PREMIER DYABLE
Je l'oltroy; mais que sans faillir Je l'aray au chief de un ans...
Le délai obtenu, la dame et le seigneur mettent le temps à profit pour implorer la sainte Vierge miséricordieuse. Us rusent avec le diable, en obtiennent des sursis. L'enfant croît; c'est lui bientôt qui, mûri de bonne heure par une faveur spéciale, et n'ignorant pas le sort dont il est menacé, se
(158) Celte histoire se trouve en original dans le Livre des Abeilles, de Thomas de Canlipré, liv. il, chap. 7, part. i. 11 assure qu'elle arriva en Normandie, et que frère Jean de Grand-Poul, religieux dominicain, lui a afflrmé avoir vu dans sa jeunesse ee misérable à Paris, portant sur son visage la terrible marque de la justice divine; mais il ne parle point de sa guérison. L'auteur anonyme du Miroir des exemples, litre des pères et mères, exemple ni, pages 787 et -788, rapporte la même histoire, d'après l'auteur ci-dessus. Ajoutez que Césaire d'IIeisterbacb, liv. vi, chap. 22 de ses Histoires mémorables , en raconte une assez, approchante, d'un jeune homme nommé Henry, qui usa d'uni' semblable ingratitude envers sa mère : mais au lieu du crapaud, il
ueiend contre l'enfer. Le diable s'est enfin emparé de lui
Puissant Vierge, vueilbez m'ai (lier, Roinc des cieulx souveraine , Vers ce dyable qui nie niaine.
Dame, me vueilliez garantir.
Nostre-Dame intervient. Mais le diable maintient son droit, et Dieu est appelé juger la cause.
DIEU
Le père fu-il au donner De l'enfant? dites vérité...
Le vous ollroia-il de bouche?
Sathan, je vous dy...
Que la femme n'a-que donner A chose qu'elle ait à garder Sans le vouloir de son seignotir.
Cesl dons est de nulle valour Quant son père ne l'ollroia.
C'est enfens si nous dempurera.
Voslre paine y avez perdue.
ENFANT INGRAT (L'). — On ne connaît aucun manuscrit de l'Enfant ingrat ; il en reste une édition qui est du milieu du xvr siècle, vers 1540, selon les frères Parfait. (Histoire du Théâtre français; Paris, la vol. in-12, 1745, t. 111, p. 153-163.)
De Beauchamps, Recherches sur les Théâtres de France; Paris, 1735, in-8",3 vol., 1. 1", il" 230) donne pour auteur de ce drame, Antoine Tyron.
. La Bibliothèque du Théâtre français, attribuée au duc de La Vallière (Dresde, 1768, tn-8% 3 vol., t. I'r, p. 3) cite une édition de 1589, in-16, Lyon, Benoit Rigaud , et donne une courte analyse de ce mystère.
Les frères Parfait (ibid., p. 154-162) ont laissé sur cette pièce la notice suivante :