‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 254 sur 1429 · UO · texte numérisé non relu

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" Ce poème a clé compose vers l'année i;»00. Nous no pouvons pas assurer qu'il ait éié représenté sur aucun théâtre, néanmoins nomme il a été composé dans cette intention, et <pie d'habiles gens (150) l'ont nus au nombre dus poëmes dramatiques , nous avons cru devoir en donner une légère idée.

« La scène se passe entre deux acteurs seulement : Lucifer (loi) et Satan, qui rond compte au premier de tout ce qu'il a fait, depuis la création d'Adam, pour tfteuer de ''entraîner, avec sa postérité, au plus profond des enfers. « Voici, ajoule-l-il, par « quelle ruse je le lis tomber dans mes pié- « ges. Ce fut par le moyen de sa femme « Eve. »

SATIM.N.

Je prins la forme d'img Serpent,

El la leinptay, s'on ne le puni ,

A telles enseignes, que lu folle

Adjottsta foi à nia parolle,

Et présuma à son inary

Le froid dont il fut puis mari y,

Quant il congneui son graul Lrespas.

Diablerie. Petite, quand il y avnil moins de quatre diables : Grande, quand il y eu avoil quatre. D'où . si venu le Proverbe : Faire le Diable à quatre. » (Le Ihn Imi . Note (I) sur le 4* ('.Impure tltt premier Livre de Rabelais.)

(150) Le savant Naudé, qui connaissait assez bien tes sottes d'ouvrages, n'a point besilé à le mettre au rang (le nos anciens poèmes dramatiques. Après avoir parlé de quelques pi «les français, vivant avant le règne de Fiançais I", il ajoute : (Masrural de Naudé, pag. 214 cl 215) : « Si la Comédie Je Puihelin a eu plus de vogue, et que Pasquier en a fait un ebapitre de ses Recherches, voire même qu'elle ail été traduite en latin ver Alexandrum Conimbertum, et imprimée à Paris, il y a plus de cent ans, ça clé pluslosl à cause de la moralité, et des intrigues, des linesses de la femme et du berger, et ile la diversité du langage, et autres considérations semblables, (pie pour cslre d'un style plus soutenu que les précédons. Si lu cltercbois l'antiquité de notre burlesque françois, dans ces représentations que l'on faisoil autrefois par toutes les bonnes villes, les Histoires du Vieil et du Nouveau Testament, de la Passion de Xosire Seigneur, ou de sltincle Catherine, cl autres saints, lu aurois beaucoup plus de raison : car il est impossible de traiter des matières de telle importance, avec une expression plus basse ni plus ridicule. El je l'avoue n'avoir jamais lu le Mystère du Vieil Testament, joué à Paris, celui de lu Passion représenté moult trtomphuntcmcni à Angers ; Les Actes des Apostres, que l'on s'éloulfoil pour voir en ce:ie ville, dans l'lio:el de Flandres, l'an 1511 ; ha Vengeance de Noslre Seigneur, l'Homme pécheur, jouée à Tours, l'Homme iusle et mondain : i.v GhandE Diablerie cl semblables pièces, (pie Monsieur Brigadier a pris un soin particulier de recueillir, comme lia liouslier faisoil les romans, que je ne me sois souvenu aussi de ce vers d'Horace :

Speciulu a admissi risum lemeutis, amici. *

(151) Les scènes oii les diables paraissoienl faisoient tant de plaisir aux spectateurs, qu'on uc doit pas trouver extraordinaire qu'Eloi d'Amcrual ait voulu composer un poëme, où il n'introduit que des

« Pour réparer, contirtne Satan, la perle « que la venue du Messie nous a causée, « j'inventai l'idulàlrii , l'usure, la mauvaise « loi, elles sept péchés mortels. C'esl moi, « par exemple, qui conduis les sorciers et « sorcières au sabbat sur des n anches à « lial.iy. » Connue Lucifer fait quelques questions, auxquelles Salan ne veut pas répondre, ce dernier s'excuse ainsi ;

SATHIN.

Qui des faicl/. de Dieu Inp avant S'enquicrl, il est. bien sçavant..

Cliatoii aussi Docteur de bien, A son enlaiil le délient bien:

Si fait l'Aposire ad Romanes,

« Ce n'est pas tout, coiilinue-l-il, j'ai si « bien obsédé l'esprit de certaines femmes, « qu'elles croiraient avoir offensé Dieumor- « tellement, si elles travaillaient le samedi « après midi. »

SATIIAN.

Je leur boute en l'entendement Que si elles faisoieut aiiltremeut Ce jour-là il leur inesclierroil.

LUCIFER

Voila de bons propos pour rire.

