‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 277 sur 1429 · AUTRE VOISIN · texte numérisé non relu

AUTRE VOISIN

Fesle ne vaul rien aulremenl, S'il n'y a farce ou mommerie.

(Icy jouent une farce.)

« Ensuitede laquelle, après bien des compliments, chacun prend congé des nouveaux époui,

« Le père et la mère du marié se sont tellement dépouillés de leurs biens, qu'ils se trouvent forcés d'aller lui demanderquelque secours pour les aider à vivre. Ils se rendent à la maison de leur fils et lui exposent leur misère. Ce dernier les reçoit avec dureté et ne leur veut donner au'un morceau de pain bis.

LE PERE

Du pain bis! maudiete semenee Est-ce mol jà sorly de loy?-

LE FILZ

Corbleu, prenez en patience, El d'aller faicles diligence, Aulre chose n'aurez de mov.

« Cette cruelle réponse accable le père et la mère de J'enfant ingrat ; ils reconnaissent, mais trop tard, la faute qu'ils ont faite, et se retirent en versant un torrent de larmes et en maudissant leur fils qui , peu touché de leur peine, forme le dessein de les méconnaître, s'ils venaient encore se présenter devant lui. Il se fait apporter un pâté, et il est prêt à l'ouvrir, lorsque son père, une se^. conde fois, vient lui demander quelque chose pour manger. Le fils ingrat fait semblant de ne le pas connaître, et le chasse avec indignité. Alors le désespoir s'empare de l'âme du père : il sort en souhaitant toutes sortes de malheurs à son fils; et, après avoir rendu compte à sa femme du traitement qu'il vient de recevoir, il renouvelle avec elle les malédictions qu'il a déjà prononcées.

« Après le départ du père, le fils se fait servir le pâté.

l'enfant. De ce Cousteau le vois ouvrir.

Pour sçavoir qu'on y a boulé.

KM

ENF

(.\otez que ici) ouvre le pasle, étalon tient un crapaull qui luy courre tout le visaye.) la JF.l NE FEMME.

Qu'esse cecy ? Benedicile !

C'est lionmie esl perdu en eflecl

LE MAISTRE D'ilOSTEL.

Quel grand crapaull ord et infecl Sur son visage s'esl gecté?

« Le seigneur, qui entend un grand brui* dans la maison de son gendre, vient en savoir le sujet. 11 aperçoit le crapaud qu lui couvre le visage.

LE SEIGNEUR

Allez tous les voisins liucher, Four regarder que ce peut estre.

l'escuyer.

Venez losl, voisins, noslre inaisiic Ksi mort.

le premier voisin.

Allons voir qu'il y a.

le second voisin.

D'où procède ceste pitié?

LE MA1STRE D'HOSTEI..

Piignilion Divine lui faict cet ennuy.

LE SEIGNEUR

El comment?

LE HAISTRE d'iIOSTEL.

Il a aujourd'hui

Son propre père desconguu, Qui pour le venir esl venu, El la l'ail chasser devant tous.

« Tout le monde se récrie sur une si grande ingratitude. On consulte comment on doit agir pour délivrer ce misérable du tourment qu'il endure. Un voisin conseille de le mener au curé ; mais comme il est hors d'état de confesser son offense, le valet qu'il a pris chez son marchand offre de faire le récit de son forfait. Le curé ayant entendu la déposition du valet, renvoyé à l'évêque, et celui-ci au Pape, qui seul peut absoudre d'un crime aussi énorme. L'évêque môme accompagne le 'jeune homme, et comme on assure au Pape que le coupable est vraiment repentant , le Souverain Pontife ordonne au crapaud de se départir de sa face.

(Le crapaull chel).

« L'enfant ingrat recouvre l'usage de la parole, se jette aux pieds du Pape, confesse toute l'énormité de son péché et le conjure de lui imposer une pénitence

LE PAPE

Du mal lequel m'a confessé

Je l'absouz, mais je lui énjoincl

Qu'à deux genoux joignant les mains

Voise à père el mcrc crier

Mercy, el pour accomplir

La pénitence, il fera

Ce que l'cvesque luy dira.

Qui de nous sera ordonné,

Après que le pardon donné

De père et mère luy sera.

l'enfant.

Je fcray ce qu'il vous plaira.

« L'enfant ingrat, nccompagnéueson Deau.

père, de sa femme, de ses amis et de ses domestiques, va trouver son père et sa mère, et obtient le pardon qu'il demande. »

LA hère du Hls ingrat.

Au sens moral, père qui aura veu

Jouer cecy, au moins regardera

Comme à son fllz, s'il a biens, les despart.

ENFANTS D'ISRAËL (Les). — L'abbé de Larue, dans ses Essais sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglonormands (Caen, Manus., 183V, in-8°, 3 vol., t. 1er, p. 166), fait mention d'un mystère des. Enfants d'Israël, représenté vers "1355, en Angleterre, a Cambridge.

ENFANT MIS AUXLETTBES(L').— LEn fant mis aux lettres est conservé dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale, n" 7268. 5.. datant de latin du xv' siècle et contenant en outre le Mystère dei Ancien Testament et de la Passion, et la Moralité de la Croix Faubin. M. Paulin Paris, dans ses Manuscrits françois de la Bibliothèque du roi (Paris, 18V8, t. VII, p. 216), en a dit : » Moralité de l'Enfant mis aux lettres. Cetitre n'est pas dans notre texte, et le commencement de ce jeu dramatique a été enlevé. C'est un père désigné comme le Villain, qui exhorte son fils pour le décider à apprendre, afin de devenir clerc. Le fils, nommé Jacob, refuse; il est tancé, battu, poussé malgré lui, et enfin il consent à ce qu'exige son père. Premiers vers conservés, 1° 271 :

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