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l-nn bien aise île les mettre au* jdus ru!<s loiturcs.
bïctiovame. [Aux soldais.) Soldais, recevez mes ordres : niiez île suite chercher les deux diffamaiciiis de noire loi, nos prisonniers. Allez, nous aviserons aussitôt aux tourments à leur infliger : s'ils ne veulent se repentir de leurs fausses cl mauvaises paroles.
ntoiiER soldat. Ce n'est pas moi qui y mettrai dit relard, s'il vous plail de les avoir. (A ses camarades.) Or sus, camarades, faisons noire devoir (le les aller quérir; car nous devons délester de lels diffamateurs tics dieux. Allons les chercher, je vous prie, et de suite, et s;ins hésiter.
oitxiFMF. soldat. Je suis ccrles coulent d'y aller pour l'amour de Kicliovairc. Ne nous arrêtons pas davantage. Allons les chercher, je vous plie, Par ma loi, je ne les aime 'guère, <i prûi a Haltoinci qu'ils ftiste.it déjà morts , tant j'ai de répugnance à leur parler. J'en suis, en vérilé, tout éiuu de colère.
premier conseiller. Prenez garde, quand vous les aurez avec vous, q>ùls ne vous échappent pas ; car tenez pour sir, cl j'en fais serment, leur fuite retomberait sur vous, el vous paieriez pour eux.
deuxième conseiller Oui, prenez garde, quoi qu'il en put arriver, qu'ils ne vous échappent, car les empereurs vous feraient d'abord inellie à la torture, e' puis à morl.
TROISIEME SOLDAT. S'ils SC SatlVCIIt, IIOUS YOlllollS
mourir d'une mon terrible, el ce sera bien fait. Mais, pour les amener ici, il faut les aller chercher de suite. Soit maudit de tous nos dieux, celui qui aura pi lié d'eux! el halons-nous de nous mellre en chemin ; allons bon pas.
quatrième soldvt. J'ai grande envie de vous suivre. l'ai Mahomet et par Jupiter ! si c'est à nous qu'est laissé le choix des tortures, ils seront mal lombes, jcar, bien certainement, nous le ferons tous de grand cœur. Mais, sans retard, en avant, et allons les chercher.
PRBUlBB soldat. C'est leur mort qu'ils sont venus quérir au mil. eu de nous, dans ce pays; car ils v sont grandement détestés: je le dis devant tout le inonde,
deuxième soldat. Il faut qu'il y ait en eux une bien grande perversité, et, par Mahomet! ce sont des misérables de diffamer notre lui.
troisième soldat. Oui, oui, par le respect du a Mahomet! on n'eût pas dû les tant garder. Il fallait les mellre à morl de suile, dans des tortures allïcus s el inouïes.
ouatrieme soldat. Quand nous les aurons iu's aux mains du bon prévôt Kiciiovaire; s'ils ne se garent, je crois qu'il leur donnera quelque occupation.
saint (repin. 0 vrai Dieu, dont la tête fut si cruellement couronnée d'épines , qui, pour le salut universel, fuies étendu sur la croix ; qui eûtes le en é percé pour la résurrection des hommes el leur i élivrai.ee hors des noirs abîmes et des souffrances de l'enfer! Seigneur, do. t la vie n'csl que v rite, je vous supplie de tout mon cœur! je vous demande seniors au milieu de nos ennemis, de nos peines, de nos tribulations, de nos souffrances! — Douce Vierge, nous le prions de vouloir Lieu demander aide pour nous a ion Fils. Puisse noire demande le plaire, trèsdouce Vierge.
saint crei'imi n. 0 Dame, qui ouvrez les portes lin Paradis (Dame de Paradis concierge), \e vous supplie de toUI mon lU'iir! je vous demande de prier pour no. is voire doux Fils, afin qu'il nous soit favorable. Sans doute, à Vierge, vous le viles, désespé:ée, sur la croix; mais il nous rachetait du péché d'Adam ; sans doute, à Vierge parfaite, voire cœur en fut déchire; mais il fallait que cela s'accomplit. Douce Dame, priez votre Fils, afin que l'ennemi ne puisse nous trouver faibles, aiin que nous puissions endurer
les lorlliresque non- allons subir, afin que nous méliiions de le contempler dans le Paradis.
il ..loi 1ER. Par Mahom! Je suis surpris que Dirliovaire laisse si longtemps ces misérables ici. Commenl ne les a-l-il pas déjà mis à la torture? C'est extraordinaire, Les auiail-il oubliés? Qu'est-ce que cela veut dire?
Troisième journée.
Rktiovaire n'a pas oublié ses deux victimes ; des tyrants (gardes) viennent les chercher, le prévoit les interroge, ils confessent Notre-Seigneur Jésus-Christ :
CREMIER CONSEILLER.
