‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1421 sur 1429 · TRU · texte numérisé non relu

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DICTIONNAIRE DKS MYSTERES.

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quelques traits pris d'un livre intitulé Histoires de Troye, a suivi Darès Phrygien (1028), auteur fort connu et dont il n'a fait quelquefois que corrompre ou estropier les noms propres; nous nous étendrons peu sur cet extrait.

PRFM1ÈRE JOURNÉE.

« Priam, voulant avoir sa sœur Exione (1029) , retenue par Thélamon , ordonne à Anlhénor d'aller en Grèce demander raison de son enlèvement. Cet ambassadeur aborde a Manisc , ville capitale des Etats de Pelions (1030), ensuite à Salamine, de là à Thaye, séjour de Castor et de Poilus (1031) et enfin à Pille (1032) chez le vieux Nestor ; et ne pouvant rien obtenir d'aucun de ces prince», il s'en retourne à Troie. Pour le consoler un peu du mauvais succès de cette ambassade, Paris raconte à son père qu'au printemps dernier, un vendredi après dîner, il avait eu envie d'aller à la chasse, et que s'étant égaré dans les bois, il avait aperçu Junon , Pallas et Vénus, et Mercure auprès d'elles, que ce dernier lui avait ordonné de la part de Jupiter déjuger de la beauté des trois déesses, Paris ajoute qu'après avoir balancé quelque temps, il avait enfin décidé en faveur de la mère d'Amour, qui lui avait promis la plus belle femme de la Grèce ; et comme, continue-t-il, je compte fort sur la parole de cette divinité, et que je me veux venger des perfides Grecs, j'ai résolu de passe1 dans leurs provinces. Priam, transporté de joie, fait équiper un vaisseau à son fils, qui arrive bientôt dans les Etats de Ménélas , dans le temps qu'on célèbre la fête de Vénus Cythérée. Paris va à son temple et y offre cent écus. Hélène s'y rend aussi. Et sensible à l'amour du fils de Priam , elle se laisse enlever par ce dernier, qui la conduit à Troie. Cilhéus va par ordre de Ménélas à Athènes avertir le roi Agamemnon, qui mande aussitôt les princes de la Grèce (1033).

« Achille , Pdîrocle ', Diomède , Ulysse, Nestor e! les autres arrivent en foule à Athènes (1034). Un marchand troyen , nommé Sentippus, qui demeure dans cette ville, en sort dans le moment, et court porter cette nouvelle à Priam, oui aussitôt mande des se-

i! a trouvé peut-être ces deux lellros J. M., n cru npparemnienique Jean de Meun, poêle plus connu que Jacques Milet, était auteur de cet ouvrage. Dnverdier,

qui ne connaissait que celle édition, esl tombé dans la même faille, page 276 de sa Biblioth. franc.; mais Lacroix du Maine, p. tôt, qui en possédait un manuscrit, l'a éviui Cependant, en parlant de Jean de Meun (Idem, page 247), oubliant ce qu'il venait de dire, i! attribue à ce dernier la Destruction de Troye.

(1028) Deux ouvrages portent le nom de cet auteur : l'un en prose latine, que l'on donne pour une traduction de Cornélius Népos ; et l'autre un poème en six livres, que l'on sait être de la composition de Joseph Iscanus.

(1029) Hésione.

(1030) Pelée.

(1031) Pollux.

(1032) Pylos.

(1033J Pendant la marche dos onnees grecs, les

cours de tous côtés. Cependant les Grecs font offrir jpar Calchas un sacrifice h l'idole Apollo (1035). »

Cy finit ta première Journée de la Destruction de Troye la Grant.

SECONDE JOURNÉE

(Cy commence la seconde Journée de l'Ystoire de la Destruction de Troye la Grant.)

« Palamède prend congé de son père Naulus (1036) et va joindre les Grecs qui sont campés devant Troie. Protésilaùs perd la vie dans le premier combat, dont l'avantage demeure égal entre les deux armées. La victoire demeure ensuite aux Troyens ; Hector tue Patrocle. Le roi Cédiron tombe sous les coups du jeune Troïlus, et Thoas est fait prisonnier. Basaac, un des soldats de ce dernier, vient instruire Achille de la mort de Patrocle et du malheur arrivé à son maître. Pendant que les Grecs consultent les moyens de se défaire d'Hector, Priam de son côté veut faire pendre le roi Thoas; son conseil empoche cette exécution. Ondonne un troisième combat, Achille tue Philemenis (1037) , et Diomède blesse mortellement Sagittaire, soldat d'Epistropus, roi allié de Priam; Ménélaùs se bat en duel avec Paris, les deux partis les séparent, et Anthénor demeure prisonnier des Grecs.

