‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1404 sur 1429 · SEP · texte numérisé non relu

SEP

LE PAUVRE

Ainsy disoit-il des escus.

C'est un fort terrible sire.

Vous sçavez qu'il ne sçail que dire ; Il demande puis l'un, puis l'autre

Puis d'un coslé, puis d'aulre; La leste il a esservelée.

LE RICHE

Deà, Monsieur, je luy ay preslée, Pour venir jusques-icy.

LE PAUVRE

Ha! je vous nye tout cecy, il n'en est rien.

LE JL'GE.

. . . Drouel, je t'en eroy bien,

LE PAUVRE

lié! je ne suis point Coùart.

LE RICHE

1 1 -a ii ! Que le dyable y ail part, Au juge, et au savetier, El à la femme, et .tu jngier (979).

Ne qui le lit onc eslre Juge.

Haro ! quel mal faict ! quel déluge!

Mes cenl esculz sont-ils perdus?

Voyre deà, voyre cent esculz Que legrant Dyable y ayt part.

LE PAUVRE

Hay, Jenin; hay, pauvre Coûarl.

J'atiray robe, or, et argent, Par ma foy il est mal content.

Mais n'esl-elie poinl retournée (980)?

Je suis payé de ma journée.

Pardonnez-nous je. mes el vieux, Une aulre foys nous ferons mieux.

SCIENCE ET ANER1E. —Scienceet .inerte, moralliti a iv. personnages , c'est a sauoir :

SCIENCE. ANERYE.

SON CLERCQ. SON CLERCQ qui est badin.

Cetle pièce o été éditée par MM. Leroux île Linry et Fr. Miche! dans leur Recueil de Farces (Paris, Téchener, 1831-1837; 4 vol. petit in-8"), d'après le manuscrit du xvi' siècle de la Bibliothèque impériale (fonds La Vallière, n° 63).

science commence.

Tant de fins lours, tant de finesses,

Tant de maulx, tant de rudesses,

Pertes, exes, calamylés,...

Nobles délaissant leurs noblesses.

Tani de sns mys en dignités...

Tant de pompes et vanités...

On faict sans moy qui suys Science.

Anergi si lient auh cours.

SEPT SAGES (Le jeu des). — Le Jeu des sept sages date du iv' siècle, et fait partie des œuvres qui nous restent d'Ausorte.

En 1835, M. Magnin appelait l'attention sur cette pièce , qu'il considérait comme destinée à être représentée. (Cf.

Journal ge'n. de l'instr. publiq. , 22 février 1835, cours proposé à la Faculté des lettres, 1" semestre, ix" art. , p. 153). Plus tard , le même illustre savant confirmait celte première opinion dans la Revue des deux mondes (juin 1835, t. II, p. 656) et

(979) Il paraît que le juge était ami du savetier Drouel, à cause de Jeannette; le jugement qu'il rend eu est une preuve assez convaincante.

(98*1) 11 regarde sa nouvelle robe.

dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes (Paris. 1839-18Ï0, gr. in-8% t. 1", p. 517- 535).

M. Ampère , reprenant les opinions de M. Magnin, a été aussi d'avis que le Jeu des sept sages d'Ausone , quoiqu'il paraisse plutôt un dialogue qu'un drame, et quelque pédanlesque que soit cette composition, fut destiné à la représentation; quant au titre de Jeu que porte celte pièce, il est analogue à celui qui caractérise beaucoup plus tard des productions analogues, telles que le Jeu Adan, le Jeu de Robin et de Marion , etc. (Cf. Eut. lia. de la France, t. IL)

Au contraire, M. Edélesland Duméril , dans ses Origines latines du théâtre moderne, déclare que, malgré son titre de Jeu, ce dialogue ne présente aucun caractère dramatique. (Cf., op. cit., p. 13.)

Les Sept sages sont suivis de la note suivante, indiquée par Ausone comme une traduction du grec :

Je dirai en sepi vers la patrie, les noms el les proverbes des sept sag«s : a chacun son monoslique.

cléobi'le de Liude a dit : En toute chose, la mesure est excellente.

moi os, dont Lacédémone est la pairie : Connais toi toi-même.

periandre de Coiïnthe : Modère tes transports dans la colère.

pittacus, des rives de Mitylène : Rien de trop.

solon d'Athènes : Il est bon eu tout d'attendre la fin.

bias de la célèbre Priène : Les méchants sont nombreux.

Et thaï es, enfant de Milel : // faut éviter de te porter caution.

Les Sentences des sept Sages, exprimées en sept vers :

PERSONNAGES

bias, de Priène. solon, d'Athènes.

pittacus, de Mitylène. chilon, de Lacédémone.

cléobile, de Linde thalès, de Milet.

periandre, de Corinlhe.

bias de priène. Quel est le souverain bien' une conscience pure. Quel esi le pire mal pour l'homme? un autre homme. Qui est riche? celui qui ne désire, rien. Qui esl pauvre? l'avare. Quelle esi la plus belle doi d'une femme? une vie pudique. Quelle est la femme chaste? celle dont le bruit public n'ose pas mentir. Quelle esl la conduite du sage? de ne point vouloir nuire quand il le peut. Quelle esl la conduite du fou? même quand c'est impossible, de vouloir nuire.

pittacus de Mitylène. Celui-là ne sail point parler qui ne sait poinl se taire.

Mieux vaut l'estime d'un sage que celle de bien Jcs méchants.

Le fou envie le bonheur des grandeurs.

Le fou se moque des souffrances de l'infortune.

Obéis à la loi, loi qui as fait la loi.

Le bonheur attire beaucoup d'amis.

Peu d'amis sont à l'épreuve de l'adversité.

CLÉOBULEde Linde. Plus on a de pouvoir, moins on doit en user, etc., etc.

Chacun des sept sages comparait ainsi et débile des maximes (980").

(980") M. Corpet (Bibliolh. lat. fr. de Panckouke, 2e série, Œuvres complètes d'Mtsone, trad. nouv. par E.-F. Coi pet, 2 vol. in-8», i. I", p. 337, Notesi partage les opinions émises par M. Magnin.

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