‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1402 sur 1429 · TAQUET · texte numérisé non relu

TAQUET

PROSERI'INE.

z'OSTE.

Cette pièce est conservée dans le manscrit du xvi' sièrle de la Bibliothèque {impériale (fonds La Vallière, n° 63) ; MM. Leroux de Liney et Fr. Michel l'ont éditée dans leur Recueil de Farces ( Paris, Téchener , 1831- 1837; k vol. petit in-8").

le sauatier commence en chantant.

Quant i'esloys a marier Sy lies ioly i'esloie.

Marguel!

leiior a Lope de Vega. Por el Ediior de la Floresta de Rimas anliguas castellanat. (J. N. Bôlh de Faber); Hamburgo:en lalibreriade Frederico Perihes,l832, in-8°. Les auteurs dont les œuvres se trouvent ici en parlie, sont Juan del Encina, Gil Vicente, Bariolenié Tsrres Naharro et Lope de Rueda. — 3° Tesoro (Ici Teatro espaiiot, desde su origen (aiio de 1356) hasla nueslros dias, arreglado y dividido en cualro parles, por don Engenio de Ôcuoa ; Paris, 1838; 3 volûinenes en 8°, en dos col., cou relralos. Tomn 1°. Coinpueslo de la obra de Moraliu. Origines del Tealro Espanol, cou una coleecion de piezas dramâlicas anieriores a Lope de Vega, obra lecienleiuenle publicada por la Academia de la llisloria. Llevarâ al lin un Apéndiee, formado por Don Engenio de Ocboa. Tomo 2°. Tealro escojido de Lope de Vega, con un resumen de su vida y un examen de sus°obras. Tonio 3°. Teatro escojido de Laideron de la Barca, cou un resumen de su vida y una iutroduccion sobre los diferenles géneros de sus eomposieiones. Toino 4°. Tealro escojido de Tirso de Molina, Mira de Mescua, Monlalvan, Guevara, Moreto, Rojas, Alarcon, Halos Fragoso. Toino 5°. Tealro escojido de Diamame, La Hoz, lielnionle, Felipe IV, Leiva, Cuhillo, Figueroa, Zaraie, Gandamo, Solis, Zamora, Gafiizares, Juvellanos, Bueria, Ram on de la Gruz, Cienfuegos, Moratin, Quinlana, Marlinez de la Rosa, Gorosliza, Breton de lus llerleros. — Voyez ['Histoire de l'art dramatique en Espagne, par D. Martikbz de la Rosa, dans ses Obras-Litlerarius. Paris, 1827, vol. II. Voyez aussi sur l'ancien Ihéàlre espagnol un curieux article de M. lleniï Ternaux, publié dans la fi. vue française et étrangère ou nouvelle Revue Encyclopédique. n° de janvier, l. V. — n. I, Paris, 1838, p. 64-78. Enfin, M. Philarèle Cbasles a donné dans le Journut des Débats du vendredi -25 août 1839 un feuilleton sur Bartolemé Tories Naharro. — En Portugal, Gil Vicenle. — Obras de Cil Yicenle, correelas e enienda- •l.i., pelo cuidadoediligeniia de J. V. Barrelo Feio e J. G. Moiiteiro, Hamburgo, ua oflicina lypographica de Laugboff, 1834, trois volumes in-8°. Voyez sur cel auteur et sur la poésie dramatique portugaise au xvi* siècle, le Résumé de l'histoire littéraire dit Portugal.. ., par Ferdinand Denis, Paris, Lecoinle

MARGCET.

Que vous plaist-il, mon amy?

SAVETIERS (Les deux). — Les frères Parlait, dans leur Histoire du théâtre français, (t. Il, p. 145), ont donné l'analyse suivante de la Farce des deux Savetiers (971),

Le titre est formulé ainsi :

Farce nouvelle, très-bonne et fort joyeuse des deux Savetiers a troys personnages , c'est assavoir :

le pauvre. le juge (972).

le riche.

le pauvre commence en chantant.