Est-il de lelz folles au monde.

personnages oe cette espèce. On peut voir que presque tous les mystères ei les moralités sont remplis de ces scènes : une nouvelle preuve de ce goût est l'avenlnre vraie ou fausse que Rabelais raconte dn poète Villon (Rabelais, liv. v, ebap. 13. Voyez aussi Guillaume Bouchet Serée, 29, page 124 de l'édition de Lyon.) < Sus ses vieux jours, il se relira à Saincl iMaixeut en Poitou, soubs la faveur d'un liomine de bien, abbé du lieu. Là pour donner passe-temps au peuple, enlreprinl faire jouer la passion en gestes et langaige Poictêvin. Les roolles distribuez, les joueurs récolle/., le théâtre préparé, dit au maire et csrhevins, que le mystère pourro'l islre prest à l'issue des foires de Niort, resloil seulemeni trouver lia billinienls aptes aux personnaiges. Le maire et esrbevins y donnèrent ordre. I.uy , pour ung vieil paysaul babiller, qui jouoil Dieu le l'ère, requis! frère Eslieiiiic. secretain des Cordeliers du lieu, lui prcsier une eliappe, et une eslole. Le secretain le refusa, alléguant que par leurs statuts provinciaux, esioii rigoureusement deOcndu dé. rien prcsier ou bailler pour les jouants. V î lion répliquait que I ■! statut seulement concemoil farces, mouinieries, cl jeux dissolus; et que ainsi l'avoil vu pratiquer à Bruxelles, et ailleurs... Adoiicques faist la monstre de la diablerie, parmi la ville, et le marché. Ces diables csloient tous ca| arassonnez de peaulx de loups, de veaux, et de béliers, passcnienlées «le lestes de moutons, de cornes de bœufs, et de grands bavesls de cuisine: ceinls de grosses coin raies, Csqueiles pendoient grosses cymbales de vaches , cl sonnettes de mulets à bruit boi rdicqne. Tenoient eu mains aiilcuns basions noirs pleins île fu:ée<: aulnes porloicni longz lizous allumes, sur lesquelz et chacune arrefour jectoient plcncs pomgnécs de par.isine en poudre, dont sorioient feu et fumée terrible Villon voyant advenu ce qu'il avoil pourpensée, disl a t.Cs diables, Vous jouerez bien, Messieurs les diables, vous jouerez bien, je vous allie: oh, que vous jouerez bien; je despile la diablerie . e Saubniir, de Doué, de Muni morillon, Je Langesl, de Saincl Espain. d'Angiers, voire de pardieu, de l'oicllers, avec leur parloitoiie, au cas qu'ils puissent é;re à vous parangonez, > etc.

[il \

saïua*.

J'en coBgiiois par loul a la ronde, Mais relirons-nous, dit Lucifer, de crainte qu'on ne nous écoule.

LICIFER.

Satli.in. s'ilz t'escouioîênl bien , Ce seroit peut-être leur bien?

Car m dis êy des mois plusieurs Itou poureulx, el pour lous pécheiiis.

Mais il n'appartient point aux Dyables Ue raçonipter si lions notables.

DIALOGUE ENTRE DIEU, L'HOMME ET LE DIABLE. — L'abbé Lebeuf (Remarques envoyées d'Auxerre le 6 décembre 17:28; Mercure de France, 1729, décembre, p. 2985), a attribué à Jehan Michel, qui retoucha la Passion des frères Gréban, « une comédie qui est un dialogue entre Dieu, l'Homme el le Diable, qu'un manuscrit de Saint-Victor de Paris coté 880 dit avoir été jouée l'an 1420 à Paris au collège de Navarre. » — Voy. Micuel (Jehan).

DIEU (Le jeu de). — En 130i, dans le Frioul, un Jeu de Dieu fut joué par des chanoines et des clercs, qui comprenait la création, l'annonciation, l'accouclieinent de Notre-Dame, et peul-èlre l'Antéchrist. (Cf. la Chronique de Erioul, éditée parmi les Monum. Eccles. Aquilii. p. 2, col. 1; Du Cance, Gloss. Inf. et med. lut. , v° Ludus Chrisli et Dei, édil. Henschell, Paris, Didot, 18V5. in-i°, C vol., t. IV, p. 156. — Voy. Passion, II, § 2.

DOMINIQUE (Saint). De Beanchamps (Recherches sur les théâtres de France, Paris, 1735, 3 vol. in-8% t. I", p. 226), el la Bibliothèque du Théâtre Français, ouvrage attribué au duc de La Vallière (Dresde, 1763; 3 vol. in-8", t. I", p. IV, ont mentionné el analysé ce mystère.

Les Frères Parfait, dans leur Histoire du Théâtre Français (Paris, 15 vol. in-12, 1735, t. 11, p. 5i7-55i), en ont laissé le complereudu suivant :

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