‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 284 sur 1429 · ETI · texte numérisé non relu

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desquels il se liasse des choses très-inconvenantes dans les églises, et qui sont cause de fautes considérables et de graves dommages, nous les défendons absolument dans les églises aux ecclésialiques, à moins toutefois que les acteurs ne soient âgés de moins de seize ans, et pourvu qu'il n'y ait aucune personne plus âgée ni parmi les enfants ni présentes. » (Cf. Labbe, Conc. sacro-s., t. XI. p. 1004. ; Mart. Gerbert, De cantu et mus sucra. Saint Biaise, 1774, in-4% 2 vol., t. II , p. 83. En 1340, celte coutume avait persisté à Ratisbonne; elle alluma, cette année môme, au milieu du tumulte de la fête, une querelle entre un bourgeois de la cité et un chanoine qui fut lue; ce malheur lit que peu après elle disparut. (Haltausus, ex abb. Cœlestini Mausoleo S. Emerani.) Dans l'édition de Le Prevot du Johannis Abrincensis episcopi liber de offtciis ecclcsiasticis cum notis (Joh. Prevot; Rouen, 1679, in-8°), ce savant il donné l'Office des enfants. (Cf. Mart. Gerb. , let. liturg. alemann., Saint-Rlaise, 177C, in-4", 2 vol., t. II, p. 888.)

En 1137, dans une Chronique de Montséran on trouve la mention d'un jeu des Entants où l'un des petits acteurs fut tué par accident. (Du Casge, Gloss. inf. et med. lut., v" I.udus Puerorum, édit. Hensch; Paris, Didot, 1845, in-4°, 6 vol., t. IV p 137.)

ERASME (Saint). — «Soinct Erasme. L'an 1438, le 1" septembre, fu fait le jeu de saint Erasme, en change; et duroit deux jours. [Chr.de Metz, ras.) (De Beauchamps, Recherches sur les Théâtres de France ; Paris, 1735, in -8°, 3 vol., t. I", p. 245.

ETIENNE (Saint). — Le martyre de saint Etienne, est tiré du manuscrit de la Bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

Il date du xvc siècle.

La Bibliothèque du Théâtre français , ouvrage attribué au duc de La Vallière ( Dresde, 1768, in-8% 3 vol., t. 1", p. 36), en adonné une analyse très-succincte.

M. Achille Jubinal en a publié le texte pour la première fois dans ses Mystères inédits du w siècle; Paris, 1837, jii-8" 2 vol. , t. 1", p. 1-25.

M. J. Quicherat ( Procès de cond. et de réh. de Jeanne d'Arc [pour la Soc. de l'Hist. de France); Paris, Renouard, 1849, in-8°, 5 vol. , t. V, p. 311 ) a publié un fragment des registres originaux des comptes et dépenses tle la ville d'Orléans, imprimés déjà , mais d'une manière moins exacte, dais les Recherches historiques sur la ville d'Orléans,Ale M. Lottin.t.l", de la première partie, passim. On y trouve, sous la date de l'an 1446, la mention suivante :

« 1446. A MahierGaulchier, peintre, pour •Ion fait aux compaignons qui jouèrent le Mtstaire de Sainct Eslienne le vin* jour de mars, pour leur aider a soustenir la despense -e leurs chappaulx et aultres choses; pour ce, 4 I. 16 s. p. ».

Les « représentacions des martires saint « Eslienne, saint Père et saint Pol et saint « Denis et des miracles de madame sainte

« Geneviève, » commencent par une prière à la sainte Vierge, dont la naïveté tendre méritait place ici :

Dieu Père el Fils et Saint Esperit Sauve et gart cesle conipaiguie!

Vous savez qu'onques ne péril Qui servisl la Vierge Marie; Car grarit joye a et grant délit Quant de bon cuer on la déprie.

Si pry ipie cliascun s'umilil En disant une Ave Marie.

L'assemblée, à genoux, dit en effet un Ave Maria.

Dans le prologue qui suit , l'auteur ;ustilie le but de sou œuvre, c'est

Pour les bonnes gens imiter

A bonnes euvres non pas l'ai nies,

Et pour leurs cuers habiliter

Envers Dieu par doulces complaintes...

Dans un rapide historique, l'auteur rappelle encore aux auditeurs attentifs les légendes des saints dont les martyres font \-.i sujet même du mystère. Alors entrent en scène les acteurs. Des Juifs sont au fond du théâtre, saint Pierre leur annonce que la première Eglise, accablée de labeurs et d'études, vient de s'augmenter de sept diacres. Saint Etienne qu'il présente et bénit est l'un de ces nouveaux élus. Mais dans la foule du peuple, parmi les croyants, les indécis, les sceptiques, sont en majorité de violents ennemis de la sainte religion naissante, des pharisiens, des docteurs de la loi, des prêtres du Temple de Jérusalem, un « évesque » même, Annas, Caiphas, Alexander, et de ces faux témoins que menaient à leur suite les plus farouches ennemis de la loi nouvellu pour tromper les niasses par des récits menteurs et les animer contre les apôtres et leurs disciples. Saint Etienne remercie le Seigneur descharges nouvelles que lui impose l'Eglise et implore Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Dnulz Jlicsucrist....