Il ay avant Jehan de Nivelle (973) Jehan de Nivelle a deux housseaux (974),

et Dnrey, 1826, in-18, p. 150-190.

(971) Les frères Parlait n'indiquent pas l'édition donl ils se sont servis; mais il esl évident que c'est la réimpression, « mise en meilleur langage, > de Nicolas Roussel, laquelle dale de 1612.

La Parce des deux Savetiers a paru en 1827, réimprimée en fac-similé de l'édition originale eu caractères gothiques, de format i ii-4° d'agenda, à la suilede Mundas, chez Didol, à Paris ; la copie provient de l'exemplaire unique conservé à la bibliothèque île Dresde. Celle réimpression n'a élé tirée qu'à cent exemplaires, dont quatre sur vélin, quatre sur papier vélin anglais, et deux sur papier de couleur. — Gel ancien texte a élé connu des frères Parfait, mais ils n'en onl pas fait usage.

(972) Le théâtre représentait une place de village; une chapelle dans renfoncement, el la maison tlu iuge sur l'un des côtés. Au reste le Pauvre et le Riche sonl Ions les deux saveliers.

(973) Ceci nous monire l'ancienneté de celle chanson, connue avant le temps où celte farce fut composée.

(974) Housseaux ou Heuscs, substantif masculin pluriel. [L'A s'aspire.] Chaussure contre le froid, la pluie et la crolle... C'était une esp; ce de botte ou de boiiine; les gens de guerre s'en servaient comme aujourd'hui des bolles. On les faisait de cuir de vache. Villehai'douiu parle de lieuses vermeilles. Ce mol est vieux, el n'a plus d'usage qu'en celle phrase basse et figurée. // a quitté ses housseaux, pour dire il est mon. H y avait deux sorles de housseaux : les uns n'étaient que la lige simple, les aulres avaient un soulier, et quelquefois ce soulier élail a poulaine avec un long bec, et recourbé en haut. On appelait housseaux sans avant pied, une espèce de chausses semelées, dont la lige se retournait comme celle d'un gant. Housseaux se dit en quelques poils de Normandie, des grandes boites que les inatelols qui pèchent le poisson portent dans leurs bateaux el dans l'eau. Ge .mol vient de hosellum, diminutif de hosa, qui se trouve dans Paul Diacre, el qui a élé fait de l'allemand Hose; le mol Hoten signilie encore à présent haui-de-chausses en Allemagne. {Dictionnaire de Trévoux.)

SAV

SAV

toi*;

Le rov n'en a pas de si beaux, Mais il n'y a point de semelle, llay avant Jehan de Nivelle.

LE RICHE

Voiey chose non pareille :

Dequoy j'ouys oncqnes parler; Car je voy mon voisin chanter Toute jour, et si n'a que frire.

LE PAUVRE

Dieu vous giiard, Dieu vous guarde, Dieu vous guard, sire, N'avez-vous que faire de rnoy?

LE RICHE

Neniiv; mais je suis en esmoy D'une chose, voicy le cas :

Que je voy que vous n'avez pas Un denier, pour vous faire taire, Ne un pauvre tournois arrière, El chantez lousiours sans cesser?

LE PAUVRE

Par sainct Jehan, vous povez penser Que n'ay pas peur de nies escus.

LE RICHE

Tu peux bien penser au surplus.

Que fais mon trésor sans lanterne.

Et moy mien à la lanterne.

LE RICHE

Amasse à quant tu seras vieux.

LE PAUVRE

Voy, je seray lousiours joyeux.

LE RICHE

Argent est plaisance mondaine.

LE PAUVRE

C'est commencement de loule peine.

LE RICHE

Argent faicl faire niaintz esbals.

le pauvre.

Et à la fin l'a ici dire, hélas.

