BONNE-FIN
Faison comme eulx sans faintise, Et iey ne séjournon plus ; Allons tous ensemble à l'Eglise Chantant Te Deum laudamus.
(Ctj finisl le Mystère de Bien-Advisé , et Mal-Advisé.
BLASPHEMATEURS (Les).— On ne connaît pas de manuscrit des Blasphémateurs. L'édition dont il est venu un exemplaire jusqu'à nous, est du xvi' siècle; et rien ne prouve que le drame soit antérieur; peutêtre les frères Parfait ont-ib commis une sorte de légèreté à en fixer la date à l'an 1502, nulle preuve n'accompagnant cette opinion.
La première mention s'en trouve dans Ant. Duverdier. {Bibliothèque franroise; Lyon, B. Honorât, 1585, in-fol., p. 139.) De Beauchamps ( Recherches sur les théâtres de France depuis \iG\ ; Paris, Pi nuit, 1735, \n-k°, part, i, p. 102), et les frères Parfait (Ilisl. du thédt. fr.: Paris, 1715-1749, 15 vol. in-12, t. fil, p. lOi ) répétèrent la note de Duverdier. En 1772, B. de La Monnoye, dans une note do l'édition des Bibliothèques françoises de Lacroix du May ne et de Duverdier, donnée par Rigoley de Juvigny (t. III, p. 273), ajouta quelques vagues explications qui n'affirment pas qu'il eût eu la Moralité des Blasphémateurs entre les mains. Acheté eu 1793 par M. le curé de Monville, l'unique exemplaire qu'on en connaisse, fut acquis en 1818 par la Bibliothèque royale. La Société des bibliophiles français lit, en 1820, dans le premier volume de ses Mélanges, mais seulement au nombre de trente exemplaires pour ses membres, une réimpression fac-similé, défigurée par une nouvelle ponctuation, des accents et d'autres petits changements. L'année suivante, Dibdin en donna des extraits. {A bibliographical, anliquarian and picturesque tour in France and in Gcrmany ; Lond , 1821, 3 vol. gr. in-8", t. li, p. 302-310; traduit en 1825, Voyage bibliographique, etc.; Paris, Crapelel, 1825, i vol. in-8°cf.t. III, p. 320-328.) En 1831, M. le prince d'Essling en fit faire, dans l'imprimerie de Crapelet, et sous la direction du savant libraire et bibliographe Silveslre, une réimpression fac-similé que l'on tira à quatrevingt-dix exemplaires seulement, dontqualre sur vélin et quatre-vingt-six sur papier de Hollande. Le format de cette dernière édition, comme celui de Mundus ou de la Vcndition de Joseph, est un in-i° long, dont on ne connaissait encore, il y a vingt ans, que cinq types; c'est, en effet, le format de I édition princeps, composée de cinquante-deux feuillets. Enfin en 1837, M. O. Leroy a donné, dans ses Etudes sur les mystères (Paris, in-8°,
complets ; et était fort propre au dessein de ces sortes de représentations.
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p. 3G5-372), ur.e analyse trop incomplète de co très-curieux drame, pour que nous pussions nous en contenler.
Le tilre est ainsi conçu : Moralité très singulière et très bonne des blasphémateurs du nom de Dieu : ou sont contenus plusieurs exemples et enseignements alencontre des tnaulx qui procèdent a cause des grans iuremens et blasphèmes qui se (-omettent de îour en iour et aussi que la coustume n'en rault ries et qu'ilz finent et fineront très mal s' Hz ne s'en abstinent. Et est la diète moralité a dixsept personnaiges : dont les noms sennuyuent cy après. — Et premièrement Dieu, le Crucifix, Marie, Séraphin, Chérubin, l'Eglise, la Mort, Guerre, Famine, le Blasphéma leu r, le Négateur, FI njuriateur,lîrielte, le Filz de l'injuriateur, Salhan, Behemoth, Lucifer.
Le prologue de ce long ouvrage en explique le but dans des termes qui ne manquent ni de grâce, ni d'élégance et où respire une solide piété;
Nosire intendit et vouloir principal
Est de monstrer a tous humains pécheurs
Limquite icy en gênerai
Que l'ont vers Dieu les faulx Blasphémateurs,
Et advenir que tous diffamateurs
Sont en dangier de rendre leur espent,
Dedans enfer en ténèbres et pleurs,
A Lucifer qui a ce les induit;
Mais toutCBOis nui ne peult faire fruict
De luy mesine-s : ne avoir eflicace
Du mérite; car sainct Bernard le dicl,
Sans le moyen de la mère de grâce,
Qui a vertu" et pouvoir et audace
payde et secours en tribulalion
Dont cliascun doibt aller devant sa face
Très humblement en collaudation
Car elle vainquit par domination
La malice de l'ennemy Sathan.