A vous rens loenges el grâces

En vous suppliant humblement

Que ne me laissiez nuleiiienl

Cheoir en péché n'en négligence

Mais vueilliez qu'à grant diligence

Face m'otlice sans erreur

A nosire bien, à vostre honneur.

Les pharisiens s'élèvent contre le nouveau diacre implorant le vrai Dieu, racontant sa légende. L' « évesaue » Annas s'écrie :

Qui me lient que je ne l'assomme Meschani irubeii, coquin uioquart.

Alexander accuse de blasphème saint Etienne; il lui reproche de se servir des vivants et formidables témoignages de l'Ancien Testament. Caiphas commence à le menacer.

Par foy ce sont cas criminauls El par raison doit mal Tenir Qui tels erreurs veull souslenir.

Devant l'orage qui gronde, le pasteur ne reculera pas: « Gens félons, gens de dure test", » s'écrie saint Etienne irrité. Les eu-

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peints du christianisme se précipitent sur le saint diacre, l'accablent de coups. Parmi les instigateurs les plus ardents des passions des Juifs, sous le nom de Saulus, est saint Paul lui-même,- qiti garde les manteaux des lapidateurs. Le martyr tombe, il est frappé d'un coup mortel; on entend sa voix faiblissante prononcer une prière suprême :

Doulz Jhcsiicrisl...

Pour ceulz ipii ainssy me lourmenier ... vous supplie humblement Que leur donne/, avisement, El loin leur vueilliez pardonner...

Il expire Ses bourreaux l'abandonnent.

... deschir El desrompu et mariné.

Ils l'ont laissé dans le champ désert en pâture « aus oiseaulx et ans chiens... » Que deviendra sa dépouille précieuse?...

Parmi les assistants quelques-uns, amis timides encore, se sont enfuis épouvantés; ils reviennent. Gamaliel, Abibas, Nichodemus emportent le corps de saint Etienne, et le jeu finit par un Te Deum laudamus et l'acclamation des spectateurs.

La conversion de saint Paul fait suite, comme seconde journée au drame de saint Etienne.

EXUPÈRE (Saint). —Le mystère de saint Exupère fut joué à Romans les 27,28,29 mai, aux fêtes de la Pentecôte de l'an 1509, en même temps que ceux de saint Severin et de saint Félicien, patrons de la ville, sous le titre de Mystère des trois Doms.

M. Giraud a publié l'état des frais de la représentation [Composition, mise en scène et représentation du Mystère des trois Doms ; Lyon, Perrin, 1848, gr. in-8" de 132 p.)

*Le Journal de Paris de 1787, n° 204, p. 1143, donne une analyse fort obscure du Mystère des trois Doms," dans laquelle on no peut guère voir autre chose sinon que le manuscrit existait encore, et que le nombre dos personnages n'était pas moindre de 92. EZECHIEL LE TRAGIQUE. —M. Magnin, dans le Journal des Savants de 184-9, critiquant l'édition des Poètes grecs chrétiens donnée par M. Diibner dans la Collection des Classiques grecs de Didot, a publié, sur Ezéchiel le Tragique, une étude dont nous reproduisons les points importants. A quelle époque vécut E/.éehiel? se demande l'illustre savant. Saint Clément d'Alexandrie [Stromat., I. i, éd. Potier, p. 414) le distingue ainsi : « Celui qui a composé des tragédies « juives. » Ezéchiel était donc auteur de plusieurs drames. Aristée donne le nom d'Ezechiel à l'un des soixante-douze interprètes de la Bible (OEuvres de Josèphe, édit. d'Havercamp, à la suite du t. II, p. 109); mais le Irailé d'Aristée est peu recommandable. Néanmoins plusieurs critiques ont identifié ces deux auteurs. Ezéchiel aurait vécu vers l'an 285 avant Jésus-Christ. Huet (Démonslr. évangél.,p.k9)el Baylesemblenty consentir.

Mais on sait combien les docteurs juifs eurent do peine à se résoudre h une traduction

