LES MÊMES, IRÈNE
sisinnius. Tremblez, Irène. Vos sœurs oui péri, ci prenez garde à subir leur sort.
iRi.NE. Je souhaite de leur ressembler dans leur mon, pour obtenir avec elles les joies étemelles.
sisinnius. Cédez, cédez à mes conseils.
Irène. Je ne céderai oas à des conseils criminels.
sisinnius. Si vous ne cédez pas, je ne vous accorderai pas une prompte mort: j'y. mettrai du temps, et chaque jour je multiplierai de nouveaux supplices.
irène. Plus affreux sera le supplice, plus glorieux sera le triomphe.
sisinnius. Tu n'as pas peur des tourments, eh bien ! je te frapperai d'horreur. . .
irène. Quelque affreuse chose que vous méditiez, je vous échapperai avec l'aide du Christ.
sisinnius. Je te f. rai conduire dans un lieu de débauche où Ion corps sera profané honteusement.
ikène. Mieux vaut à mon corps la tache de tous les outrages, qu'à mon aine la souillure des idoles.
sisinnius. Abaissée au rang des courtisanes, et déshonorée, compteras-tu jamais dans la phalange des vierges ?
irène. Le désir mérite le châtiment, la force majeure donne la couronne du martyre. Il n'y a culpabilité qu'avec le consentement de l'esprit (lolij.
sisinnius. Vainement je l'épargnais; en vain, j'avais pitié de son extrême jeunesse.
les soldats. Nous le savions bien. Rien ne peut la contraindre au culte des dieux. Nulle crainte ne peut la briser.
sisinnius. Je n'aurai plus de pitié.
les soldats. Certes, oui.
sisinnius. Prenez-la sans miséricorde, traînez la barbaremenl, conduisez- la honteusement" dans un lieu de débauche.
irène. Ils ne m'y conduiront pas.
sisinnius. Qui pourra l'empêcher ?
irène. Celui dont la sagesse régil le monde.
sisinnius. J'en ferai l'épreuve.
iiiène. El plus loi que. vous ne croyez.
sisinnius. Soldais, ne vous intimidez pas des présages meilleurs «le celle blasphématrice.
les soldats. Nous n'avons guère peur; et nous allons, de noire mieux, obéir à les ordres.
(IdG) Celle belle parole se lit dans les Acles. (M. Mm.nin.)
(157) L'emploi des expressions tirées des superstitions païennes e,i assez fréquent dans les ailleurs
DLL SCENE XIII.
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sisinnius; ensuite, les soldats.
sisinnius. Quels sont ces gens qui accourent de ce côté? On dirait les soldais auxquels nous avons remis Irène. Mais ce sont eux. . . (Aux soldais.) Pourquoi revenez-vous si vile? Où courez-vous si hors d'haleine?
les soldats. Nous vous cherchions.
sisinnius. Et où est celle que vous emmerdez.
les soldats. Au pliisliaut sommet de la moiilaane.
sisinnius. De laquelle ?
les soldats. De la plus voisine.
sisinnius. Insensés ! Imbéciles , incapables de toute chose raisonnable !
les soldats. Pourquoi celte colère? Pourquoi ces cris, ces regards, ces menaces ?
sisinnius. Les dieux vous abîment!
les soldats. Que vous avons-nous fait ? Quel mal? Quels ordres n'avons-nouspas suivis ?
sisinnius. Quel ordre vous ai-je donné ? de conduire la rebelle aux dieux dans un lieu de perdition.
les soldats. Oui vraiment, et nous étions en train de vous obéir, lorsque sont survenus deux jeunes gens inconnus, qui se sont dits envoyés par vous, pour conduire Irène au somme! delà montagne.
sisinnius. Voici la première nouvelle.
les soldats. Nous le voyons.
sisinnius. Et quelle mine avalent ces hommes?
les soldats. Ils étaient magnifiquement velus, et d'un air loul à fait grand.
sisinnius. Vous ne ies avez pas suivis ?
les soldats. Si.
sisinnius. Qif ont-ils fait?
les soldats. Ils se sont mis, l'un à droite, l'autre à gauche d'Irène et nous ont envoyés ici, pour vous inlormer de ce qui s'était pas é.
sisinnius. Il ne me reste plus qu'à monter à cheval cl à chercher qui se joue si audacicusemcnl de nous.
LES SOLDATS. AlloilS-)' lOUS.