Agamemnon, prêt à le faire mourir, en est empêché par les remontrances de son conseil, qui conclut unanimement à demander une trêve, que Priam accorde.

(Lois se fera pause peur disner [1038].)

« Calchas vient trouver Agamemnon et le prie que Briséïda, sa fille, prisonnière des Troyens, soit comprise dans l'échange d'Anthénor avec Thoas. Après bien des contestations, le conseil de Troie accepte ces con ditions, et l'amoureux Troïlus est obligé de conduire lui-même au camp des Grecs la belle Briséïda, dont il est tendrement chéri. Ces deux amants se quittent les iarmes aux yeux. Diomède prend part aux douleurs de la fille de Calchas, et bientôt devient son amant. Dans un combat que les Grecs li-

ménestrels ou joueurs d'instruments, et les orgues amusent les speclatenrs. C'est ce qu'on observait encore «Ions loules les pauses où les acteurs cessaient de parler.

(1034) L'auteur suppose que celle ville est la capitale du royaume d'Aganiemnon.

(1035) La prière récitée par Calchas est dans le même goût de celle que fail le grand préire de Jupiter dans la seconde journée de Sainte Barbe, Cl n'est qu'un compose de mois grecs el hébreux, la plupart de l'invention de l'auteur, ou pris du Rituel de l'Eglise.

(103C) Nauplius.

(1037) Pylémène.

(1038) Comme ces journées sont fort longues, et qu'on voulait les représenter dans le jour, on faisait une pause qui durait depuis environ midi jusque vers les deux heures, que le specla.de recommençait. Cela servait à donner le loisir aux acteurs et aux spectateurs de prendre leurs repas.

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NOTICE" SUR LE THEATRE LlbRE.

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yrent peu do temps après aux ïro.yens, 'ce prince arrache Cépée de Troïlus et l'envoie par son sénéchal à cette nouvelle maîtresse qui lui promet une fidélité inviolable.

Achille tue Margariton, bâtard de Priam, et Boucles, roi de Bretonnie. Hector sort des portes de Troie, tue Prothénor et combat avec Achille, qui le blesse ; le fils de Priam combat en-uile contre Ajax , et pendant qu'ils se reposent pour prendre haleine, Achille vient par derrière Hector et le tue. On porte le corps de ce dernier à Troie, et Priam pleure cette perte, qui le fait ressouvenir de celle de son fils Ganymède (1039^ que Jupiter a autrefois enlevé. »

TROISIÈME JOURNÉE

« Achille profitant de la trêve de trois mois accordée entre les deux partis, va voir le superbe tombeau que Priam vient de faire élever à Hector, et prier en même temps les dieux pour l'âme du défunt. Hécube, suivie de Polyxène, de Creuse, d'Ascatiius et d'Andromaaue, arrive aussi dans le même dessein. .

{Lors doit aller Achilles parmi) /'Eglise, et passer trois ou quatre [oyz pardevunt les dames, et en regardant Polixene du coing de l'aeil, puis se lire à part.)

« Le héros épris des charmes de Polyxène, envoie Basaac pour la demander en mariage à Priam. Ce roi reçoit l'envoyé d'Achille avec politesse, et cependant l'ait marcher ses Troyens contre Palamides, qui vient lui présenter bataille à la tôle des Crées, dont il se trouve chef, sans qu'on en sache la raison. Troïlus renverse Dioniède, et Palamides blesse mortellement Déïphebus. Priam, pour venger son fils, fait tomber Palamides, que Paris achève d'un coup de flèche. Achille, craignant Déïphebus, se retire ; mais la mort de ce dernier le rassurant, il revient au combat; ses Myrmidons entourent Troïlus, et donnent le temps à leur maître de lui enlever la tète, qu'n attache ensuite à la queue de son cheval. Par une pareille surprise, il ôle la vie à Ménon (Memnou [1040]).

(Pause pour disner.)

