SCENE V
LES MÊMES, lURTlNAT.
drusiana. Substance divine, qui seule es vraiment immatérielle et sans forme ! toi qui as figuré l'homme a ton image, etqui sur cette image as souillé l'esprit dévie, laisse le corps matériel de Fortunat recouvrer sa chaleur et reprendre l'être autour de sou àme
(110) «Ce sont presque les belles paroles du duc de Guise au siège de Rouen. 1 (M. Macntn.)
(I il) Le rôle d'Andronique perd singulièrement de s:» gravité vers la fin décrite scène; il y entre une intention bouffonne qui au contraire n'existait pas au commencement; évidemment Mrolswithe, poui
vivante, afin que notre triple résurrection tourna à
ta louange, 6 vénérable Trinité.
sunt jean. Amen.
drusiana. Réveillez-Vdus, Fortunat, et, par l'ordre du Christ, rompe/, les entraves de la mort!
fortunat. Qui a pris ma main et m'a relevé ? Qui a parlé pour me faire revivre?
su\ 1 m w. i>; usiana.
fortunat. Est-ce donc Drusiana qui m'a ressuscite?
saint jean. Elle-même.
fortunat. Est ce que, il y a peu de temps, elle n'a pas succombé à une mort suinte'
saint jean. Mais elle vit en Jésus-Christ.
fortunat. Et pourquoi Callimaque a-t-il ce maintien grave et modeste? Pourquoi ne poursuit-il plus, comme d'ordinaire, Drusiana de son amour effréné?
sunt jean. C'est qu'il n'y a plus rien de mauvais en lui, il est tout entier changé; c'est un vrai disciple du Christ.
fortunat. Non.
SUNT JEAN. Si.
fortunat. Eh bien, si, comme vous l'assurez, Drusiana m'a ressuscité, et si Callimaque croit dans le Christ, je rejette la vie. et fais volontairement choix de la mort; car j'aime mieux ne pas exister que de sentir en eux une telle abondance de vertu et de grâce. (Il s'affaisse.)
sunt jean. O étonnante envie du démen '. (\ malice de l'antique serpent qui lit goûter la coupe do la mort à nos premiers parents et qui gémit sans relâche sur la gloire des justes! Ce malheureux Fortunat, tout rempli d'un fiel diabolique, ressemble à un mauvais arbre tout chargé de fruits amers. Qu'il soit donc retranché du collège des justes et de la société de ceux qui ont la crainte de Dieu! qu'il soit précipité dans le feu de l'éternel supplice, pour y être torturé à jamais sans repos ni adoucissement !
andronique. Voyez, les qlessures du serpent se gonflent; il (oui ne de nouveau à la mort; il trépassera plus vite que je n'aurai parlé.
saint jean. Qu'il meure, et devienne un des hacitanls de l'enfer, lui qui, par haine du bonheur d'autrui, a refusé de vivre.
andronique. Spectacle terrible!
saint jevn. Rien n'est plus terrible que l'envieux; nu! n'est plus criminel que le superbe!...
andronique. Misérables tous deux!
saint jean. La même personne est toujours la proie de ces deux vices; l'un ne va pas sans l'autre...
andronique. Expliquez-vous clairement.
saint jean. Le superbe est envieux et l'envieux est superbe : car un esprit jaloux, ne supportant pas l'éloge d'autrui et désirant pour son propre avantage, l'abaissement des plus pu. faits, dédaigne d'être placé au-dessous des plus dignes et s'efforce orgueilleusement d'être mis au-dessus de ses égaux.
andronique. Evidemment.
saint je\n. C'est pourquoi ee misérable a été frappé au cœur et n'a pu supporter une situation inférieure envers ceux en qui il voyait clairement les plus grandes faveurs de là u.
andronique. Je comprends enfin maintenant ponrau i ce Fortunat n'avait pas été compris parmi les rcssucilants ; c'est qu'il devait mourir aussitôt (lil).
saint jean. II a mérité ce double trépas, po::r avoir outragé le tombeau confié à sa garde et pour-
fairs supporter ce dénouement un peu long, a ci.' I idée de sacrifier à la grossière gaieté des specta-» leurs, et d'obtenir ainsi leur attention sur les grandes leçons qu'elle donnait par la bouche de saiut Jean.