CHR
Je suis en ce bois tout Iransy, Dont j'ai faict endosse de vert.
Je porte le c. descouvert.
Mes tirandçs sont desquirées, Les passans rompus, il y pert, Et porte la lyme nouée.
bbandimas, second tyran, commence.
Tous mes grains ont pris la broûée :
Cap de Dio ! tout est despendu !
J'ay mon arbaleste flouée, Et le galier pieçà vendu.
Le ront est pelé et tondu, Mon comble est à la tarière.
Or ay, que ne suis-je pendu, Mon jorget n'a pièce entière.
barraquin, appercevanl Brandimas Quel mynois ?
brandimas, appercevanl Barraquin.
Quelle fière manière ?
BARRAQUIN.
Es-tu narquin ?
Ouy, eompain.
BARRAQUIN.
Demeure.
BRANDIMAS.'"
Tire-toy arrière.
BARRAQUIN.
A mort, ribaut.
BRANDIMAS.
Rien de la main.
BARRAQUIN.
CIIR
Droues-tu ?
BRANDIMAS.
Je cours le terrain.
BARRAQUIN.
Oit vas-tu ?
A mon adventure.
BARRAQUIN.
Tu es deschiré.
[brandimas.
., Tout à plain De dormir couché sur la dure.
BARRAQUIN.
Et par Jupiter, je te jure, Que j'en ay de même que ty.
BRANDIMAS.
Tout ung.
BARRAQUIN.
N'ayez paour.
BBANDIMAS.
Je t'asseure.
BARRAQUIN.
Ne me congnoys-tu point î
BRANDIMAS.
Nenny
BARRAQUIN.
Gaullhier, où as-tu tant dormy ?
brandimas, embrassant Barraquin.
Hé, gueux, advance-moy la poùe.
barraquin.
Es-tu là, lié, hau, rrhardemy ?
Il est bien force que l'on floue,
BARRAQUIN.
Où est Arquin ?
brandimas.
11 fait la moue A la lune.
BARRAQUIN.
Est-il au juc ?
brandimas.
II ftist gruppé, et mis en roue Par le deflault d'un allegruc.
BARRAQUIN.
Et toy ?
BRANDIMAS.
J'eus longuement le plue, De pain et d'eau, tenant au gectz.
BARRAQUIN.
Comment eschappas-lu '!
BRANDIMAS.
Ce fust Pour une anse, et l'aspergés.
BARRAQUIN.
Le Roûasire et ses subjeetz
Le mirent aux coffres inassis
Par les piedz tenant aux gros sepu.
Y couchas-tu ?
BARRAQUIN.
J'estais assis :
Quant ce vint entre cinq et six Dedans les septz laissay ma guestre, Et de paour d'estre circoncis, Des ances sautay la fenestre.
BRANDIMAS.
Cela fust bien ung tour de maistre.
BARRAQUIN.
Pourquoy ?
BRANDIMAS.
Hé, pauvre berouart, Ta sentence estoit jà preste, L'on n'attendait que le Télart, Pour te pendre hault comme ung lart Nonobstant tout ton babinage.
BARRAQUIN.
Je m embrouay au gourd piard.
BRANDIMAS.
El je demeuray au passage.
BARRAQUIN.
J'eschaquay.
RRANDIMAS.
Et j'estais en cage.
BARRAQUIN.
Je pielonay toute la nuict.
BRANDIMAS.
Et l'Embourreur, pour tout potage Me mist dehors par sauf conduict A torches de fer.
BARRAQUIN.
Quel déduict !
Embuschons-nous sous la feuillée, Pour attendre quelque Syrois.
BRANDIMAS.
S'il avait des grains à l'emblée, On luy raserait le mynois.
