‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1403 sur 1429 · LE PAITRE · texte numérisé non relu

LE PAITRE

Ha ! voy ?

Mais où voudriez-vous aller?

LE RICHE

l.i si lu me voulloys bailler

Mon argent, lu lerois bien mieux.

Ha! point ne l'aurez, se m'est Dieux (977). Adieu, adieu.

LE RiCUE.

Allon, allon.

LE PAUVRE

Ha dictes, despécliez-vous donc.

LE RICHE

Il ne m'en cliaul, mais que j'aye droict.

le pauvre, abordant le juge.

Dieu y soit.

Monseigneur, Dieu vous gard;

Comme vous va puis le malin '.'

le Io«E.

... Il me va bien Jennin.

Comment se porte Jeanetie.

le pauvre.

Elle est ronde, grosse et grosselie.

Elle se porte lousiours bien.

le riche, à part.

Comment dei ' je n'y enten rien ; Il est lantost faict de ma cause.

le pauvre.

Il est vray qu'en ceste sepmaine.

Sans vous faire trop long sermon, Voire il est ainsi, c'est mon, J'av faict a Dieu une requeste, Qui est très-belle et lionneste, yu'il me donna cent escus d'or; Non pas pour faire un grand trésor.

le juge (978).

Entendez-vous bien '.'

LE PAUVRE

Oui deà;

Par il les me octroya,

Etenescuz cent moins un contant, Que Dieu me donna vraymenl.

Après que j'euz faict ma prière.

Puis après je m'en vins arrière Pour m'en aller en ma maison; Voicy mon voysîn, sans raison.

Pour me cuydér du loul tromper ; Qui s'en vint après moy crycr,

(977) Si Dieu m'aide.

NOTICE SUR LE TIIEATUE LIBUE.

SAV

Et diso i qu'ilz étoyenj à luy :

Ainsi, Mousieur, je luy ny; Je n'uz jamais de Ny argent.

LE RICHE

Monsieur, qui le dict, il ment.

LE PAUVRE

El allenl, mon voysin, alleni:

Laisse-mny parler, se lu veux ; Dictes qui a tort de nous deux, Monsieur, donnez-nous jugement

LE JUGE

Tu te baste Irop mallemenl, On ne juge pas si à coup.

LE PAUVRE

Ha ! Monsieur, vous menez trop.

Je suys de loing, despécbez-moy.

LE RICHE

Par non ferez.

Il me touebe trop prés du cueur.

LE PAUVRE

Or laissez parler Monsieur.

LE i.ii m .

Monsieur, il y a bien aultre ebose.

LE ICCE.

Sans faire plus d'arrest ne pose, Si lu ne dietz antre nouvelle.

Sa cause sera bonne et belle.

LE RICHE

Ha ! deà, Monsieur, il ne ilys pas Où le mal gist : voil.i le cas.

Deriere l'Auslel où j'esloys, Et sa prière je escouloys.

Puis luy jectay cent escus là.

LE JUGE

Or, me respons dessus cela ; Tu lesjectas là; et pourquoy ?

Tu pouvais bien penser à loy Que pas ne les refuseroil.

LE RICHE

Ha! Monsieur, il me disoit

Qu'il n'en prendrait jà moins de cent.

LE JUGE

Ton rapport est sans entendement, Car il n'y a raison quelconque.

LE RICHE

Que j'en aye la moiclie donequoo Car la perle setoit trop grande.

LE JUGE

Va dire à Dieu qui le les rende, Puisque les a donnez pour luy.

LE pauvre, i'attressanl au riche.

Ha deà! vous estes eslourdy, Je m'en voys sans plus d'arrest.

LE RICHE

Monsieur, failles arrest.

Car il veut emporter ma robe.

LE JUGE

Viença, Droùel, que nul ne lioue, Ceste robe est-elle tienne?

LE PAUVRE

Sainct Jean, Monsieur, elle est mienne.

LE RICHE

Vous me la rendrez au surplus.

(978) En s'adressanl au riche.

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