grecque de la Bible (Josèphe, Anliq. Jud. I. xn, c. 2); ils n'eussent jamais consenti a mettre au théâtre une partie quelconque des livres saints : une tradition raconte même que le poète grec Théodote, rien que pour en avoir eu la pensée, fut frappé de cécité ! Ezéchiel suit avec respect l'Ecriture sainte. Son style semble étranger; Galacker \De nov. inslrum. stylo) et M. Diibner ont relevé les singularités de la grécilé de cet auteur. 11 y a donc présomption qu'il était juif; ainsi l'ont pensé Dahne (Geschichtliche Darstellunn, t. H) et plus récemment M. Séguier de Saint-Brisson, dans sa traduction de la Préparation évangélique d'Eusèbe. Tlrèsprobablement, il écrivait pour les Juifs hellénisants de l'Egypte, de la Palestine et de la Syrie. Huet et Bayle croient Ezéchiel antérieur, au moins de deux siècles, à l'ère chrétienne; et cette opinion est partagée par MM. Schoell, Gaisford, Séguier de Saint- Brisson, Philipson de Berlin et Dùbner. La preuve, c'est que les fragments conservés par Eusèbe auraient été pris par lui dans deux citations, l'une d'Alexandre Polyhistor, l'autre de Démétrius, tous deux antérieurs d'un siècle à l'ère chrétienne. M. Eichorn (De Judaeicor.re scenica, 1811, p. 19) considère, au moins pour Démétrius, cette assertion comme une erreur, et M. Magnin s'y oppose, relativement aux deux auteurs cites. Eusèbe, de même que saint Clément d Alexandrie, cite directement Ezéchiel; il ne dit pas en emprunter les fragments ni à Démétrius ni à Polyhistor; il confirme ces deux auteurs par le témoignage du poêle ; les phrases d'Eusèbe n'établissent point que ce sujet soit l'un ou l'autre de ces écrivains; dans le même livre îx de h Préparation évangélique, les extraits d'Alexandre Polyhistor sont partout entremêlés d'autres citations de Philon, de Flavius Josèphe, de Démétrius et de Théodote, de même que d'Ezécbiel, ce qui établit clairement qu'il n'y a pas une citation de Polyhistor non interrompue ;en vain on allègue de môme, soit l'absence d'indication au commencement du chapitre 28|, et une des phrases qui servent de liaison aux fragments, les meilleurs manuscrits donnant une leçon préférable qui continue pleinement ce fait qu'Ezéchiel est cite directement, comme il a été dit plus haut, et que la citation d'Ezéchiel, dans la pensée d'Eusèbe, confirmait seulement Alexandre Polyhistor et Démétrius. Si Ezéchiel est postérieur a ces deux écrivains, sans doute aussi il I est à Josèphe, celui-ci n'en ayant pas parle. Etienne Lemoyne, Guill. Cave, Joli. Lnr. Wolff, M. Jourdain.) Etail-il chrétien/ Marin de La Bigne (Magn. Bibl. PP.ïeter , t. XIV, Index), et Thomas Itligius (Lift, de bibl. et caten. PP., p. 141) ont dit Ezéchiel chrétien, mais sans en donner de preuves, tant le fait leur a paru indubitable. Us eussent pu citer, au moins comme indices, le nom de Verbe divin que Dieu se donne a lui-même, le terme de Verbe, memra, pour désigner Jéhovah, se trouvant pour la première fois dans !a paraphrase chaldaique

(J*Onké!os qui vivait après Jûsus-Clirisl. Divers points sont donc acquis à l'histoire d'Kzéchiel : Il était Juif d'origine, il écrivait pour Jes Juifs hellénisants de la Palestine et de la Syrie, plutôt que pour l'Egypte, ennemie dés Hébreux ; très-probablement il

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fut chrétien; il vivait dans le second siècle de l'ère chrétienne; et il n'est resté de ses écrits, plus nombreux très-certainement et ayant trait au théâtre, que les fragments conservés par Eusèbe de la Sortit d'Egypte. — Voy. Soktie d'Egïpte (La).

^ FELICIEN (Saint). —Le Mystère de saint Félicien est une prrtie de celui des trois Doms, représenté en 1509 à Romans, dans 1j Dauphiné, et dont le manuscrit, signalé en 1787 (Journal de Paris, 1787, n° 26i, p. 1143\ ne s'est pas retrouvé depuis lors.

FEMME DU ROI DE PORTUGAL (La ).

— La Femme du roi de Portugal est tirée du manuscrit des Miracles de Notre-Dume, conservé à la Bibliothèque impériale, n° 7208, 4 A et 4 B, 1. 1", l03 33-46.

Ce mystère date du xivc siècle.

Par un hasard singulier et malheureux, c tte pièce, où l'élément dramatique domino si fortement, a échappé absolument à l'attention des critiques et des éditeurs modernes. Non-seulement elle est restée inédile, mais encore on n'en a nulle part dit un mot.

Le roi de Portugal, dans une de ses chasses, a rencontré la fille d'un châtelain, dont il veut faire une reine dans « l'espace d'un moys. » En vain le sénéchal s'y oppose, représentant à son maître qu'un roi doit chercher , avant son gré, dans son mariage, « plus d'anus et plus d'avoir. » Le roi s'obstine. C'est alors qu'en bon serviteur, le sénéchal use d'une ruse de guerre: une nuit de rendez-vous, il se substitue au timide amant royal et abuse de la jeune fille. Mais celle-ci, se méfiant de la supercherie.se lève doucement et éveille sa cousine, dont le logis n'e;t | as éloigné.

Chère cousine, je vous piï Que vous viengnes avecques mi Ou j'ay affaire.

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