SAPHIRE
Comme l'Evangile.
« Dieu punit leur coupable intention par une prompte mort; Satan et Astaroth emportent leur âmes. Lucifer est si transporté de joie a leur arrivée, qu'il ordonne à ses démons de se réjouir.
LUCIFER
Je vueil que la tourbe dampnée, lcy devant mon tribunal, Me dye ung motet internai, En clianleiie dyabolieque.
«Que Bélyal et Burgibus, ajoute-t il, tiennent le dessus; Bérits, Cerbérus et quelques autres chanteront la taille, et Astaroth avec Lévyathan feront la basse.
» lcy chaulent tous ensemble. )
LÉVYATHAN.
Tant plus a, et plus veult avoir, Lucifer nostre grant dyable.
S'il voyoit âmes plouvoir, Tant plus a, et plus veult avoir; Et tousiours il veult recepvoir, Car il est insatiable.
Tant plus a, et plus veull avoir, Lucifer nostre grant dyable.
« Finissez, dit Lucifer, vous m'élourdissez. Sus chantons, continue Bélyal. Ils ces-
(47) Comme l'enfer est le séjour des ténèbres, peut-être que deux ou trois heures après-midi y
sent enfin, et Lucifer se prépare b envoyer des émissaires sur la terre. Cerbérus, 'qui ne voit point la lumière du jour, demande à accompagner Lévyathan à ce voyage.
Pendant ce temps-là un aveugle de Jérusalem appelle son valet Gobin, et lui dit de le conduire au temple. Ce valet, occupé à manger quelques restes qu'on lui a donnés pour son maître, ne lui répond point
l'aveugle.
Par le sang bien, je l'oys mascher :
Le p...., sans moy se desjune?
GOGIN.
Tiens, Gobin, crocque cesle prune, Et puis boyras une bouffée.
l'aveugle.
Je sens quelque gallymaflïée :
Hau! Gobin?
« L'aveugle se met ensuite à jurer, alors Gobin s'approche. — Tu sens le vin, gourmand que tu es 1 lui dit l'aveugle. Ils vont ensuite au temple; saint Pierre guérit cet aveugle et chasse Fergalus du corps d'un possédé. Ce démon se retire aux enfers, et entre doucement de peur qu'on ne l'aperçoive. Burgibus l'arrête au passage. — D'où viens-tu, à l'heure qu'ii est? lui dit Lucifer d'une voix terrible (kl). — Je craignais de vous éveiller, répond Fergalus. Lucifer le fait étriller malgré ses excuses. Peu de temps après, Cerbérus et Lévyathan, au désespoir de n'avoir pu réussir dans leurs projets, reviennent aux enfers. Cerbérus frappe doucement à la porte, et lorsqu'il est passé, il prie Burgibus, qu'il avait mis à sa place, d'aller avertir son camarade de rentrer sans faire de bruit, et qu'il laissera la porte entr'ouverte. Burgibus sort sans se défier de Cerbérus, qui aussitôt ferme la porte. On reconnaît les deux diables, et quoi que puisse dire Burgibus contre son malin compagnon, ce dernier lui soutient le contraire, et jouit de la noire satisfaction de lui voir partager les tourments de Lévyathan. »
Livr. h. — « Saint Etienne, par ses vives prédications, confond les Juifs qui le mènent a Caiphe, et lui produisent plusieurs faux témoins.
<Icy doibt, pour exlerrir (remplir de terreur) les [aulx Juifz, apparoir le visaae de S. Estienne reluusunt comme le soleil. )
« Les Juifs prennent l'épouvante, et s'enfuient. Le saint diacre les rappelle et ajoute que ce n'est que pour jeter la terreur dans la cœur des faux témoins. Alors son visage pauit dans son premier état; sur quoi les pharisiens et les scribes, le soupçonnant de magie, pressent de plus en plus le pontife de prononcer sa sentence de mort.
JÉCONYAS.
Cayphe, fais le mettre à mort, Que allendz-tu tant à le juger?
sont des heures aussi indues, que parmi nous deux ou trois heures du matin.
83 ACT