« Notre inlention et notre vouloir principal est de montrer à tous les pécheurs d'ici-bas l'immense iniquité que commettent contre Dieu les faux blasphémastenrs ; c'est aussi d'avertir tous ces diffamateurs du danger où est leur âme de tomber en enfer, parmi les ténèbres et les pleurs, entre les mains de Lucifer qui les pousse à leur crime : enfin nul ne peut rien faire de soi-même, nul n'a de puissance réelle sans le moyen de la Mère de grâce, selon le mot de saint Bernard. C'est elle seule qui a la force, le pouvoir el l'oser, qui peut donner aide et secours dans les tribulations. Aussi chacun doit-il se présenter devant elle, très-humblement, en chantant ses louanges, car elle seule vainc et réduit la malice de l'ennemi Salhan.
Lucifer entre en scène ; il gourmande l'enfer :
Haro ! hare ! haro ! jenraige !
Haro! diables peliz et grans!
Mourir poissez de malle raige Ou estez vous nieschans truans Haro! ou sont tous ces huans?...
Les démons accourent et se justifient ; Lucifer les envoie
par nions cl par vauix l'aire iuror le nom de Dieu....
A ce moment, ie Blasphémateur el le Heqnieur (ou Négateur) paraissent proférant d'abominables paroles ; Briette, femme du Blasphémateur, et V Injuriât eur se joignent à eux : ils s'entrebaltent d'abord, puis se réconcilient le verre en main, dans une effroyable orgie. L'Eglise contemple avecdouleur ce spetacle hideux que donnent en tous les temps les perverses passions humaines
0 misérable créature
I)y moy pourquoy la langue jure
Ton Dieu qui tant de biens te baille...
Amende qui' lui ne tasaillc
Le grant diable...
Non minus peccant
t)ui Deum blasphémant
Retjnantfm in cœlis
Quum crucifiqciilcs
Eum in terris...
La Guerre, la Famine, la Mort s'approchent sans Être vues et s'asseoient attristées au milieu d'eux ; mais l'enfer implacable exprime sa joie profonde dans les plus terribles imprécations :
Cliascun de nous doit eslre denegateur Du Roy des Roys qui se nomme Jésus :
Jure/, a tort sans en faire rcfl'us Comme hardiz fois et audacieux Jurez celuy qui fist terres et nus (nues), Jurez le sang de Jésus precieuls, Jurez la mort jurez la passion...
Jurez le nom du hault Dieu glorieulx, Jurez celui qui a crée les cieulx, Jurez le sang de Jésus precieulx...
Ainsi se termine la première partie, ou ce qu'on pourrait appeler le premier acte du mystère.
Au second acte, Dieu, le Crucifix, Marie et VEglise tentent de sauverde l'éternelle damnaiion les trois pécheurs endurcis, mais aucun d'eux, ni le Blasphémateur, ni le Négateur, ni l'injuriateur, ne vient à résipiscence; bien au contraire, ils s'emparent du crucifix descendu des cieux et assis dans une petite église voisine sous la figure d'un homme, ils dépouillent ce symbolevivant, il le mettent en croix. La scène, de la Passion se reproduit, telle qu'on la retrouve antérieurement dans les fameux myslèresdes Gresban et de Jehan Michel, et non sans une certaine analogie avec le mystère de la sainte Hostie. Mais la vengeance divine, malgré les efforts de la sainte Vierge Marie, s'appesantit sur les forfaileurs, et ses coups redoutables vont remplir la troisième partie de ce drame lugubre.
La Guerre, la Famine et la Mort sortent de l'enfer et réapparaissent ;
LA cn.iiun.
Quand iai mes armes el ma lance Mon arc, mes llesches et ma trousse Jeu feray si bien la vengeance Qui n'y aura homme qui tousse.
Je leur donray mainte secousse Lune iour a pied lautre à eheua' Qu'ilz se tapiront sous la mousse , T mi les pourobasscray de mal, J.1 iras amont ie ira\ anal,