ï'«.y rpie doy Mahom el Jnpiu!
Ils me font tresloul esbahir De leurs paroles cy ouïr.
Ils sont livrés aux bourreaux, mais Notro- D.iiiie intercède pour eux :
Mon très -chier Fils, accorde-moy
Ceste requeste,je le prie,
C'est que l'angelical nicsgnie (milice ungéliqtte)
Les voyx (aille) la jus conforter
l.i de ton saint nom exhorter.
En ce temps môme l'Enfer s'élève contre eux.
SATIIAN.
F.iiliaisiier les voudrais granl en e (grand train) Et emporter desur mon col...
La passion des deux saints commence.
On les jette à l'eau, mais
Ces deux qu'avons en la rivière
Celles, ilssoni à lie chièrs {avec un visage riant)
Oullrepassés...
On les laisse sans pain dans leur prison : l'archange Gabriel leur porte « pain de continuation. » Ils sont précipités dans une fournaise ardente , les persécuteurs seuls sont brûlés autour, Rictiovaire y périt. La troisième journée finit.
Ces terribles nouvelles sont portées à Dioctétien qui s'écrie :
Haro! Mahom!! comment ave7
Souffert telle horreur advenir?
... Ils sont encore en vie Et si ont eu laid de hacbie (tourment) *. Comment peut ce faii advenir? .
Ordre de leur décollation est donné. Satan s'émeut dans l'espoir de saisir au passage les âmes des deux saints. Mais Dieu est là qui les reçoit. Leurs corps seuls restent abandonnés à l'aventure; encore, par l'inspiration du ciel, Pavie, bonne dame, Ror/ier le bon homme, leur donnent nue pieuse sépulture.
Quatrième journée.
La quatrième journée nous transporte dans
les lieux. Sur la [trière de saint Crépin et de saint Crépinien, les anges avisent saint Cyr et saint Eloi du lieu où sont enfouis les reliques des deux martyrs. Le Pape saint Clément, l'archevêque, son chapelain, reçoivent les confidences de Pavie la bonne dame et du bon homme Roger. Un ladre, un démoniaque, le potenssier, l'aveugle sont
DAN
DAN
guéris. Il ne s'agit plus que de demander au roy de France une chapelle, le Pape s"en charge :
Je vous promès bien que demain Parliray pour a luyaler
El Tnut voudra) à lui parler Que les ossemens en argent Sera île meure diligent...
Sus, beaux seigneurs, alons-nous-en En lonanl de Dieu les venus.
Disons : Te Deum laudamus!
(Explicit).
DANIEL d'Hilaire. — Le Daniel d'Hilaire est conservé dans le manuscrit des œuvres de ce disciple d'Abailard, qui, connu depuis 1616, a passé, en 1837, de la Bibliothèque de Rosny dans le riche dépôt de la Bibliothèque impériale. Cette pièce appartient à la première moitié du xn' siècle. M. Champollion-Figeac l'a éditée, pour la première J'ois, en 1838, parmi les œuvres d'Hilaire: Hilarii Versus et ludi; Paris, Téchener, 1838, in-8% de xv-61 pages.
L'éditeur, dans la Préface de cette publication, après avoir parlé du Lazare et du Saint Nicolas du même auteur, a dit de Daniel: « Le sujet de Daniel est moins connu dans l'histoire des pieuses représentations mimiques du moyen âge; et s'il n'y a rien de bien digne de remarque dans les pièces de Lazare et de Saint Nicolas,... on accordera plus d'attention à la pièce de Daniel, qui est en deux parties, en deux actes, ou, comme on dit et comme on fait aujourd'hui, en deux tableaux. Cette composition a, en effet, un caractère de gravité qui en a exclu le refrain en idiome vulgaire... Cette pièce est un ouvrage du genre, très-remarquable par son étendue, sa division, la pompe du spectacle qu'elle exigeait... » M. Champollion a notéencore le litre « Historia de Daniel representanda, qui n'est, on pourrait le dire, ni en français ni en latin. » (P. xm.) Dans un autre passage, le copiste a écrit : « Adorare o liberare, » o pour tel ou id est, ayant en effet mis le premier de ces deux mots pour le second; et celte expression de o n'est pas du tout latine, et pas beaucoup française dans l'acception qu'on lui donne ici. » (P. xiv.)
M. O. Leroy a cilé cette pièce dans ses Epoques de l'hist. de France ( Paris, Hachelle, 1843, i n-8°, p. 78); il la considère comme étrangère au théâtre national français. Nous en donnons une traduction aussi littérale que possible.
Le titre nous semble devoir èlre traduit : Histoire de Daniel, mise en scène. — Voyez Hilaire, disciple d'Abailard.