LE RICHE

Q:ii a cent eseus tout comptant, Il peut bien galler, et rire.

LE PAUVRE

Sainct Jehan, je n'en ay pas tant, Je n'en ay n'a frire, n'a cuyre.

LE RICHE

Qui a cent escus.il n'est en friche, Vous n'avez guartfe qu'il se tayse.

LE TAUVRE.

Qui a

H n'esi pas lousiours à son ayse.

LE RICHE

Qui a eseus, à brief parler.

Il peut faire beaucoup de choses.

LE PAUVRE

Qui a ses soulliers percez,

H a besoin d'avoir des chausses.

Qui a cent escus tout comptant, Il est de bonne heure né.

LE PAUVRE

Qui an matin a froid es dénis.

Il n'est pas trop bien dcsjeuué.

LE RICHE

Qui a cent escus en millaine, Il peut fringuer et mener pompes.

LE PAUVRE

Et voir à sa pute est raine,

Et pourquoy ne le faicles-vous!

LE RICHE

Qui a cent escus, ou autre avoir, 11 peut vivre joyeusement

Par sainct Jehan il m'en faut avoir.

Qui diable vous en donne tant?

LE RICHE

Qui? mon aniy, Dieu tout contant ; Aussi l'a-t'il donné les biens.

LE PAUVRE

N'>n a, parbleu, car je les tiens De mon grant père, a des ans vingt, El lont de succession nie vint.

Mais je n'en payera; pas taille.

LE RICHE

Voisin, lu n'as denier ne maille, Que Dieu ne l'ayt donné vraiment.

Il le ferait riche à merveille, El demain nud jusqu'à l'oreille; Il faicl, et le deffaicl.

LE PAUVRE

lia deà! voysin, il me plaist Qui me donne assez, ou prou; Sçauraii-on trouver moyen ou?

LE RICHE

Que pense avoir de la pecune ?

Oiiy, mais il a telle couslumc?

Que jamais il ne donne rien, Qui n'y va par bon moyen ; El aussi qui ne l'en prie.

LE PAUVRE

Noslre-Dame ! il ne tiendra mye.

Au prier. Je m'envoys tout droiel Au monsticr, car se Dieu vouloit .M'en donner, je. scrois reffaicl, Kl le remerciroys en effet, De avoir en pouvoys un loppin.

LE RICHE

Dy, par la foy, mon voysin, Que luy demânderas-tu content.

LE PAUVRE

Je luy demande des escus cent, Sans plus, ne moins.

LE RICHE

S'il l'en donnoil deux vinglz

A tout le moins tu prendroys cela.

LE PAUVRE

Sainct Jehan, je ne les prendroys jà, Ne suis-je pas comme vous esles?

11 peust aussi bien mes requestes Octroyer qu'il a faicl la voslre.

le riche (97;»).

Voyre, par sainct Pierre l'spostre.

Je vous bailleray un eselat Cent escuiz dedans ung sac Voys mellre, ung moins par sainct Claude, Taisez-vons, et vous verrez rage.

LE PAUVRE

Ha! par je ferai rage;

Je ne seray plus savelier, Je hanlerav fort le gibier.

(97îi) Il dit ceci à part, en s'a

chapelle.

restant aux spectateurs, et ensuite va se cacher derrière l'autel de la

SAV

SAV

Ali ! j'aurai aujourd'huy argent.

Je voys à l'église diligemment, Sans plus séjourner au surplus; O Dieu ! qui .lonne les escus A ce riche si largement, Donne m'en cent tout content; El je te jure sur mon àme, A loy, et à Nosire-Dame, Que se me les donne, de hon cueur, Je vous feray lousiours honneur, Toutes les foys que vous verray.

le riche derrière l'auslet.

Demande, je te octroyray, Mais que ce soit juste demande.

LE PAUVRE

Or ça, doneques, je vous demande De hon cueur, le pauvre Droûet (976) A qui vous donrez, s'il vous plaisl, Un cent escus tant seulement.