« Priam, sous prétexte de donner sa fille Polyxène en mariage à Achille, lu mande dans un temple où il le fait ensuite assas-

tlOT>9) Un ;\nlcur capable de faire Briséïs fillo de Calchas, peut bien croire Priam père de Gaiiyinède.

(1040) Nos anciens Français , partisans des Troyens, dont ils se croyaient descendus, ont toujours parlé désavanlageuseinenl des Grecs, leurs ennemis. Dion Clirysostome, quoique prévenu contre Homère et son héros, est plus favorable à ce dernier, el ne lui impute pas de si lâches trahisons. (Voijei Dion Chrksost., orais. 41.)

(Util) L'auteur, oubliant que suivant Rares Phrygien, il a lait périr Ajax par la main île Paris,

le lait revivre dans celle quatrième journée, et selon Diclys de Crète, livre vi, attribue sa mort aux liTaliïsoHS'd'Ulyss».

(104i) Nous ne pouvons nous dispenser, en finis-

siner avec Archilogus (Anlilochus), fils da Nestor, qui l'accompagne. Hélène, pur ses prières, empêche les Troyens de jeter le corps de ces deux princes, el les fait rendre aux Crées. On donne ensuite un combat dans lequel Paris et Ajax so donnent mutuellement la mort. »

QUATRIEME JOURNEE

« Menélaus va chercher chez Licomèdes le jeune Pyrrhus, qui arrive au camp des Grecs en même temps que Panthésilée vient au secours de Priam. Cette reine fait prisonnier Ajax, fils de Télamon ; heureusement pour ce dernier, Diomède le délivre. Pour s'en venger, Panthésilée fait tomber Ménélaùs et Pyrrhus, et sauve la vie à Polydamas, que les Myrmidons sont prêts du massacrer; mais bientôt cette princesse su voit environnée par ses soldats, et Pyrrhus lui fait perdre la vie. Priam pleure et s'arrache la barbe ; Anchise, Enée, Anlhénor et quelques autres tâchent de l'engager à demander la paix; mais en vain ce malheureux roi rcjelle leurs conseils, ce qui irrite ces princes à un tel point, qu'ils complotent entre eux de livrer la ville. Calchas donne l'idée du fameux cheval de bois, qu'Apius (Epéus) se charge de construire. Priam consent qu'on le fasse entrer dans Troie ; el les Grecs, par ce moyeu, s'élant rendus maîtres de cette ville, en massacrent tous les liât itants, sans épargner le roi même. Polyxène est sacrifiée sur le tombeau d'Achille; Hécube, devenue furieuse parce nouveau malheur, se jette comme une insensée sur les Grecs qui, pour se délivrer de ses morsures, l'assomment à coups de pierres et ensevelissent son corps dans l'île de Pleur. Lorsque les Grecs sont prêts à s'embarquer , Ajax, s'appuyanlsur les services qu'il a rendus, demande le Paladin (Palladium), que l'on accorde cependant à Ulysse. Ajax va se coucher daus sa tente, en exhalant de grandes menaces contre ce dernier (1041). Le lendemain on le trouve mort dans sou lit ; et Ulysse, craignant d'être soupçonné d« cette mort précipitée, s'enfuit la nuit suivante. Agamemnon ordonne aux princes qui ont livré la ville de Troie de sortir promptemenl du pays, et remonte dans ses vaisseaux. Enée s'embarque pour l'Italie et Anthénor fuit voile vers les îles des Anglais (I0i2). »

saut cet extrait, d'ajouter la noie qui se trouve à la lin du manuscrit de la bibliothèque de Sorbonnc, dont nous avons déjà parlé. Elle plaira sans douta par la singularité des laits qu'elle nous apprend, el (pie l'on chercherai! vainement aune part. La voici : < Le Siège (pie les Grégeois tindrenl devant Trove la Grand, dura par l'espace dex. ans, ix. mois, et vin. jours : cl y eult de gens mors tant de Troye, comme de Grèce la somme de xvn mille, el tx cens : et y avoit en la ville de Troy *\xu Rois, sans le Roy Priam, qui esloil Seigneur du tous : et devant tenant le Siège y a voit lx Rois, dont Agamemnon esloit le Gouverneur et principa4 parJessus; et avoit ladicie Ville xl. lieues de long et vin. de large. »

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