SCÈNE V
andronique, jean.
saint jean. Vous êtes bien triste, Andronique ; pourquoi ces larmes?
andronique. Hélas! Rélas! Seigneur, que la vie m'ennuie !
saint jican. Quelle peine ave/.-vous?
andronique. Drusiana, votre élève...
saint jea.n. A-t-elle quitté son enveloppe liumaine ?
andronique. Hélas! oui.
saint jean. 11 ne faut pas pleurer ainsi, quand on croit surtout que les âmes sont heureuses dans le repos.
andronique. Sans doute, je crois, selon vos paroles, que l'àme goûte les joies éternelles jusqu'au I'our où le corps ressuscite tout entier, et cependant e n'en suis pas moins très-inquiet, parce que c'est elle-même qui, devant moi, a appelé la mort à elle avec passion.
saint jean. Avez-vous su par quel motif?
androniqi'e. Je l'ai su, et je vous le révélerai un jour après les premiers excès de ma tristesse.
saint jean. Allons lui rendre les devoirs funèbres.
andronique. Il y a non loin d'ici un tombeau de marbre ; c'est là qu'on mettra ses restes ; le soin de garder le sépulcre sera laissé à Fortunat notre intendant.
saint jean. Il faut qu'elle soit honorablement ensevelie. Dieu donne de la joie à son àme dans le repos !