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DICTIONNAIRE DES MYsTEIU^.
Cflll
« doutal)lo adversaire. » A cette réponse, qui fait connaître clairement le pouvoir du démon, Reprohe ne !)alance pas à prendre le parti de suivre ce nouveau maître , malgré les prières et les instances du roi de Damas. Il rencontre en chemin Landureau;ce manant, pressé de lui enseigner ce qu'il cherche, répond en tremblant qu'il ne connaît point le diable. « Mais, ajoute-t-il , en monte trant sa femme, voici une diablesse à « votre service. » Ce discours ne satisfait point Reprobe, et attire au pauvre Laodureau une volée de coups de bâton , que sa femme lui donne , pour se venger de ses mauvaises plaisanteries.
« Reprohe, continuant son chemin, aperçoit une troupe de soldats qui , pour éviter l'oisiveté, se battent avec excès. Il les sépare sans peine avec son bâton. Landureau , spectateur de cet exploit, en marque son étonnenient.
LAXDCREAU.
Voilà ung terrible Milourt !
Quant je. regarde son raynois, Qu'il seroit bon à cueillir noys, Il ne lui faulJroil point d'eschelle.
« A quelques pas de la , Satan, accompagné de Gerberas, de Flégéasel de Belzébuth, se présente à Reprobe , sous la figure du prince du monde, et l'engage à son service. Par bonheur pour Reprobe, Dieu permet qu'il se trouve une croix plantée sur le grand chemin, par où Satan doit naturellement passer. Il veut l'éviter , et prendre une autre route , lorsque Reprohe le force à lui en dire la raison. « Le souvenir que « j'ai, répond Satan, d'avoir été vaincu sur « un bnis taillé de cette manière , m'a donné « une si parfaite aversion pour ceux qui lui « ressemblent , que je les évite avec soin. » A peine Satan a-l-il dit ces mots, que son nouveau serviteur le quitte avec indignation, pour chercher ce vainqueur redoutable. Les malins esprits disparaissent, et reçoivent aux enfers la peine de leur stupidité. De son côté, Reprohe s'adresse à un ermite , et lui fait un récit court et naïf de sa vie. Le solitaire, saisissant ce moment précieux, lui conseille, avant toutes choses, de prier, et de mortifier son corps par le jeûne. Le catéchumène est trop grossier pour goûter ces avis.
REPROBE.
Quant je suis soûl, je suis content De jeusner tant que j'aye fain.
« La réponse ne rebute point le solitaire; en attendant que Dieu lui ouvre les yeux de l'esprit, il lui enjoint pour pénitence de passer tous ceux qui se présenteront au fleuve voisin, qui est très-dangereux par son extrême rapidité. Reprohe sent quelque répugnance à obéir, mais le respect qu'il a pour l'ermite le fait consentir. Il se laisse conduire aux bords du fleuve par un jeune ermiion, et remplit exactement son devoir envers plusieurs bourgeois de Nicomédie, qui profitent de cet avantage.
a Sur le soir, et dans le moment que Re-
probe veut se reposer des fatigues du jour, le Sauveur, sous la ligure d'un jeune enfant, se présente pour passer le fleuve. Quelque las que soit noire pénitent, la tendresse do l'âge de cet enfant l'emporte sur tout, il l« prend sur ses épaules et se met en devoir de traverser la rivière. Etonné de trouver une charge si pesante, il jette les yeux sur le Sauveur, qui {'illumine un mime instant de sa grâce, et disparaît, après lui avoir ordonné de planter son bourdon sur le rivage. Reprobe s'endort, et peu de temps après, le fini dont on a déjà parlé, voulant i l'imiter, olfre à la folle de lui faire traverser le fleuve, au milieu duquel il la laisse tomber.
« A son réveil Reprobe, surpris de voir son bourdon, qui a pris racines, chargé de feuilles et de fruits, rend grâce au Seigneur, et va trouver l'ermite, à qui il demande le baptême. Le saint homme, en le lui conférant, lui impose le nom de Christofle.
« Ce nouveau Chrétien, continuant toujours son pénible emploi, passe Brûlant, bourgeois de Nicomédie; mais fâché d'être toujours appelé Reprobe, il lui raconte son histoire, et par quelle manière il a reçu un nouveau nom. Ce récit convertit Brûlant; il va trouver l'ermite, et en reçoit la même grâce qui vient d'être accordée à Christulle.
« D'un autre côté, Alpantin et Marragon, Chrétiens de Damas, sont arrêtés dans Samos par les ordres de Danus. Ce roi, pour foira sa cour à Dioclétien, le prie de lui envoyer des bourreaux qui, plus exercés que les autres, sont plus habiles à tourmenter les Chrétiens. Le martyr d'AI pantin et de son compagnon suit de près l'arrivée des bourreaux. Christofle et Brûlant ensevelissent leurs corps, et leur moit occasionne la conversion de Pasquelon et de Nycolin. »
TROISIÈME JOCR.NEE.
De sainet Christofle as la tierce Partie, Cy ensuyvant, et la conversion De deux "fillettes, qui par lui adverties En Jesus-Christ souffrirent passion.
« C'est dans celle journée que commence la passion de saint Christofle. Le prévôt et les archers que le roi de Lycie avait envoyés pour le prendre, viennent rendre compte du peu de succès de leur commission. Christofle se laisse enfin lier et conduire avec Brûlant devant Danus. La fermeté que ces deux Chréliens font paraître touche le comte de Triple et quelques autres, qui embrassent leur religion et en donnent des preuves, par les aumônes qu'ils font à un aveugle et à son valet Picolin. Le roi les l'ait arrêter, et ordonne à ses bourreaux de les faire mourir. On tranche la tète au comte, Gracien est écorché vif, Florides tiré à quatre chevaux : Broadas expire sur un siège garni de pointes de fer, et Andromades, que l'on fait mourir le dernier, est étendu sur une table, où on lui coupe les membres l'un après l'autre. Les quatre bourreiux vont ensuite au Cagnard déuen-