« Pendant que ceci se passe d'un côté, de l'autre Bardon , autre soldat de 1 armée de
CIIK
<:im
l'empereur, va à la découverte. Il rencontre Landurée, femme du paysan Landureau , dont on a parlé au commencement de celte journée , et s'arrête pour la cajoler. Le mari qui l'ait le guet sur le haut de la tour de Sa m os , s'apercevant de ceci, et voyant «pie sa femme reçoit assez familièrement ses caresses , entre dans une extrême colère , et crie l'alarme de toutes ses forces.
LANDUREAU.
Allarme, bonnes gens, allarme, Je,saulleray par ce créneau.
« Nycolin 'et Pasquelon, sachant de quoi ri s'agit, s'en mettent fort peu en peine , et courent en di-ligenee aux portes de la ville, où se fait une escarmouche entre les Lyciens et les troupes de l'empereur. Ces derniers sont repousses avec une perle considérable , et le duc d'Albanie est fait prisonnier. Pour le ravoir, Dioclétien fait. approcher son artillerie. Contre un péril si pressant , Danus ne trouve pas d'autre moyen que de faire conduire le duc sur le rempart , et d'ordonner à des bourreaux de le pendre dès l'instant que les ennemis se pré- )>areront à donner l'assaut. En elfet, Dioclétien, qui craint pour la vie du duc, propose une trêve d'un an , que Danus accepte, en rendant ce prisonnier. L'empereur ordonne aussitôt un sacrifice , pour remercier les dieux de ses heureux succès : et Saulereau va de la part du roi de Lycie ordonner à Antropatos de le faire préparer. « J'obéirai, « répond ce grand-prêtre , quoique , ajou- « te-l-il , je ne sois pas né sujet de Dioclé- « tien, *
SUTEREAU.
J'entens assez, je sçai que c'est :
11 ne vous chaull, soit gaing ou perte Fors que vous en ayez L'offerte.
Adieu, jusqu'à demain matin.
« Antropatos dit à Ysengrin, son clerc, de préparer le sacrifice avec soin : « Ne « vous embarrassez de rien , répond Ysen- « grin , je suis au fait, et je sais la manière « de vous procurer une recette abondante. » Le lendemain la cérémonie se passe avec magnificence , chacun des assistants présente son offrande, et le duc d'Albanie, par reconnaissance, voue aux dieux le licol qui devait servir à lui ôter la ,vie. Ensuite chacun se relire chez soi.
« La première journée de ce mystère est
(144) Nous avons remarqué à quel usage nos vieux dramatiques employaient les personnages de fou et de folle, et en quoi consistaient leurs discours; on croira aisément que ceux que l'auteur leur fait ici tenir sont fort libres, puisqu'on regardait alors ces obscénités comme un agrément nécessaire à ces sortes de caractères, et que d'ailleurs elles étaient du goût de Chevalet.
(145) Pour achever de donner une idée des opérateurs du siècle auquel notre auteur vivait, et de la façon dont ils attrapaient les dupes de leur temps, nous joindrons les vers suivants, c'est Mauloùe qui parle, et appelle le peuple.
Seigneurs, voici la pourtraicture Du glorieux sainct Alpaqliu
terminée par l'arrivée d'un puissant et énorme [géant , appelé Ileprobe , qui vient oirrir ses services au roi de Chananée , sur les terres duquel il a pris naissance. »
SECONDE JOURNÉE
« Elle commence par les entreliens d'un fou et d'une folle, personnages fort à la mode au temps îles mystères dont nous parlons (1441. Reprobe, qui veul s'attacherauservieeduplus puissant prince du monde, quitte le roi de Chananée, et passe à Damas. La cour brillante du roi, dont celle ville est le séjour ordinaire, éblouit les yeux de notre aventurier, et le détermine à accepter les olfres avantageuses qu'on lui fait pour s'y établir. Sur ces entrefaites, un opérateur, courant de province en province, vient enfin à passer quelques jours auprès de Damas. Mauloue, c'est le nom de ce charlatan , appelle Malassegnée sa servante, et son valet, à qui il ordonne de dresser l'échafaud (145).