MUE
Preschez la très-sainie Evangille,
(148) Le manuscrit de ce mystère. Bibliothèque du Itoij, est assez bien écrit, mais il e^ si défectueux, t'i il s'y rencontre tant de lacunes, qu'il nous csi impassible d'en donner un extrait bien complet, ou de marquer le nombre des journées qui le composaient. Il est certain qu'il en contenait un moins trois. L "S vers ajoutés aux marge*, pour servir d'additions aux rôles des acteurs, cl leur catalogue que l'on voit à la tète de la première journée, avec les noms des
DKS MYSTERES. DEN Md
Pour vrave; irfe, piedhate Evangetium, et calera :
« Pour faciliter leur prédication , la sainte Vierge les instruit de cei laines particularités qui regardent le Sauveur, et qu'ils ne peuvent savoir; voici ce qu'elle leur dit touchant l'Incarnation :
MAIIIE.
J'ay depuis apprys de mon Kilz, Qui m';» les f çons dénoncées, t.i lelz pnrolles prononcées, Qu'eu moy se mist le Saincl-Espril, I.! trois gouttes de mon sang pi il, (Du pur sang vital, il sYnlan',) El eu forma, en uug instant Un corps, et dans cet instant-la, L'àme divinement forma :
lai cei instant, par unité, Cnnjoignit la Divinité :
Aflin qu'entendra le vous donne.
C'esloyl la seconde Personne De la Trinité, etc.
« Les apôtres la remercient.
(fei se fait le diner).
n Le reste de la journée, dont la Gn manque, contient l'élection des sept diacres, et le martyre de saint Etienne. »
Deuxième journée.
« Saint Denis accompagné de Rustique et d F.leulhère, vient prêcher le peuple de Paris, qui attaché au culle de ses dieux, porte ses plaintes aux échevins; ces derniers font arrêter saint Denis et ses compagnons, et les interrogent sur le dieu qu'ils annoncent.
LE PftEWEB ESCHEVIN.
Voslre Dieu est-il homme ou femme?
Est-il venu, ou ad venir!
Est il mort, ou doit-il mourir?
Esl-il puissant, ou impuissant?
« Saint Denis sans être ébranlé, leur prêche les mystères de notre religion, avec tant de force, que plusieurs se convertissent, et entre autres un pauvre homme appelé Lubie; les Parisiens se jettent avec fureur sur lui, pour le conduire en prison, mais ii disparaît à leurs yeux.
(Ici se fait le diner.)
« Lubie, non content d'avoir reçu la lumière de. l'Evangile, en veut faire part à sa femme: mais cette malheureuse, rejetant ses discours, va l'accuser au prévôt Festemyn que Domitien vient d'envoyer à Paris; ce prévôt fait conduire Lubie dans une étroite prison, et ensuite arrêter saint Denis et ses deux compagnons, à qui on fait endurer plusieurs tourments
La fin, qui est apparemment le martyre de saint Denis, manque. »
personnes qui les représentaient, nous font conjecturer que le manuscrit est original, ou du moins une copie écrite du leuips qu'il parut sur le théâtre. Voici les noms que nous avons pu lire, car ils sont 1nsmal écrits, et d'une autre main que celle du corps de l'ouvrage.
Saint Barthélémy Pierre Goérin-.
Saint TllQUtas Pierre GauffiVr»
Saint Piiiaul, diacre , L. Chuuot.
snî
:ul
DENIS (Mimes de saint). — Enguerrai de Monstrelet (l. il, p. 77) raconte qu'à l'eotrée dans Paris d'Henri VI, roi d'Angleterre, fut jouée, h la porte Saint-Denis, la légende de saint Denis. M.Onésime Leroya cité celte pantomime : « Le peuple lie Paris, dit-il dans ses Epoques de l'histoire de France (Paris, 1843, iu-SJ, p. 20o), quand le roi anglais Henri VI y (il su joyeuse entrée en qualité de roi de France..., ou du moins une confrérie [dramatique représenta sur son passage, à la porte Saint-Denis, le doulouloureux martyre de l'apôtre des Gaules, premier évéque de P;iris. Y avait-il là une intention religieusemenl patriotique? Nous ne le croyons pas. « Ce mystère de la Dé- « collation du glorieux martyr saint Denis o fut moult volontiers ven des Anglais » nous dit Monstreiet, ai 1431. »
DÉSERT {Le}. — Cette pièce est de la célèbre Marguerite de Navarre et date du xvr siècle.
Les frères Parfait, dans leur Histoire du Théâtre français (Paris, 15 vol. in-12, 1745, l. III, p. 70), en ont laissé une notice sous la date de 1545.
