M' AV1CE.NNE
Kn vérité, j'yiai jusqu'au lien, Car ce seroil ung beau miracle.
« Saint Dominique, rouvert d'un pareil habit que saint Regnault, le quitte pour passer en Espagne.
S. DOMINIQUE
Kn Espaigne.je m'en iray ; Pour consulter les Hérétiques
((.'y ne mutera ntits saincl Pomimque... Lors s'en ira sainct liegnauli à Boulongne.)
« On lui amène un pauvre Frère convers, du monastère de celte ville, qui est possédé du malin esprit : saint Regnault ordonne aux religieux de lui donner la discipline.
S. REGNAULT
Frappes fort.
LE CONVERS
Haro, à la mort.
S. REGNAULT
C'est le commandement de Dieu.
LE CONVERS
Uau Diables, venez à mon coufor
S. REGNAULT
Frappes fort.
LE CONVERS
Haro, à la mort; Je cuide eslre le plus fort.1 Bellement, ce n'est point de jeu.
S. REGNAULT
Frappes tort.
LE CONVERS
ILiro, à la mort.
S. REGNAULT
C'est le commandement de Dieu.
« Satan, ne pouvant tenir contre un si sévère châtiment, s'enfuit confus, et saint Regnault, quittant ses frères de Boulogne, vient trouver ceux du couvent de Paris qu'il console, et termine le mystère par un long sermon qu'il fait en leur présence. » (Voy. Institution des Frères Prêcheurs.)
DOM1NUS REGIT (Le mystère de).— Les registres de l'Hôtel de Ville font mention, à Abbeville, h la fin du xvc siècle et au xvi' siècle,de la représentation d'un mystère tiré du psaume Dominiis régit. (Cf. F.-C. Louandre, Hist. d'Abbeville, 183i, in-8", p. 238.)
DULC1TIUS.— M. Magnin a dit de ce petit drame écrit au x' siècle par Hrolswilhe: « Cet ouvrage, bien que composé comme tous ceux du môme écrivain, dans une pensée d'édification et de piété est plus
qu'une comédie, c'est une farce religieuse.». ( Théâtre de Hrotsvitha ; Paris, 18i5, in-8", Préf., p. xl.) Nous ne saurions souscrire entièrement à ce jugement très-sévère. Sans doute le Dulcitius ne conserve pas, dans quelques-unes de ses scènes, toutes les règles du goût, mais le lecteur doit se rappeler que l'auteur écrivait au xc siècle, dans des temps Irès-barbares; et aujourd'hui même, combien ne sont pas licencieuses les actions de notre théâtre, à une époque où
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pourtant la moralité publique a fait de réels progrès sous l'impulsion de l'Eglise! De plus, les deux ou trois scènes d'un comique grossier que l'on rencontre dans cet ouvrage, ne doivent pas faire perdre de vue la grande pensée religieuse qui le domine et le justifie, et qui est la toute-puissance de la foi dans les extrémités les plus terribles de la vie. {Voy. Hrotswitha.)
Argument. — La pnssion des sainles vierges Agape, Cliionie et Irène. Dans le silence de la nuit, je gouverneur Dulcilius se rend furtivement auprès d'elles, dévoré d'une cupidité qu'il brille d'assouvir. Mais à peine est-il entré, 'il perd la raison, et au lieu des vierges, il serre dans ses bras et couvre de baisers des marmites et des poêles à frire, en sorte que son visage et ses habits en sont tout noirs. Ensnile, par ordre de l'empereur, il livre an comte Sisinnius les vierges qu'on doit punir. Celui-ci est le jouet d'étonnantes illusions, et enfin il fait brûler Agape et Cliionie et tuer Irène (155).
PERSONNAGES