LE RICDE.

N'en voudroys-lu point moins de cent?

Nenny, par ma foy ; c'est le cas.

LE RICHE

Tu auras soixante ducatz.

LE PAUVRE

Par sainct Sire; je n'en veûil nulz, Car je veûil avoir des escutz.

De ducatz je n'ay point d'envie.

LE RICHE

Tu en auras qiialre-vingtz et diz, De bons, et de fermes en un tas.

LE PAUVRE

Beau Sire, imaginez le cas, El que vous fussiez devenu.

Comme moi, pauvre, loul nii-l.

Et que je fusse Dieu, pour veoir, Vous les voudriez hien avoir.

Cela est pieça tout commun, Eu voilà cent, il s'en faut un ; Prends-les, ou laisse se lu veux.

LE PAUVRE

Or ça, n'en auray je donc plu^ :

Vous me faicies un grand du laid.

Les prendray-je donc en effet...

Oûy... on ne scetqui va ne qui vienl; Puis y a un point qui me lient, Que m'en pourroye hien repentir; Pourtant les me faut reciiei lir, Pour un escu ne plus ne moins.

Vous les rendrez Maigre Coûart; Ç à, que le Dyahle y ait part,

Par la y les emporte.

Rapporte, mon voysin, rapporte.

LE PAUVRE

Quel dyahle esse qui m'appelle ?

LE RICHE

Par je l'ay belle.

C'a ses escus, ç'à ses escus.

LE PAUVRE

Vous êtes i;n peu trop camus ; Dieu me les vient du donner.

\97P) C'est le nom du pauvre savetier.

LE RICHE

Par vous y meniez,

Ç'à mon argent.

LE PAUVRE

Ils se houssent.

LE RICHE

Ils se houssent?

LE PAUVRE

Mais parbleu, voicy belle chose.

LE RICHE

C'a mon argent.

Or y perra,

Et par non sera,

Adieu, adieu, je les emporte.

LE RICHE

Rapporte, mon voysin, rapporte :

Ou je te feray adjourner.

LE PAUVRE

Je ne veûil plus cy séjourner.

LE RICHE

Vous y viendrez, par

LE PAUVRE

Sainct Jehan, je n'y enlreray jà, Car mes ahitz ne vallenl rien.

LE RICHE

Ha deà, je l'en bailleray hien, Qui sont meilleurs que tous ceux-cy, (Icy le Riche va chercher une robe, et la lui donne.)

LE PAUVRE

Altendez-moy donc icy,

Je m'en voys parler à ma femme.

LE RICHE

Non ferez, sire, par

Vous viendrez devant le prevosl.

Voysin, je reviendray lantost.

LE RICUE.

Mettez la robe sur voslrc dos.

LE PAUVRE

El comment? la me donnez-vous?

LE RICHE

Nenny, non.

LE PAUVRE

Deà ! et comment ?

LE RICHE

Je te la preste jusques à tant Que soyons veniiz de la court.

LE PAUVRE

Or sus, donc, pour faire court.

Allez devant, et cependant Je m'en iray porter l'argent En la maison pour loul refuge.

LE RICHE

Il le nous faull porter au juge, El le mettrons en sa séquestre.

LE PAUVRE

Sainct Jehan, non ferez noslre maistre, Je ne m'en veûil point dessaisir.

LE RICHE

Quel juge voulez vous choisir,

«529 SAV

Qui soit àcecy bien babille?

LE PAUVRE

Hé! le prevost de celle ville

Il a un bon esprit,

M;iis qu'il ayl nn pelil Noslre cause regardée, Taniosi sentence suroît donnée, Sans y faire si long procès.

LE RICHE

Mais il se commet tant d'excès, En tout on use tromperie.

LE PAUVRE

Hé, non faict

11 n'y va qu'à la de bonne foy.

LE RICHE

Allons autre part.

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