La Bibliothèque du Théâtre français, ouvrage attribue au duc de La V'allière (Dresde, 1768, in-8°, 3 vol., t. 1", p. 121), en donne l'analyse suivante :
« Comédie du désert. La sainte Vierge accablée de fatigue, s'élant endormie dans le désert, Joseph va chercher des provisions. Pendant >on absence, Dieu ordonne aux anges de changer ce désert en un jardin délicieux. A son réveil, la Vierge voit avec surprise cette métamorphose. En môme temps, Dieu lui envoie Contemplation, .Mémoire et Consolation. Contemplation lui montre un livre qui détaille toutes les merveilles que le Seigneur opère journellement sur la terre: .Mémoire lui l'ait voir dans un autre celles qu'il a opérées depuis la création; et Consolation lui dit que celui qu'elle Lui donne est fait pour inspirer toute la reconnaissance que l'on doit à Dieu pour toutes les grâces qu'il nous fait. Joseph arrive alors avec quelques provisions, lesquelles deviennent inutiles | ar l'abondance qui règne en ce désert, depuis qu'il en était parti. Un ange vient alors l'averlirdela mort u'Hérode; il lui ordonne de la part du Seigneur de retourner en Judée avec la sainte \ ierge et l'enfant Jé>us : Joseph en prend aussitôt le chemin. » — Voy. Makguebite de Navarre.
DIABLERIE (La). — La Diablerie d'Eloi Amernal n'est connue que par deux éditions qui en subsistent : la première, en 1507, chez Michel le Noir, à Paris, et la seconde, l>eu après, chez la veuve de Jean Trapperel.
Le drame date donc du commencement du x\ic siècle au plus lard.
Il est intitulé tantôt La Deablerie, La Diablerie, tantôt La grant Dijableric.
On ua sur mki auteur que les quelques
(1-19) c La Diablerie, ou La grande Diablerie. On représentait autrefois à pinson moins ite personnages, îles pièces de dévotion, dans lesqueK-s on lu-
renseignemen's qui lui même a 'ai>sés dans sïs vers. Duverdi< r-Vauprivaz {Bibliothi'ijue française, p. 275j les a relevés; les frèies Pai fait {liist. du Théâtre français, t. II, 173'j. [i. 245; ont répété Duverdier.
Duhalle, Courtalon et Grosley, historiens de la ville de Troyes, nous ont conservé la mémoire d'une représentation de la Diablerie qui eut lieu dans leur cité au xvi' siècle. (Cf. Vallet de Viliville, Arch. hist. de l'Aube ; Paris, 1841, in-8°, p. 329.;
Eloi d'Amernal ou d'Amenrnal naquit à Déthune; il était prêtre, et maître des enfants de chœur de la vi.le, lorsqu'il écrivit son drame :
Eloy îles E: fauts de Reilinne Sulijeci a Dieu ei à Fortune Vivotant le moins mal qu'il peut, Selon que Dieu ui-poser veult Des humains à son appétit :
Disciple, voire Lien peiil Des chantres et musiciens, El clerc de Riiéloriciens; Preslre indigne et pouvre pescheur, Des Lois Divines transgrcsseur, Indigent en loui lemps ei lieu De la grâce et ainniir du Dieu Et île la grant miséricorde...
Il s'est expliqué dans le prologue de sa pièce d'une façon assez bizarre sur le motif qu'il eut de l'entreprendre :
« En jour, dit-il, étant couché seul dans ma chambre, il me sembla qu'on nie transportait aux portes des Enfers et que j'enlendois Sathan, qui conversoit familièrement avec Lucifer, et lui racon:oit toutes les ruses qu'il employo l pour tenter les Chresliens : car pour les hérétiques et les infidèles, continuoit-il, comme ils me sont dévoués, je ne m'en embarasse gm res. Le diable, croyant n'être entendu de personne, découvrait à sou mais'.re toutes ses r ses sans déguisement. Et iorsque je fus de retour chez raôy, continue Eloy d'Amernal, je pris promtement une plume, de l'encre et di papier, et m'etanl mis à écrire, je couchai sur le papier, non tout ce que j'avois entendu, mais seulement ce que ma foible mémoire avoit pu retenir, afin que les Chrétiens, instruits des tours de Sathan, puissent les prévenir et les éviter. «
Naudé dans le Uascural, p. 214 et 21 5, citait la grande Diablerie, avec bon nombre d'autres pièces du même temps, parmi les ouvrages ridicules et ennuyeux dont le goût était alors répandu. Duverdier-Vauprivaz a mal daté dans la Bibliothèque française l'édition de Lenoir. Les frères Parlait [Hist. du théâtre français; Pa is, 15 vol. in-12, 17'so, t. III, p. 98-103J, eu ont laissé une analyse que nous reproduisons.
LA DEABLERIE (149 .
Le Livre de la Deablerie de Maislre Eloi/ d'Amernal qui traicte comment Sathan faict démonstrance à Lucifer de tous les munis
suil d'ordinaire paroilre ies diables qui dévoient un jour l' u n e.eer élt-i nell'nu ni les pécheurs cildnr-' i is. Ces l'epréïCiilationss'appeiloieni petite ou grande
niA
blCIIONN.Wi.K DES MYsTEHES;
lil»
que les mondains font telon leurs étal:, ravalions, et mestiers : et comment il 1rs tire à damnnation, Paris, Michel le .Xoir, Privilège du 29 janvier KiuT; in-folio gotfci-