir?

Nient plus?

MARIONS

[ROBINS

Si ai.

MARIONS

Di-me dont voir

Que chou esi que lu m'as gardé.

ROBINS

f J'ai encore .j. lel pasté Qui n'est mie de laslé.

Que nous mengerons, Marole, Bec à bec, et moi et vous.

Cbi me r'alendés, Marote, Clii venrai parlera vous.

Matole, veus-tu plus de mil

MARIONS

Oil, en non Dieu.

Et jou te di

Que jou un lel capon Qui a gros et cras crépon, Que nous mengerons, Marote, bec à bec, et moi et vous.

Clii me r'alendés, Marote, Cbi venrai parler à vous.

marote. Robin, revien dont lost à nous.

sance avec personne à cause de mon frère Guiot: car vous et lui, vous êtes deux fous; il pourrait en survenir bientôt bataille.

Si tu ne me veux pas, je m'en moque, tournons notre attention sur ces autres noces.

HUART

Dis-moi, qu'as-tu ici dans ces poches?

PÉRONNELLE

H y a pain, sel et cresson; et loi, as-tu rien, Marion ?

MARION

Je n'ai, demande à Robin, que du fromage de ce malin, du pain qui nous resta, et des pommes qu'il m'apporta.: en voici, si vous en voulez.

Et qui veut deux jambons sales?

HUART

Où sont-ils?

Ici tout près.

PÉRONNELLE

Et j'ai deux fromages frais.

HUART

Dis, de quoi sont-ils?

PÉRONNELLt.

De brebis.

ROBIN

Seigneurs, j'ai des pois rôtis.

BOAB.T

Penses-tu ainsi être quitte

ROBIN

Nenni, j'ai encore des pommes cuites : Marion, en veux-tu?

MARION

Rien que cela?

[ROBIN

Si.

MARION

Dis-moi, que m'as-tu gardé?

ROBIN

Un pâle que nous mangerons, Marion, bec à bec, et moi et vous. Attendez moi ici, Marion, ici je viendrai vous parler. Marion, veux-tu davantage de moi?

MARION

Oui, au nom de Dieu

ROBIN

Eh bien, j'ai un chapon qui a gros et gras croupion, que nous allons manger, Marion, bec à bec, et moi et vous. Ici attendez moi de nouveau, Marion, ici je viendrai vous parler.,

MARION

Robin, reviens donc vile a nous.

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non

NOTICE Sin LE THEATRE LIBRE.

non

ROBIN'S

Ma douche amie, volontiers.

Et vous, mengiés enilemeniiers Que g'irai : si ferés que sage.

MARIONS

noliin, nous feriemmes outrage; Saches que je te weil atendre.

BOBINS.

Non feras; mais fai clii eslcndre Tenjtipel en lieu de touaille, Et si metés sus vo vitaille; Car je re 'enrai, certes lues.

Ma douce amie, volontiers. Et vous, mangez pendant que j'irai : vous agirez sagement.

noliin, tendre.

MARION

nous le ferions outrage; je veux l'at-

Non pas; mais fais ici étendre ton jupon au lieu de nappe, et mettez dessus vos vivres; car je suis de retour à l'instant.

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