‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 169 sur 1429 · AT · texte numérisé non relu

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suivi ceux qui étaient ressuscites de sa haine injuste.

ANDROMQtE. Le malheureux a cessé de vivre.

saint jean. Retirons-nous et laissons au démon ce fils qui lui appartient. Nous, cependant, à cause de la miraculeuse conversion de Callimaque et de la douille résurrection de Drusiana et de lui, passons gaii nient celte journée, (142) rendant grâces à Dieu, ce juge équitable, ce discret dépositaire des secrets, q:ii seul voit tout, et, disposant toutes choses comme il convient, distribuera à chacun, selon ses mérites, 1 s récompenses ou les supplices. A lui seul l'honneur, la puissance, la force et le triomphe, la gloire et la jubilation, l'éternité, pendant les siècles des siècles! Amen.

CATHERINE (Sainte) [Le jeu de]. — Du Boulav avait parlé, dans son Histoire de l'Université de Paris (t. 1er, p. 226), d'un Jeu de sainte Catherine, dont la rc|>['ésentalion au xii' siècle était, au moins en Angleterre, un usage établi dans les écoles. Le savant abbé Lebeuf s'appuya de cette opinion dans son examen de VEtat des sciences depuis le roi Robert le Fort. ( Dissert, sur l'hist. ecel. et civ. de Paris, Paris, 1741, in-8", 1. 11, p. 65.J Les Bénédictins soulevèrent les premiers une question importante, celle de savoir quel élail l'auteur du drame dont on parlait. Us l'attribuèrent à Ainard, premier abbé de Saint-Pierre sur Dives, (Okderic Vital, 1. îv), auteur de chants sur sainte Catherine et sur saint Kilien de Wirlzbourg. (Bist. littér. de la France; Paris, 17i6, in-i°, p. 127.) Personne ne leur a répondu, ni n'a paru connaître ou partager leur opinion. De Roquefort Fiaméricourt assure que Geffroy de Saint-Alban avait introduit en Angleterre le goût du théâtre, en y faisant représenter le Jeu de sainte Catherine. (De l'état de la poésie française dans les xa' et vu' siècles; Paris, 1815, iu-S", p. 263.) L'abbé de Larue attribue le drame a Geffroy , et prétend que ce fut la première pièce tragique composée dans notre langue. [Essais hist. sur les bardes normands et anglo-norm.; Caen, Mancel, 183i, in-8', 3 vol. t. 1", p. 16i; t. H, p. 55.) M. Kaynouard a déclaré sans base l'affirmation de l'abbé de Larue, relative à l'idiome d'une pièce dont il ne restait qu'une mention indécise dans une anecdote biographique. (Joum. des sav., 1836, juin.) M. O. Leroy rompant une lance coutre Chateaubriand, séduit par l'hypothèse de l'abbé de Larue, soutient que le mystère de Sainte Catherine avait été écrit plutôt en latin qu'en langue d'oti. (Etudes sur les mystères; à Pans, 1837, in-8°, p. 9.) 11 n'a donné toutefois d'appui à son affirmation que six ans après, en considérant la découverte qui, durant cet intervalle, avait eu lieu des chansons d'Abailani écrites en latin, comme une preuve que la poésie n'essayait pas encore de traduire les passions humaines dans la langue vulgaire. (Epoq. delhist. de Fr.; Paris, 18i3, in-8°, p. 69.) Enfin M. Magnin, dans le Journal des

savants de 18iG (p. 151 1, a fait observer que sainte Catherine, comme patronne des enfants et des écoliers, n'était pus moins réputée, dès le vt* siècle, que saint Nicolas; la discipline se relâchait à leurs fêtes; des jeux avaient lieu, en leur honneur, dans les monastères et les écoles; ces réjouissances ouvraient la fameuse période de la Liberté de décembre; et le Jet* de sainte Catherine n'est qu'un témoignage qui nous reste des plaisirs de ces temps.

Telles sont les opinions exprimées jusqu'ici au sujet du Jeu de sainte Catherine; nous donnons ci-dessous la traduction du passage de Matthieu Paris qui en contient la mention. On voudra bien remarquer que l'anecdote n'est qu'un fragment de biographie; que rien n'indique l'espèce du langage, et que, quoiqu'il n'y ait non [dus nulle indication relativement à l'auteur, néanmoins il est plus probable, selon l'opinion commune, que l'abbé Geffroy avait écrit lui-même le drame qu'il faisait jouer. « L'abbé Geffroy naquit d'une famille illustre dans le Maine et la Normandie; il ne fut pas seulement remarquable par la pureté de ses mœurs, mais au moins autant par ses vastes connaissances théologiques. Lors de la mort de l'abbé Richard (1119), élu à l'unanimité parles frères de notre église, et accepté par le roi d'Angleterre Henri 1", il prit en main, contre ses vœux, le gouvernement de l'abbaye. Il était venu du Mans, lien de sa naissance, à l'invitation de l'abbé Richard, étant encore séculier, pour diriger l'école de Saint-Alban. A son arrivée, l'école avait été donnée à un autre maître, parce que Geffroy n'était pas arrivé au temps voulu, c'est" pourquoi il s'établit à Dunslaple en attendant la vacance de l'école qu'on lui avait promise. C'est dans ce temps qu'il fit le Jeu de sainte Catherine que nous appelons communément les miracles. 11 avait prié le sacristain de Saint-Alban de lui prêter, pour la représentation, les chapes de chœur, et n'avait pas été refusé. Le Jeu de sainte Catherine eut en effet lieu, mais le malheur voulut que, pendant la nuit qui suivit la représentation, le feu prit dans la maison de maître Geffroy; la maison brûla entièrement, les livres du maître furent consumés et av«c eux les chapes. Ne sachant comment réparer le dommage fait à Dieu et à Saint-Alban, Geffroy se donna lui-même en expiation, il prit 1 habit de religieux dans la maison. Dans la suite, devenu abbé, il eut grand soin de faire faire des chapes de chœur magnifiques.

« Il veillait toujours sur le repos et le bien-ôlre de ses enfants et frères spirituels, et toujours d'un calme parfait, il fit régner constamment la joie et la paix... 11 mourut l'an 11+6. » (Matlhaei Paris Historia major; édit. Wilh Wats ; Paris, 161V, in-fol., Yilœ viginti trium abbat. S, Albani ; ibid., p. 35 VI.)

(1*2) M. Magnin a ^remarqué qu? cette invitation à passer le reste de la journée dans la jo'e se retrouvait dans la légende apocryphe d'Abdias.

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